Fulvio Pelli: une chance unique d'élire un Tessinois

Démission BurkhalterL'ex-président du PLR estime que si un Tessinois n'est pas élu pour succéder à Didier Burkhalter, il faudra attendre au moins 20 ans pour que l'occasion se représente.

Fulvio Pelli, une figure à Berne, avait quitté le Parlement en mars 2014.

Fulvio Pelli, une figure à Berne, avait quitté le Parlement en mars 2014. Image: Keystone

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L'agenda politique estival place la succession de Didier Burkhalter au Conseil fédéral en bonne position. Qui va reprendre le fauteuil du Neuchâtelois? Le parti libéral-radical a été très clair jeudi dernier lors d'une conférence de presse: ce sera un Latin. Soit un Romand, soit un Tessinois. L'occasion pour le Blick d'aller interroger l'ancien président du PLR et ancien conseiller national tessinois Fulvio Pelli.

L'ancien stratège du PLR est formel: la chance d'élire un Tessinois est unique.« Je ne crois pas que ces prochains temps, les autres partis auront l'occasion de présenter un candidat tessinois au Conseil fédéral. Si on ne parvient pas à en élire un cette fois, il faudra attendre 10 à 20 ans», estime Fulvio Pelli. «La situation pour nommer un PLR tessinois est particulièrement propice car il y a actuellement 3 conseillers fédéraux romands et nous avons des gens capables.»

Et si Schneider-Ammann partait aussi?

Fulvio Pelli se refuse toutefois à désigner son candidat favori entre le conseiller national Ignazio Cassis, le conseiller d'Etat Christian Vitta ou l'ancienne conseillère d'Etat Laura Sadis, des noms qui reviennent le plus souvent sur la table. «A première vue, Cassis a les meilleures chances. Mais il faudra voir qui plaira le plus au PLR tessinois et à la fraction parlementaire à Berne», souligne-t-il. «Et c'est le parti cantonal qui décidera qui il enverra. »

Quant à imaginer ce qu'il se passerait si Johann Schneider-Ammann démissionnait à son tour, il estime que si pour le Tessin, cela ne changerait rien, il y aurait en revanche trop de candidats PLR en lice. Résolvons les problèmes les uns après les autres, estime-t-il, tout en priant le ministre bernois de rester encore un moment en fonction.

Un ministre PDC tessinois improbable

Jusqu'ici, mis à part Nello Celio (PLR), tous les ministres tessinois étaient PDC. «Le PS et le PLR sont forts dans tout le pays, en particulier en Suisse romande, contrairement au PDC. Raison pour laquelle le Tessin pouvait obtenir plus facilement le 2e siège PDC au Conseil fédéral», explique-t-il. Aujourd'hui, la donne a changé, il n'y a plus qu'un siège PDC dans le collège et il est pratiquement impossible désormais pour le parti de faire élire un Tessinois, estime-t-il.

L'ex-conseiller national avait commencé sa carrière à Berne en 1995, du temps où Flavio Cotti était encore au Conseil fédéral. Il se souvient que le ministre tessinois avait l'habitude d'inviter les gens à des petits déjeuners dans son bureau pendant les sessions. «On y buvait le meilleur café de Berne grâce à sa secrétaire tessinoise», raconte-t-il.

Selon lui, un conseiller fédéral tessinois ne peut pas faire grand-chose pour son canton. Mais il contribue à une meilleure compréhension de sa région, et permet, dans certaines situations, de prendre de meilleures décisions au sein du Collège. «Avec Cotti, on avait aussi plus de personnel fédéral italophone», se rappelle encore Pelli.

Mauvaises relations avec Rome

Quant à ce qu'un Tessinois au gouvernement pourrait apporter à la Suisse, Fulvio Pelli n'hésite pas: «Ce qui nous manque à Berne, c'est la capacité de traiter avec les Italiens. Les Alémaniques négocient avec eux en anglais et ne les connaissent pas. Or ils sont très intelligents et ils ont un système qui rend tout très compliqué mais que les Tessinois connaissent bien», explique Fulvio Pelli. Il estime d'ailleurs que c'est en raison de cette méconnaissance que pratiquement tous les contrats avec Rome sont bloqués.

Pour l'ancien président du PLR, avoir un représentant tessinois au Conseil fédéral est donc indispensable. «Le Tessin est la 3e partie de la Suisse. Notre pays a quatre langues et ethnies. S'il n'y avait que des Alémaniques qui dominaient, la Suisse serait un canton allemand. La recette de la Suisse est une juste combinaison. Raison pour laquelle on a besoin au gouvernement de représentants permanents francophones et italophones», conclut-t-il.

Créé: 20.06.2017, 11h10

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