«Les fédérations sportives ont dormi, alors la justice américaine donne le ton»

FIFALe conseiller national Roland Rino Büchel (UDC/SG) a connu la FIFA de l'intérieur. Il lutte désormais pour la transparence dans le sport. Il réagit aux coups de filet des justices américaine et suisse.

Roland Rino Büchel (UDC/SG), conseiller national, attend beaucoup de la «Lex FIFA» en cours d'examen aux Chambres fédérales.

Roland Rino Büchel (UDC/SG), conseiller national, attend beaucoup de la «Lex FIFA» en cours d'examen aux Chambres fédérales. Image: Monika Flückiger

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Surprise à Zurich, mercredi matin. Six fonctionnaires d’organisations footballistiques ont été arrêtés, sur demande de la justice américaine, et placés en détention en vue d’une extradition. Le parquet du district Est de New York les soupçonne d’avoir accepté des pots-de-vin et des commissions du début des années 1990 à ce jour.

Surprise, un peu plus tard dans la matinée, lorsque le Ministère public de la Confédération (MPC) annonce avoir ouvert une enquête pénale suisse concernant l’attribution des Coupes du monde de football 2018 et 2022. Le MPC a saisi mercredi des données et documents électroniques au siège principal de la FIFA à Zurich, en lien avec son enquête.

Dans le milieu politique, l’opacité entourant certaines organisations sportives internationales est depuis quelques années un sujet de préoccupation récurrent. A tel point qu’une «Lex FIFA» est en cours d’examen aux Chambres fédérales. Roland Rino Büchel (UDC/SG) la défend. Il a lui-même travaillé au service marketing de la FIFA de 1999 à 2002. Depuis 2010, il lutte pour que cesse les scandales liés à des organisations sportives internationales sises en Suisse. Son interview:

–Que vous inspirent les arrestations et saisies qui ont eu lieu mercredi dans le milieu footballistique à Zurich ?
– J’étais surpris du moment. Je pensais bien que cela allait arriver un jour, mais je ne m’y attendais pas du tout aujourd’hui.

–Pourquoi pressentiez-vous que cela allait arriver ?
– C’était clair. Il y a eu tellement d’affaires et tellement de cas prouvés. Surtout avec le cas ISL (ndlr : L’International Sport Leisure, une société de marketing spécialisée dans les droits TV et commerciaux). Il y a eu des pots-de-vin versés pour 142 millions de francs. Et non seulement des fonctionnaires de la FIFA, mais aussi du CIO et d’autres fédérations sportives étaient concernés. La preuve a été faite, il ne s’agissait pas que de simples accusations. Cela devait arriver une fois. Les fédérations n’ont pas agi, elles ont dormi et maintenant, c’est la justice américaine qui donne le ton.

–Est-ce la fin d’une ère d’opacité pour les dirigeants des organisations sportives internationales?
– Il est difficile de le dire aujourd’hui. Mais j’ai bon espoir que ces coups de filet provoquent des changements absolument nécessaires. D’ailleurs, la loi anti-corruption sera traitée par le Conseil des États mercredi prochain. On verra l’influence que ce cas aura sur la législation helvétique.

–Qu’est-ce que cette «Lex FIFA» changera pour les autorités de poursuite pénale suisses?
– Cela change tout. Le procureur, dès le moment où il a connaissance d’un cas ou de soupçons suffisamment sérieux, devra agir. Jusqu’à présent, il fallait que quelqu’un porte plainte. Si la loi est adoptée telle qu’elle se présente aujourd’hui, la donne sera totalement modifiée. Peut-être même que cette loi va trop loin, par rapport à la définition des PEP (personnes exposées politiquement). On verra.

Créé: 27.05.2015, 11h38

Articles en relation

Revivez les événements de la 1ère journée du scandale à la FIFA

Procédure judiciaire La FIFA a suspendu 11 personnes, dont le vice-président Jeffrey Webb, après la procédure engagée par la justice américaine. L'UEFA demande le report de la présidentielle. Plus...

Six membres de la FIFA arrêtés à Zurich

Football Accusés de corruption aux Etats-Unis, six fonctionnaires de la FIFA ont été arrêtés mercredi matin en Suisse. Plus...

A quelques jours de l'élection, Blatter se dit «confiant»

Présidence de la FIFA Le Valaisan brigue un cinquième mandat, que lui conteste le Prince Ali. L'élection aura lieu vendredi à Zurich. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.