Les figures féminines en quête de visibilité

Journée internationale des droits des femmesLe Parlement rend hommage aux pionnières de la politique suisse. Portait de cinq Romandes qui ont écrit l’histoire.

Les douze premières conseillères nationales en 1972. Les Romandes sont Tilo Frey, Gabrielle Nanchen, Liselotte Spreng (assises de g. à dr.), puis assise tout à droite Nelly Wicky. Lise Girardin, qui était élue au Conseil des États, n’est pas sur la photo

Les douze premières conseillères nationales en 1972. Les Romandes sont Tilo Frey, Gabrielle Nanchen, Liselotte Spreng (assises de g. à dr.), puis assise tout à droite Nelly Wicky. Lise Girardin, qui était élue au Conseil des États, n’est pas sur la photo Image: Keystone

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Les deux Chambres du parlement ne seront plus jamais les mêmes. La différence tient à douze petites plaquettes que l’on trouve depuis jeudi sur certains pupitres. Les places en question sont celles occupées par les douze pionnières élues sous la Coupole. C’était en 1971, année où les femmes ont obtenu le droit de vote et d’éligibilité au niveau suisse.

Cette action intervient à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. C’est la première citoyenne du pays, Marina Carrobbio (PS/TI), qui a tenu à marquer le coup. Devant le Conseil national, la Tessinoise a voulu rendre hommage à leur combat. «Ces pionnières ont réussi à faire tomber des murs. C’est grâce à elles que les femmes et les hommes peuvent s’exprimer dans cet hémicycle. C’est grâce à elles aussi que le pays continuera sa métamorphose jusqu’à ce que l’égalité en hommes et femmes soit enfin atteinte.»

Ce groupe de pionnières comprend quatre socialistes, quatre radicales, trois PDC et une membre du Parti du travail. Si la plus connue reste Lilian Uchtenhagen (PS/ZH), première femme à avoir tenté de décrocher un siège au Conseil fédéral, cinq Romandes faisaient elles aussi partie de ces élues qui ont marqué l’histoire. Leur portrait.


Lise Girardin (PLR/GE)

Née en 1921, Lise Girardin aura été une pionnière à plusieurs niveaux. Après des études à l’université, elle commence sa carrière comme enseignante. En 1961, elle est élue au Grand Conseil genevois, une année après que le Canton a octroyé le droit de vote aux femmes. Elle sera aussi la première à accéder à l’Exécutif d’une ville lorsqu’elle devient conseillère administrative de Genève, en 1967. En 1971, elle fait le grand saut et devient la première conseillère aux États du pays. Sur la scène nationale, elle a défendu la décriminalisation de l’avortement. Elle décède en 2010.


Gabrielle Nanchen (PS/VS

Parmi les noms romands, Gabrielle Nanchen est l’une des plus connues. Pendant deux législatures, elle a défendu le droit à l’avortement, l’égalité entre hommes et femmes, la retraite à la carte et le congé parental. C’est aussi celle qui était la plus jeune au moment de son élection au National: en 1971, elle n’avait que 28 ans. En 1977, elle a failli devenir la première femme élue dans un Exécutif cantonal, mais elle a échoué en raison d’une règle de la Constitution valaisanne qui stipule qu’il ne peut pas y avoir deux conseillers d’État du même district.


Tilo Frey (PLR/NE)

Tilo Frey passera les premières années de sa vie au Cameroun, où elle est née en 1923, avant de suivre sa scolarité à La Neuveville (BE), puis à Neuchâtel. De mère camerounaise et de père suisse, elle fut non seulement la première Neuchâteloise à siéger à Berne, mais aussi la première métisse à pousser les portes de la Coupole. Parlementaire de droite, conservatrice sur de nombreux sujets, tels que l’armée, elle défend toutefois durant son unique législature l’égalité salariale, une politique familiale plus équitable et une amélioration des droits successoraux pour les femmes. Elle décède en 2008.


Liselotte Spreng (PLR/FR)

Née à Bienne en 1912, Liselotte Spreng a 59 ans quand elle pousse les portes du Conseil national, sous les couleurs radicales, devenant la première parlementaire fribourgeoise sous la Coupole. Médecin, elle a exercé dans le même cabinet que son mari à Fribourg. Pionnière du féminisme, elle contribue au développement de ce mouvement dans son canton de Fribourg. Durant ses douze ans à Berne, elle s’implique dans les domaines du droit de la famille, de l’action humanitaire et de l’éthique médicale. Elle décède en 1992, à Villars-sur-Glâne (FR).


Nelly Wicky (Parti du travail/GE)

Institutrice de profession, Nelly Wicky a siégé au Conseil municipal de la Ville de Genève entre 1963 et 1991. En 1971, elle devient à 48 ans la première Genevoise à accéder au Conseil national. Militante résolument féministe, elle ne fera qu’une législature à Berne et s’y engage notamment pour la protection de l’environnement, la lutte contre l’alcoolisme et les problèmes scolaires.

Créé: 07.03.2019, 19h12

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