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FIFA: le procès démarre enfin à Bellinzone

Seuls le secrétaire général de la FIFA et le président de la Fédération allemande de football se sont présentés ce mercredi au Tribunal pénal fédéral de Bellinzone.

Till Gontersweiler, à droite, l'avocat de l'ancien Secrétaire général de la FIFA, Urs Lins (11 mars 2020).
Till Gontersweiler, à droite, l'avocat de l'ancien Secrétaire général de la FIFA, Urs Lins (11 mars 2020).
Keystone

Le procès des instances du football a démarré lentement mercredi devant le Tribunal pénal fédéral à Bellinzone. Ce dernier n'a toujours pas décidé si les deux accusés absents pour raison médicale doivent être considérés comme excusés au vu des certificats produits.

La cour a demandé à un médecin externe d'examiner les certificats envoyés par l'ex-président de la Fédération allemande de football (DFB) Theo Zwanziger et son ancien secrétaire général Horst R. Schmidt. Le praticien sera entendu à 17 heures.

Mercredi matin, seuls l'ex-secrétaire général de la FIFA, le Suisse Urs Linsi, et un autre ancien président de la DFB, Wolfgang Niersbach, ont comparu. En raison de leur âge, les quatre accusés font partie du groupe à risque en cas d'infection par le coronavirus.

Huis clos

Les débats se tiennent à huis clos et sont suivis par la presse dans une salle séparée sur un écran géant. La cour n'a cependant pas accepté de reporter le procès comme le demandaient les accusés. En effet, la prescription interviendra à fin avril et le Tribunal pénal fédéral doit rendre impérativement son verdict d'ici là.

Dans ce premier procès instruit contre les instances du football, Theo Zwanziger, Horst R. Schmidt et Urs Linsi répondent d'escroquerie. Quant à Wolfgang Niersbach, il est inculpé pour complicité.

Prêt et remboursement hasardeux

Les trois dirigeants de la DFB faisaient partie de la présidence du comité d'organisation du Mondial 2006 en Allemagne. Selon l'acte d'accusation du Ministère public de la Confédération (MPC), ils auraient, avec l'aide d'Urs Linsi, camouflé la destination véritable d'un montant de 10 millions de francs afin de rembourser un prêt contracté personnellement par Franz Beckenbauer, qui assumait la présidence d'honneur du comité d'organisation.

L'ancien capitaine de l'équipe d'Allemagne avait obtenu ce montant auprès de Robert Louis-Dreyfus qui dirigeait alors Adidas. Franz Beckenbauer avait besoin de cet argent afin de convaincre le trésorier de la FIFA Mohammed Bin Hammam d'accorder une avance de 250 millions d'euros pour l'organisation du Mondial.

Refus du président de l'époque

Franz Beckenbauer espérait que le prêt serait remboursé par la DFB, mais il s'était heurté au refus du président de l'époque Gerhard Mayer-Vorfelder. Afin d'obtenir le feu vert de la présidence de la DFB au versement des 10 millions, Theo Zwanziger et Horst R. Schmidt auraient eu l'idée de faire passer ce montant pour une contribution de la DFB au gala d'inauguration du Mondial organisé par la FIFA.

A cet effet, ils se seraient assuré la complicité d'Urs Linsi. Celui-ci aurait encaissé l'argent de la DFB sur un compte de la FIFA puis l'aurait viré à Robert Louis-Dreyfus afin de rembourser le prêt initialement souscrit par Franz Beckenbauer. Wolfgang Niersbach aurait été mis au courant de la manoeuvre. (cause SK.2019.45)

(ats)

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