«Pour une fois, ils arrêtent de mentir sur les plans d’économie»

Finances fédéralesLes comptes 2018 de la Confédération provoquent de vives réactions à gauche comme à droite.

Les conseillers nationaux Samuel Bendahan et Yves Nidegger.

Les conseillers nationaux Samuel Bendahan et Yves Nidegger. Image: KEYSTONE

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La Confédération a dévoilé ce matin les comptes 2018. Ils sont largement excédentaires puisqu'ils présentent un boni de 2,9 milliards. Soit 2,6 milliards de plus que prévus au budget. Alors que la Confédération se réjouit de ces bons résultats et annonce renoncer à un plan d’économies pour 2020, les réactions politiques sont plutôt vives. A gauche, on dénonce les coupes opérées pour rien alors qu’à droite on veut l’arrêt de l’augmentation des taxes, voire des baisses d’impôts.

Alarmisme budgétaire voulu

Le conseiller national Samuel Bendahan (PS/VD) en a assez de l’alarmisme budgétaire, suivi de boni à répétition de plusieurs milliards. «Les erreurs d’estimation ont toujours lieu dans le même sens. Ce n’est pas un hasard mais une volonté politique de freiner constamment les dépenses. Ou alors c’est de la pure incompétence. On aurait pu investir pour des projets importants pour préserver le climat et l’environnement , pour doper la formation et l’innovation et accentuer la lutte contre la pauvreté.»

Se réjouit-il au moins que le Conseil fédéral, vu les bons résultats, annonce qu’il n’y aura pas de plan d’économies pour le budget 2020? «Pour une fois, ils disent la vérité au lieu de mentir. Et la vérité, c’est qu’il n’y a jamais eu besoin de plans d’économies vu tous les bonis réalisés.» Il estime que l’annonce du Conseil fédéral est aussi tactique. «On fait un geste pour ne pas braquer les gens à la veille de la votation sur la fiscalité des entreprises et l’assainissement de l’AVS.» Il trouve néanmoins qu’il est particulièrement malvenu d’éponger à marche forcée la dette alors que l’argent ne coûte rien et que c’est justement le moment d’investir.

Ne pas faire ce que préconise la gauche

A droite, le parti du ministre des finances Ueli Maurer ne se formalise pas des boni à répétition. «C’est le rôle d’un responsable des finances jouer la prudence, explique le conseiller national Yves Nidegger. Ces recettes, que nous engrangeons, sont extraordinaires dans un contexte totalement anormal. On voit que l’argent coûte plus qu’il ne rapporte avec les intérêts négatifs et que la BNS ne versera pas de dividendes aux cantons. Il ne faut donc surtout pas faire ce que préconise tout le temps la gauche: augmenter les prestations et les impôts.»

Que faut-il donc faire avec les bonis? «Il est judicieux de les mettre dans des réserves conjoncturelles êt se préparer ainsi à des temps plus difficiles.» Il verrait aussi d’un bon œil l’arrêt de l’augmentation des taxes, voire une diminution des impôts. Et en forme de boutade, il lâche: «On pourrait créer un fonds souverain et lancer une OPA (Offre publique d’achat) sur l’Union européenne».

Créé: 13.02.2019, 17h15

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