«J’ai eu une chance incroyable»

Elections fédérales Liliane Maury Pasquier fait le bilan des années passées sous la coupole fédérale.

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Tout en apposant l’autocollant «Grève nationale du climat» sur son ordinateur portable, elle constate en souriant: «Sur 24 ans, vous aurez de toute manière beaucoup trop de choses à raconter.» C’est vrai. Le 4 décembre 1995, Liliane Maury Pasquier posait le pied au Conseil national. Elle y restera 12 ans, puis siégera 12 ans au Conseil des États.


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La présidence du Conseil national

Décembre 2001. Liliane Maury Pasquier devient la première présidente romande du Conseil national. «C’était une chance incroyable.» Parmi les moments forts de son année de présidence, elle en retient deux en particulier. Le jour où la Suisse a fait son entrée à l’ONU, Liliane Maury Pasquier est à New York avec son homologue du Conseil des États pour y représenter le pays. «C’était quelque chose», se souvient-elle. L’émotion lui vient aussi en évoquant la Journée internationale des femmes du 8 mars 2002. «J’avais invité au Parlement toutes les associations féminines du pays. Dans cette salle du Conseil national, il n’y avait que des femmes. Cela servait sans doute de prélude à ce qui s’est passé cette année, avec la deuxième grève des femmes, et la présidence du Conseil national de Marina Carobbio (PS/TI).»


2

Les progrès sociaux

«Il y a eu du chemin», constate Liliane Maury Pasquier. Des bancs du Conseil national jusqu’à aujourd’hui, la socialiste a pu voir se tisser une série de progrès sociaux. Avec des hauts et des bas. Après la déception du vote de 1999 sur la création d’une assurance maternité fédérale, le peuple a accepté la dépénalisation de l’IVG (interruption volontaire de grossesse) lors de son année de présidence. En matière d’égalité, la première grève des femmes a eu lieu en 1991, avant l’arrivée de la Genevoise au Palais fédéral. Les espoirs étaient grands. «Et puis c’est redescendu. Aujourd’hui, des hommes et des femmes se mobilisent, comme si on avait dormi pendant vingt ans. Ce réveil, c’est bien.»


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3

L’expérience de la sage-femme

Grossesse, accouchement, petite enfance. Sage-femme de formation, Liliane Maury Pasquier en a fait le fil rouge de son engagement à Berne. Elle a multiplié les propositions, comme elle en a soufflé à d’autres élus. Aujourd’hui, elle liste les pas effectués: le paiement des pauses d’allaitement au travail, le remboursement des accouchements dans les maisons de naissance, un congé payé lorsque les enfants sont malades, le remboursement par la LAMal de tous les frais de grossesse après la douzième semaine. Elle est confiante: «Cela avance, nous allons parvenir au remboursement dès le premier jour de grossesse.»


4

La présidence de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe

La carrière politique de Liliane Maury Pasquier ne prendra pas fin à Berne, mais à Strasbourg. La Genevoise préside l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe jusqu’à fin janvier. Une responsabilité qui lui a fait découvrir encore d’autres facettes de la politique. «Présider une assemblée, je sais faire. Mais à Strasbourg, aux conflits partisans s’ajoutent des conflits géopolitiques.» Ce n’est pas toujours une promenade de santé. Mais la Genevoise mesure le privilège d’avoir été élue à ce poste. Elle en profite aussi pour mettre en avant ses valeurs. «Cette présidence me permet de donner de la visibilité aux femmes et de thématiser les violences faites aux femmes.»

Attachée au devoir d’exemplarité en politique, la socialiste s’est engagée à Berne comme elle le fait à Strasbourg pour la transparence du financement de la vie politique, un domaine dans lequel la Suisse porte des œillères, estime-t-elle. Et prévient: «On prétend qu’il n’y a pas de corruption en Suisse, mais beaucoup de choses entrent dans cette définition. Nous devrions être plus attentifs. La démocratie suisse ne fonctionne déjà plus comme il y a 50 ans.»


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Créé: 06.10.2019, 20h02

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