Les femmes n'ont pas autant d'enfants qu'elles le souhaitent

FamillesPlus leur niveau de formation est élevé, moins les femmes suisses réalisent leur désir d'avoir des bébés.

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Si les femmes avaient le nombre d’enfants qu’elles souhaitent, la Suisse n’aurait pas de problème de natalité. C’est le constat à la louche posé par Yvon Csonka, chef des Analyses thématiques et enquêtes à l’Office fédéral de la statistique (OFS), lors de la présentation de l’Enquête sur les familles et les générations 2013. «La plupart des jeunes femmes de 20 à 29 ans veulent deux enfants ou plus. Mais, lorsqu’on interroge leurs aînées de 50 à 59 ans, on constate que seules deux tiers d’entre elles ont réalisé ce souhait», a indiqué le statisticien mardi à Berne.

Même si la comparaison entre ces deux groupes d’âge n’est pas forcément scientifique, elle n’en est pas moins révélatrice. Diverses causes, comme les séparations ou l’infertilité, peuvent certes expliquer cette différence entre les enfants souhaités et ceux conçus. «Mais il y a un facteur constant que l’on retrouve, en Suisse comme ailleurs, c’est le niveau de formation, explique Yvon Csonka. 30% des femmes qui ont suivi une formation tertiaire n’ont pas d’enfant.»

Cette corrélation est confirmée lorsque les gens sont interrogés sur l’impact d’un enfant sur leur carrière. Les hommes sont peu nombreux à estimer que l’effet serait négatif. En revanche, les femmes redoutent davantage l’arrivée d’un enfant. Et cette crainte est d’autant plus marquée que leur niveau de formation est élevé. Conséquence logique, les possibilités de garde et le partage des tâches dans le couple influencent davantage le désir d’enfant chez les femmes les plus formées.

Les enfants font-ils le bonheur? L’OFS a aussi posé la question dans son enquête. Résultat, pas de différence entre hommes et femmes. Par contre, la réponse est d’autant plus négative que la formation est sophistiquée: 40% des personnes ayant suivi l’école obligatoire répondent non alors que la proportion atteint 65% parmi la population la plus instruite.

Les statisticiens se sont aussi penchés sur la solidarité entre les générations. Ainsi, «la propension des enfants adultes à accueillir leurs parents en cas de besoin diminue avec leur âge», remarque Andrea Mosimann, cheffe du projet Enquête sur les familles et les générations. La solidarité financière des enfants adultes envers leurs parents ou, à l’inverse, des parents vis-à-vis de leur progéniture a été aussi étudiée. «Cette solidarité, élevée entre 15 et 25 ans, ne cesse ensuite de diminuer, pour remonter à partir de 65 ans, souligne la scientifique. Il y a, entre deux, une génération sandwich qui a souvent de grands enfants et qui supporte des charges financières élevées.»

«Thématiques importantes»

Les données présentées mardi sont des premières conclusions qui doivent être encore analysées plus à fond. «Nous allons étudier de plus près les différences qui pourraient ressortir selon la formation des deux membres du couple, selon leur nationalité, leurs revenus ou leur situation – s’ils sont divorcés ou s’ils vivent séparés durant la semaine», précise Andrea Mosimann.

Afin de suivre les évolutions dans le domaine de la famille et des générations, il est prévu de renouveler l’enquête tous les cinq ans. «Ces thématiques sont très importantes, ajoute la chercheuse. La structure des familles change. De même, le vieillissement de la population a pour conséquence que la coexistence entre les jeunes et les personnes âgées s’allonge.»

Selon l’OFS, l’enquête livre des informations très importantes «pour ceux qui façonnent la politique familiale au niveau fédéral et cantonal». En outre, les données anonymisées sont mises à la disposition de la recherche en sciences sociales.

Créé: 24.03.2015, 22h20

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