La Gambie veut que Berne expulse Ousman Sonko

AfriqueLa Gambie souhaite juger chez elle son ex-ministre de l'Intérieur, et elle peaufine sa demande d'extradition.

La Gambie veut juger Ousman Sonko mais n'a pas déposé de demande d'extradition.

La Gambie veut juger Ousman Sonko mais n'a pas déposé de demande d'extradition.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La Gambie promet un procès équitable à son ex-ministre de l'Intérieur détenu en Suisse pour soupçons de crimes contre l'humanité. Le gouvernement du nouveau président Adama Barrow finalise une demande d'extradition et veut ouvrir une ambassade à Berne pour début 2018.

Ousman Sonko, qui séjournait dans un centre de transit pour requérants d'asile dans le canton de Berne, avait été arrêté en janvier dernier après l'examen d'une dénonciation pénale déposée par Trial International, ONG établie à Genève.

Le Tribunal pénal fédéral (TPF) a validé son maintien en détention provisoire jusqu'au 25 juillet. La Gambie souhaite le juger chez elle mais n'a pas formellement lancé de demande d'extradition.

Les ministres de la justice et de l'Intérieur «y travaillent», a indiqué dans un entretien à l'ats leur collègue du commerce Isatou Touray, en marge d'une réunion ouverte mardi à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Genève. «Je suis certaine qu'ils font les vérifications préalables» requises, insiste-t-elle.

«Atrocités» présumées perpétrées

«Nous espérons que le gouvernement suisse va coopérer avec nous pour que justice soit rendue» pour les Gambiens, notamment les activistes des droits humains comme elle. «Laissez-le venir en Gambie et nous nous en chargerons», affirme également la ministre. Elle s'attend à de nombreux témoignages de victimes lors d'un procès.

Après «22 ans de dictature» sous la présidence de Yahya Jammeh, la ministre garantit que le nouveau gouvernement est attaché à l'Etat de droit et aux «droits fondamentaux». Mais elle ne cache pas non plus son ressentiment contre un homme qu'elle rend responsable de sa détention comme prisonnière politique aux côtés de condamnés à la peine capitale, alors qu'elle était simple suspecte.

«Il était un assassin notoire et un facilitateur de l'ancien régime», estime Mme Touray. «Je suis certaine qu'il est coupable de nombreuses atrocités».

Victimes entendues au MPC

Selon le Ministère public de la Confédération (MPC), il existe suffisamment d'éléments pour ne pas exclure le soupçon de crimes contre l'humanité qui vise l'ancien ministre.

Pour honorer une demande d'extradition, la Gambie devrait notamment convaincre la Suisse que son système judiciaire est indépendant. Mais ce pays ne donne pas de garantie juridiquement contraignante sur la peine capitale, qui n'est toutefois plus appliquée depuis 2012, estime Amnesty International.

La semaine dernière, le MPC a entendu une victime gambienne de torture qui s'est dite «soulagée» par l'arrestation d'Ousman Sonko, a indiqué mercredi Trial. Une autre ressortissante a également été convoquée récemment et plusieurs pourraient suivre. L'ouverture d'un procès en Suisse constituerait pour elles «une chance unique d'obtenir justice», affirme également l'ONG.

Plus largement, le nouveau gouvernement du président Barrow veut coopérer avec la Suisse. Il souhaite ouvrir «très bientôt» une ambassade à Berne, d'ici «début 2018». «Nous venons de débuter les discussions» et plusieurs responsables gambiens sont engagés dans ce dossier, selon Mme Touray. (ats/nxp)

Créé: 12.07.2017, 11h14

Articles en relation

L'ex-ministre gambien reste en prison

Tribunal pénal fédéral Ousman Sonko est soupçonné de crimes contre l'humanité. Arrêté depuis janvier, son recours vient d'être rejeté par le TPF. Plus...

La Gambie espère que la Suisse extradera Ousman Sonko

Rundschau Le nouveau gouvernement de Gambie veut faire juger son ancien ministre de l'Intérieur Ousman Sonko par un tribunal gambien. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.