«Un futur numérique plus juste et plus équitable»

Règles d'InternetLa présidente Doris Leuthard a appelé tous les acteurs à aborder «de concert» l'accès à Internet à Genève.

Doris Leuthard lors de l'ouverture du FGI.

Doris Leuthard lors de l'ouverture du FGI. Image: Keystone

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La Suisse ne veut pas laisser la décision sur les futurs défis du numérique dans le monde aux seuls responsables politiques. En ouvrant le 12e Forum sur la gouvernance d'Internet (FGI), Doris Leuthard a appelé lundi à Genève tous les acteurs à contribuer. Elle a aussi estimé que les lois actuelles suffisent, mais doivent être adaptées.

«Nous voulons la liberté, le dialogue et un consensus» pour établir une gouvernance d'Internet, a déclaré la présidente de la Confédération au début de quatre jours de discussions. Un principe que la Suisse applique à son approche nationale sur cette question.

Avec sa stratégie numérique lancée en 2016, elle a mis en oeuvre un dialogue sur un pied d'égalité entre acteurs qui constitue «un petit FGI au niveau suisse», s'est-elle félicitée. Dans le monde, «nous avons besoin d'une structure de gouvernance» d'Internet et la plupart des lois civiles actuelles peuvent s'appliquer, a ajouté Doris Leuthard. Il y a aussi besoin d'investissements dans des infrastructures comme l'accès sans fil gratuit pour tous.

Droit à Internet

La présidente de la Confédération a encore appelé gouvernements, ONU et autres organisations internationales, entreprises ou société civile à aborder «de concert» l'accès à Internet, les Objectifs du développement durable (ODD) et la cybersécurité, pour diminuer le fossé technologique et œuvrer à un «futur numérique plus juste et plus équitable». Cette collaboration n'est pas encore suffisamment mise en oeuvre, déplore la patronne de l'Internet Society Kathy Brown.

Un ministre du Bangladesh a même appelé à un droit à Internet. Actuellement, près de 4 milliards de personnes n'ont toujours pas accès à la Toile dans le monde. Ils peuvent être 6 milliards en ligne dans dix ans, mais il faudra toujours aborder la gouvernance étant donné que ce secteur va changer, explique l'un des premiers responsables du net et vice-président de Google Vinton Cerf.

Centaines de millions de dollars

Dans un message vidéo, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a souligné l'«immense rôle» que le numérique aura pour les ODD. Il a toutefois mis en garde contre les «dangers de la polarisation, de la division et des activités criminelles» liées aux technologies.

Le FGI a lieu pour la première fois à Genève. Le canton accueille environ 50% des activités mondiales dans ce secteur. Le conseiller d'Etat Pierre Maudet veut en faire le centre mondial sur la «confiance numérique».

Convention sur la cybersécurité

Souhaitée par l'un des grands acteurs d'Internet, une Convention de Genève sur la cybersécurité fera l'objet de discussions mardi. Aucun consensus ne peut être trouvé sur un traité contraignant, explique à l'ats une source proche de ces réunions.

Des pays comme la Chine ou la Russie ne le souhaitent pas. En revanche, les participants peuvent rassembler les meilleures pratiques. De son côté, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) admet que les Conventions de Genève vont devoir s'adapter aux nouvelles technologies. Mais il n'a pas encore évalué si leur interprétation doit changer ou s'il faut un nouveau traité.

Sur la cybersécurité, «nous allons être confrontés à une période turbulente et très intéressante», affirme le directeur de la Plateforme d'Internet à Genève Jovan Kurbalija. L'impact sur l'économie peut aller de centaines de millions à des milliers de milliards de francs.

Plus de 200 réunions

Le FGI, lancé après le Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI), est organisé chaque année dans le cadre de l'ONU. Aucune mesure contraignante n'est décidée.

Cette discussion a lieu alors que l'UE vient d'adopter un règlement sur la protection des données qui entre en vigueur dans quelques mois. Et que le régulateur américain des communications annoncé la fin du principe de «neutralité de la Toile», qui oblige les prestataires d'accès à traiter de la même manière les contenus.

Aussi bien Pierre Maudet que la commissaire européenne Mariya Gabriel ont appelé à œuvrer pour que la numérisation soit davantage vue comme une «opportunité» que comme un «risque». Plus de 2900 personnes doivent aborder des thèmes comme l'Internet des choses, l'accès, les données de masse, l'intelligence artificielle ou la cybersécurité. Et plus de 200 réunions sont prévues.

(ats/nxp)

Créé: 18.12.2017, 20h31

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