Les surprises et temps forts de la course au National

Dans les cantonsQui a finalement remporté le duel? Qui se trouve éjecté contre toute attente du parlement? Voici quelques visages de nouveaux venus et de candidats malheureux.

Image d'illustration Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Des larmes, des cris de joie et de retentissantes surprises. Marquée par la marche en avant des écologistes et la percée de candidates féminines, cette journée d’élection au Conseil national a été fatale à des piliers de la politique fédérale.

La sortie de route est brutale pour Jean-François Rime. Dans le canton de Fribourg, il échoue contre toute attente à défendre le deuxième siège UDC au National. Un tremblement de terre sous la Coupole, où le président de l’Union suisse des arts et métiers (USAM) siège depuis 2003.

Si le départ de Rime est une surprise, l’élection de Gerhard Andrey l’est tout autant. Le vice-président des Verts et entrepreneur à succès signe un exploit au détriment de l’UDC. Le PS doit se contenter de sauver ses deux sièges alors qu’il en espérait un troisième. Quant au PDC, c’est Marie-France Roth Pasquier qui défend le siège de Dominique de Buman et qui permet à la délégation démocrate-chrétienne de ne pas compter que des élus germanophones à Berne. Fribourg compte quatre femmes sur sept élus.

Cliquez ici pour agrandir

À Neuchâtel, ce sont les yeux embrumés et la tête baissée d’Yvan Perrin, tirant les conclusions de la défaite de l’UDC neuchâteloise, que l’on retient. Après cette tentative de come-back ratée, l’ancien élu se retire de la vie politique. Le Vert Fabien Fivaz, lui, entre par la grande porte de la Coupole, signant le meilleur résultat du canton. Il mène le renouveau de la délégation neuchâteloise, qui compte désormais trois nouvelles têtes. Le PLR Damien Cottier, ancien conseiller de Didier Burkhalter, qui avait marqué les esprits en faisant son coming out lors de la Saint-Valentin, est élu, comme le socialiste Baptiste Hurni. Denis de la Reussille (POP) sauve le siège de la gauche radicale, que d’aucuns voyaient menacé par les écologistes.

Ce n’était pas acquis dans un canton où les écologistes ont longtemps peiné, mais c’est fait: la députation valaisanne à Berne va se teinter de vert grâce à l’élection historique de Christophe Clivaz (Verts), professeur à l’Institut de géographie et durabilité de l’Université de Lausanne. Le PDC fait les frais de cette vague écologiste et perd un siège dans le Haut-Valais. Également candidat aux États, le socialiste Matthias Reynard est le mieux élu au National.

Dans le Jura, le PDC et le PS continuent de se partager les deux sièges. Les sortants, le socialiste Pierre-Alain Fridez et le démocrate-chrétien Jean-Paul Gschwind, ont été réélus. Mais le PDC n’est plus le premier parti du canton, désormais devancé par le PS.

En Suisse alémanique, les résultats des urnes à Zurich étaient très attendus. Le raz de marée écologiste dépasse les projections. La coprésidente des Vert’libéraux zurichois, Corina Gredig, réussit notamment le grand saut à Berne, après avoir été élue au Grand Conseil zurichois au printemps dernier. Parmi les nouveaux élus Verts, Meret Schneider, coprésidente d’un laboratoire d’idées antispéciste, décroche un siège. On notera que l’UDC Roger Köppel, aussi candidat aux États, est une nouvelle fois le mieux élu du canton le plus peuplé de Suisse.

Ce triomphe écologiste est lourd de conséquences pour des membres influents et profilés du National. Exit le provocateur UDC Claudio Zanetti ou le PLR Hans-Ulrich Bigler dans une journée noire pour l’USAM, qu’il dirige. Le président des Jeunes libéraux-radicaux jusqu’à la fin de l’année, Andri Silberschmidt, 25 ans, souffle la politesse à ce dernier en gagnant plusieurs places sur la liste PLR.

Les Jeunes socialistes placent eux aussi une ancienne présidente: à Berne, Tamara Funiciello remporte un siège. Le Jura bernois, de son côté, perd son unique représentant: l’UDC Manfred Bühler est éjecté du National. À Bâle-Ville, Sibel Arslan (Basta) défend finalement son siège au sein du groupe Vert. Elle ne sera plus la seule élue d’origine kurde du parlement: le socialiste bâlois Mustafa Atici siégera à ses côtés.

C’est sans doute une des victoires les plus marquantes de l’élection. Acculée de toutes parts, Magdalena Martullo Blocher sauve finalement son siège avec la manière: elle termine la mieux élue alors que les observateurs craignaient pour sa réélection. Elle sort surtout vainqueur de son duel avec l’autre ténor UDC, Heinz Brand, évincé après deux mandats. Une défaite amère: il aurait dû présider le Conseil national en 2021. Le PLR fait son retour au National, tandis que le PS gagne un mandat avec l’élection de Jon Pult, président de l’Initiative des Alpes, et de Sandra Locher Benguerel.

En Argovie, les turbulences traversées par l’UDC dans un des bastions ne se sont finalement par trop traduites dans les urnes, le parti ne perd qu’un siège. Deux de ses figures prennent cependant la porte: Maximilian Reimann et Luzi Stamm, qui se présentaient chacun sur leur propre liste.

À Zoug, la Verte Manuela Weichelt décroche un siège au National, où elle siégera avec Thomas Aeschi (UDC) et le président du PDC Gerhard Pfister (PDC). Cette victoire n’est pas anodine: c’est la première fois que les Zougois élisent une femme. Les Obwaldiens ont fait de même en plébiscitant une candidate: la présidente de l’UDC cantonale Monika Rüegger souffle la victoire au candidat PDC, signant un des temps forts de l’élection.

Au Tessin, les Verts fêtent un premier élu sous la Coupole en la personne de Greta Gysin.

Créé: 20.10.2019, 23h55

Vingt-quatre candidats sont déjà élus au Conseil des États

C’est l’une des sensations de ces élections au Conseil des États, et ce sont les Verts qui la signent. À Neuchâtel, le parti décroche pour la première fois de son histoire un siège à la Chambre haute: Céline Vara est élue au détriment des deux candidates socialistes. Elle devance le PLR Philippe Bauer, lui aussi élu. Dimanche, 24 candidats ont été élus. Il reste 22 sièges à pourvoir lors du second tour.

Dans le canton du Jura, l’ancienne ministre socialiste Élisabeth Baume-Schneider est la candidate la mieux élue. Elle siégera aux côtés du conseiller d’État PDC Charles Juillard. La vague verte marque de son empreinte le canton de Glaris. Mathias Zopfi, 35 ans, réussit l’exploit d’offrir pour la première fois un siège écologiste à son parti et d’éjecter du même coup une pointure de l’UDC, Werner Hösli.

À Zurich, comme attendu, le socialiste Daniel Jositsch n’a laissé aucune chance aux autres, signant une victoire dès le premier tour et loin devant l’autre sortant: le PLR Ruedi Noser devra batailler lors d’un second tour. Contre qui? Il n’est pas certain que l’UDC Roger Köppel, arrivé troisième, tente sa chance. La candidate Verte Marionna Schlatter se met à rêver, elle qui surpasse les pronostics avec la quatrième position, devant la Vert’libérale Tiana Moser.

À Bâle-Ville, la conseillère d’État Eva Herzog signe un score canon et conserve le siège socialiste aux États. Parmi les nouveaux visages de la Chambre haute, il y aura aussi celui de la PDC uranaise Heidi Z’graggen. Candidate malheureuse à la succession de Doris Leuthard, la ministre signe une première pour son canton en devenant la première femme uranaise à siéger à la Chambre haute. C’est déjà gagné aussi pour les sortants Damian Müller (PLR/LU), Pirmin Bischoff (PDC/SO), Andrea Caroni (PLR/AR) ou Hannes Germann (UDC/SH) et Thomas Minder (indépendant/SH), entre autres. À Nidwald, le PLR Hans Wicki, autre candidat malheureux à la dernière élection au Conseil fédéral, avait, lui, déjà été élu. La course continue pour une série d’autres candidats lors d’un second tour. Dans le canton de Fribourg, Christian Levrat arrive largement en tête devant Beat Vonlanthen. En Valais, le duo PDC devra en découdre avec le candidat socialiste Mathias Reynard, qui arrive troisième devant le PLR Philippe Nantermod.

En Argovie, Cédric Wermuth termine troisième, assez loin derrière les candidats PLR et UDC. À Berne, la présidente des Verts, Regula Rytz, réussit un excellent score, derrière le sortant Hans Stöckli. Le conseiller national UDC Werner Salzmann termine troisième devant la conseillère d’État PBD Béatrice Simon. Il semble donc peu probable que le Parti bourgeois-démocratique puisse conserver son siège.

G.S.

Articles en relation

Une vague verte historique déferle sur la Suisse

Conseil national De Genève à Saint-Gall, les deux partis Verts engrangent plus de 20% des voix. Ils comptent bien mettre la question énergétique au cœur du débat. Mais les référendums rôderont Plus...

Albert Rösti: «L’UDC a manqué de provocation»

Les perdants du jour Le président Albert Rösti revient sur la défaite cinglante de son parti aux élections fédérales, qui perd une dizaine de sièges. Plus...

À Genève, les Verts triomphent et le PLR paie les pots cassés

Elections fédérales Désormais premier parti du canton, les écologistes conquièrent trois sièges au National. L’UDC et le MCG sont sanctionnés. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.