La nécessaire union de la droite pour sauver Français

Conseil des ÉtatsLe candidat PLR sera soutenu par ses cousins Vert’libéraux et UDC qui ne cachent pas leurs arrière-pensées. Le duo féminin rose-vert, pour sa part, ne veut pas minimiser le challenge.

Olivier Français, PLR

Olivier Français, PLR Image: JEAN-BERNARD SIEBER

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La soirée des congrès en vue de la stratégie pour le second tour de l’élection au Conseil des États a battu son plein lundi soir aux quatre coins du canton. Aucune formation politique n’a opté pour engager un nouveau ou une nouvelle candidate. Les trois challengers seront bien la socialiste Ada Marra, la Verte Adèle Thorens et le sortant PLR Olivier Français. Et ce dernier obtient le soutien de toute la droite: PLR bien sûr, mais aussi UDC, Vert’libéraux et démocrates-chrétiens.

Mais pour le sénateur lausannois, le chemin à rattraper est plus long cette année qu’en 2015. Cette année-là, il accusait un retard de 14'000 voix face à Luc Recordon, avant de faire une remontée suffisante pour lui passer devant au second tour. Mais aujourd’hui, le fossé est de 19'000 voix derrière le duo de gauche.

Peut-il combler l’écart? Olivier Français a plusieurs atouts. Le premier, c’est le réservoir de voix potentiel du côté de l’UDC et des Vert’libéraux, avec respectivement 27'000 et 11'000 votants. En 2015, il avait ainsi engrangé 24'000 voix entre les deux tours. Le ticket rose-vert voyait aussi ses scores augmenter, mais pas suffisamment pour Luc Recordon.

Autre atout d’Olivier Français: son score chez les électeurs sans partis. Ce dimanche, plus de la moitié des 28'000 Vaudois qui ont choisi une liste sans étiquette y ont mis le nom du sénateur libéral-radical. Il leur doit un quart de son score. Il a aussi obtenu 1800 voix des électeurs d’autres partis, preuve que son spectre électoral est large. Ada Marra et Adèle Thorens accusent un retard dans ce domaine, avec seulement 7500 électeurs hors parti et 1100 électeurs d’autres partis.


Le PLR se dit confiant

L’ambiance ce lundi soir au PLR détonnait par rapport au même congrès il y a quatre ans. Cette fois-ci, il n’y avait aucune inquiétude. Pour tous, c’était certain: l’UDC soutiendra Olivier Français au deuxième tour et renoncera à présenter le moindre candidat. Le scénario de 2015, où l’UDC refusait son soutien à Olivier Français, est inimaginable.

L’intéressé, lui, n’est resté qu’une vingtaine de minutes devant son parti à Lutry, filant rapidement à l’UDC à Combremont-le-Grand, après un crochet par les Vert’libéraux à Lausanne. En une heure, le PLR a plié son congrès, sans même attendre la réponse de l’UDC, tant elle lui paraissait évidente.

Pour le PLR, le calcul est simple: en cumulant les bulletins du PLR, de l’UDC, des Vert’libéraux et du PDC, Olivier Français peut espérer 78'000 suffrages. En face, la gauche se limiterait à 71'000. Ce chiffre comprend toute la gauche: les socialistes, les Verts et les «communistes», selon le député Alexandre Berthoud.

Le président Marc-Olivier Buffat reconnaît que 10 points séparent Olivier Français du duo rose-vert. «Mais cet écart n’est pas insurmontable. La remontada commence ce soir», assure-t-il.


L’amertume de l’UDC

Réunis donc à Combremont-le-Grand, les UDC ont voté leur soutien au prétendant PLR par 63 voix contre 32, avec 4 abstentions. Avant d’en arriver là, l’UDC et le PLR se sont toutefois offert une de ces franches et longues discussions à cœur ouvert, comme seules les grandes occasions électorales en offrent. «Nous sommes déçus, anéantis par le nombre d’élections ratées pour l’UDC parce que l’électorat PLR a préféré aller à la pêche que de voter, a lancé un agrarien. Cette fois, beaucoup de chez nous vont aller à la pêche.»

Le conseiller national Jean-Pierre Grin a tempéré: «On doit surmonter ce qui nous divise et mettre en avant ce qui nous unit: l’armée, l’économie, le droit du travail, favorable à l’emploi et aux entreprises, la réforme des retraites, qui sera sur la table du Conseil des États.» Le Lausannois Fabrice Moscheni a, quant à lui, appeler à «ne pas se venger sur Olivier Français».

Également conseiller national, Michaël Buffat a renchéri: «Il y a quatre ans, c’était Géraldine Savary, la candidate socialiste. Là, c’est Ada Marra. Ce n’est pas une socialiste comme les autres, c’est le symbole de l’anti-UDC, la pire chose qui pourrait arriver à Berne.» L’UDC veut donc faire barrage à Ada Marra alors qu’Olivier Français espère, quant à lui, empêcher les Verts vaudois d’entrer au Conseil des États.


Soutien des Vert’libéraux

Avant d’aller à Combremont, Olivier Français était apparu à Lausanne chez les Vert’libéraux, où il a montré son meilleur profil écologique. De nombreuses questions assez pointues, notamment sur les énergies renouvelables et les OGM, lui ont été adressées.

Après son départ, un long débat s’est engagé sur le soutien au candidat PLR. Les Jeunes Vert’libéraux estiment que l’écorating d’Olivier français est «trop bas» et ils se contenteront de voter pour Adèle Thorens. Il leur a été objecté que cela reviendrait à offrir un boulevard à Ada Marra. L’un des fondateurs du parti, Jacques-André Haury, a enjoint l’assemblée de se rallier au ticket Français-Thorens, louant le pragmatisme du Lausannois: «Olivier Français résonne comme un ingénieur, pas comme un idéologue.»

Au final, le parti accorde son soutien à une forte majorité.


Roses-Verts à l’unisson

Dans le même temps, à gauche, les Verts étaient aussi réunis à Lausanne et ont reconduit dans l’euphorie générale leur stratégie pour la reconquête des deux sièges vaudois du Conseil des États.

Faire élire Ada Marra et Adèle Thorens au Conseil des États le 10 novembre, «c’est presque impossible de ne pas y arriver», selon Daniel Brélaz. Mais le conseiller national et ancien syndic de Lausanne a averti: «Il suffit de ne pas faire de bêtises. Éviter toute rancune, toute manœuvre stupide. Certes, il y a un tout petit peu plus de coups de crayon sur la liste rose que sur la liste verte, mais c’est seulement quelques centaines. Donc il ne faut pas prendre une brise pour un ouragan.»

«Il ne faut pas faire de ce deuxième tour un combat gauche-droite, a pour sa part prévenu l’ancien conseiller national Christian van Singer. C’est au centre qu’il faudra aussi convaincre.»

De leur côté, les socialistes ont reconduit le ticket rose-vert à l’unanimité, là aussi réunis à Lausanne. «C’est une vague rouge», a souri Jessica Jaccoud, présidente du parti cantonal. Plus sérieuse, elle a lancé aux militants réunis en congrès extraordinaire à Lausanne: «Nous croyons dur comme fer que l’on peut aller chercher les deux sièges au Conseil des États avec les Verts.»

La candidate PS Ada Marra a, elle, appelé les camarades à rester mobilisés pour le deuxième tour et a mis en garde contre Olivier Français. «C’est une bête politique, il y a quatre ans, il a fait une remontada. C’est un adversaire que je respecte.» Pour gagner le 10 novembre prochain, «il faut continuer à voter compact».

Créé: 22.10.2019, 00h00

18'948

C’est le nombre de suffrages qui séparent Olivier Français d’Ada Marra.




27'206

électeurs UDC ont pris part au premier tour. Olivier Français espère leur soutien.




1

district a été remporté par Olivier Français, celui d’Aigle. Il y devance la socialiste Ada Marra d’un seul suffrage.




14'423

électeurs hors parti ont voté Olivier Français avec un bulletin sans dénomination.




7741

électeurs hors parti ont écrit le nom d’Adèle Thorens sur leur liste. 7550 l’ont fait pour Ada Marra.




30%

C’est la proportion d’électeurs d’Olivier Français qui ne sont pas libéraux-radicaux.




909

électeurs du PLR ont aussi voté pour Ada Marra. 713 l’ont fait pour Adèle Thorens.

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