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Les femmes se lancent à l'assaut du Conseil fédéral

Isabelle Moret (PLR/VD) est candidate à la candidature. Jacqueline de Quattro laisse planer le doute.

La Vaudoise Isabelle Moret défie le favori à la succession de Didier Burkhalter, le Tessinois Ignazio Cassis.
La Vaudoise Isabelle Moret défie le favori à la succession de Didier Burkhalter, le Tessinois Ignazio Cassis.
Keystone

Isabelle Moret a mis fin au suspense. Samedi, la conseillère nationale vaudoise a annoncé à la RTS qu’elle se lançait dans la course au Conseil fédéral pour succéder au Neuchâtelois Didier Burkhalter (lire ci-contre). La décision de l’élue était attendue, elle qui fait figure de candidate sérieuse à l’investiture du PLR Suisse.

Sauf surprise, tous les prétendants sont désormais connus. Le Tessinois Ignazio Cassis, le Genevois Pierre Maudet et les Vaudoises Isabelle Moret et Jacqueline de Quattro ont dit leurs ambitions. Le conseiller aux Etats Olivier Français se «tient à disposition», mais il semble peu probable qu’il brigue une place sur le ticket vaudois. Reste aussi la possibilité que le PLR fribourgeois lance Jacques Bourgeois, à qui personne ne donne une chance.

Les sections cantonales ont jusqu’au 11 août pour soumettre le nom de leurs candidats à la direction du parti national. C’est ensuite le groupe parlementaire PLR qui se prononcera, le 1er septembre, sur la composition du ticket final soumis au vote de l’Assemblée fédérale, le 20 septembre. Seul le Tessin a pour l’heure officiellement désigné son concurrent. Les Vaudois se réunissent jeudi. Les Genevois mardi et les Fribourgeois mercredi. Selon toute vraisemblance, les parlementaires libéraux-radicaux auront à faire leur choix entre Cassis, Moret et Maudet.

A moins que Jacqueline de Quattro ne complique la donne. La ministre a laissé sous-entendre, il y a deux semaines, qu’elle pourrait s’effacer face à Isabelle Moret. La conseillère d’Etat sort-elle donc de piste? Dimanche, elle a répondu par l’intermédiaire de son porte-parole qu’elle ne faisait pas de déclaration avant le 10 août. Depuis qu’elle est sortie du bois dans la presse alémanique, Jacqueline de Quattro a maintenu le silence radio. De quoi alimenter les spéculations d’une bisbille.

Isabelle Moret assure dans la SonntagsZeitung qu’il n’y aura pas de «combat de femmes» et que la ministre, qui est son amie, a déclaré qu’elle lui laisserait la priorité en raison de l’avantage que représente sa présence à Berne. En cas de duel, son réseau et sa bonne connaissance des dossiers fédéraux jouent en effet en sa faveur. «J’espère que nous n’aurons pas à trancher, glisse le président du PLR vaudois, Frédéric Borloz. Idéalement je préfère envoyer à Berne une candidature unique. Mais il se peut que notre ticket comporte plus d’un nom.»

Région, âge ou genre?

Qui les élus PLR vont-ils envoyer à l’élection devant le parlement? Si elle n’en fait pas un argument, Isabelle Moret a comme atout la carte du genre: elle porte sur ses épaules les revendications d’une meilleure représentativité féminine. Ignazio Cassis, lui, doit permettre au canton du Tessin de retrouver le chemin du Conseil fédéral, où l’un des siens n’a plus siégé depuis dix-huit ans. Pierre Maudet apporte un troisième critère: l’âge. A 39 ans, le conseiller d’Etat peut prétendre à représenter la catégorie des moins de 40 ans, soit près de la moitié de la population.

Dans le Tages-Anzeiger, samedi, l’influent Kurt Fluri (PLR/SO) a déclaré que son parti présenterait sans doute un double ticket avec une femme et un Tessinois. Vice-président du PLR, le Valaisan Philippe Nantermod juge toutefois les chances de Pierre Maudet intactes. «Il joue le rôle d’outsider et court, bien sûr, le risque de ne pas figurer sur le ticket final. Mais il fait une entrée de campagne excellente.» Dans la NZZ am Sonntag, le président du PDC, Gerhard Pfister, estime lui qu’Ignazio Cassis reste le grand favori. Le Zougois présage que, pour cette élection, «l’argument régional pèsera plus que celui du genre».

Les présidentes inquiètes

Pariant aussi sur une victoire de Cassis, le SonntagsBlick évoque la possibilité que le Conseil fédéral ne compte, après le départ annoncé de Doris Leuthard, plus qu’une seule femme, Simonetta Sommaruga. Une «vision d’horreur», selon le dominical alémanique, même pour des politiciennes bourgeoises. Lesquelles sont résolues à empêcher ce scénario. Elles partent au combat alors que deux sièges supplémentaires pourraient se libérer ces deux prochaines années, ceux de Johann Schneider-Ammann (PLR) et d’Ueli Maurer (UDC).

«Deux des trois prochains sièges laissés vacants doivent être repris par des femmes»

«Deux des trois prochains sièges laissés vacants doivent être repris par des femmes», insiste Rosmarie Quadranti, cheffe de groupe PBD, dans le journal. Babette Sigg, présidente des Femmes PDC, annonce qu’elle prendra contact avec ses homologues d’autres partis dès la fin de l’été afin de coordonner leurs efforts. Présidente des Femmes PLR, Doris Fiala ajoute: «Nous devons travailler ensemble, sans quoi pèse la menace que nous soyons sous-représentées pendant longtemps.»

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