«Le futur président de l'UDC doit parler français ou l’apprendre»

PolitiqueJean-Pierre Grin est le seul Romand dans le comité de sélection pour remplacer Albert Rösti. Voici ses préférences.

«La sensibilité de la population est différente. L’affiche sur la naturalisation facilitée avec les mains noires sur les passeports, cela marche outre-Sarine mais pas ici.»

«La sensibilité de la population est différente. L’affiche sur la naturalisation facilitée avec les mains noires sur les passeports, cela marche outre-Sarine mais pas ici.» Image: CHANTAL DERVEY

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Les socialistes suisses y voient plus clair depuis ce week-end. Deux duos s’affronteront pour la succession de Christian Levrat à la présidence du parti. Du côté de l’UDC, c’est encore la bouteille à encre. Plusieurs noms circulent pour remplacer le président sortant, Albert Rösti, mais aucun ne s’impose. Alors que l’élection est prévue le 28 mars, le parti a mis sur pied il y a quelques jours une commission de sélection de sept personnes pour trier le bon grain de l’ivraie. Un seul Romand fait partie de cet aréopage: le conseiller national vaudois Jean-Pierre Grin. Interview.

Vous avez été choisi pour sélectionner le ou la futur(e) président(e) de l’UDC. Pourquoi?
Sans doute en raison de mon expérience. Je connais bien les UDC romands puisque cela fait plus de douze ans que je siège au Conseil national.

L’UDC n’a jamais eu de Romand comme président suisse. Le moment n’est-il pas venu?
C’est possible. D’ailleurs, on cite la candidature de la Genevoise Céline Amaudruz pour une coprésidence. On pourrait ainsi avoir une cohésion entre la Suisse romande et alémanique. Mais il faut que les deux personnes choisies forment un bon tandem et ne se tirent pas dans les pattes.

Est-ce qu’il faut un président plus agressif pour gagner des voix? On a reproché à Albert Rösti d’avoir un naturel trop sympa.
Moi j’aime bien Albert Rösti. Et pour la Suisse romande, son style passait bien. En Suisse alémanique, il lui était certes reproché de ne pas être un battant comme l’étaient Ueli Maurer ou Toni Brunner. En fait, il faudrait que le futur président adapte son discours selon qu’il est en Suisse romande ou en Suisse alémanique.

C’est-à-dire?
La sensibilité de la population est différente. L’affiche sur la naturalisation facilitée avec les mains noires sur les passeports, cela marche outre-Sarine mais pas ici. Nier le réchauffement climatique, cela ne passe pas en Suisse romande. Or il faut qu’on puisse contrer efficacement le rideau de brouillard vert qui, lui, occulte complètement les autres problèmes comme ceux de la retraite ou de la santé.

Un Andreas Glarner, avec ses déclarations fracassantes sur l’asile ou le climat, serait une catastrophe pour vous comme président?
Non, ce ne serait pas une catastrophe en Suisse alémanique. Mais il passerait difficilement en Suisse romande car il va trop dans les extrêmes. Ce serait un handicap. Et puis le président doit avoir une autre qualité: s’exprimer dans les deux langues, français et allemand.

Le futur président doit donc absolument se débrouiller en français?
Oui. Ueli Maurer, quand il a accédé à la présidence du parti, ne savait pas le français. En deux ans, il est parvenu à se débrouiller en français fédéral. C’est bien. Au contraire, l’autre ancien président, Toni Brunner, n’a jamais appris le français.

Pour vous, le français est donc un impératif?
Oui, un président national qui se débrouille en français, cela nous aide quand il y a des élections municipales ou cantonales. C’est pourquoi, si un Alémanique devient président et qu’il ne parle pas français, il doit s’engager à prendre des cours. C’est une évidence, un point primordial pour les Romands.

Vous êtes paysan, Ueli Maurer est paysan, Guy Parmelin viticulteur. Et le futur président risque d’être paysan puisque le favori est le Schwytzois Marcel Dettling. N’y a-t-il pas une overdose de paysans à l’UDC dans les postes clés?
Oui, peut-être. L’UDC a pratiquement toujours été dirigée par des gens proches de l’agriculture. Mais pourquoi pas un citadin s’il y a une bonne candidature. La difficulté principale est de trouver quelqu’un disposé à consacrer du temps au parti, environ 30% par année. Comme le job n’est pas rémunéré, il faut qu’il puisse s’en sortir financièrement.

L’UDC ne doit-elle pas sortir son chéquier et payer son futur président?
On peut l’imaginer en fonction du profil de la personne. Tout est ouvert. La commission de sélection se penchera sur les candidatures dès la fin février.

Créé: 27.01.2020, 19h30

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