Gandhi s’invite dans les écoles alémaniques

EducationOutre-Sarine, des profs testent une méthode inspirée des préceptes du guide spirituel pour mater les terreurs des classes.

Le Mahatma inspire les pédagogues.

Le Mahatma inspire les pédagogues. Image: AFP

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«La force plutôt que le pouvoir.» La théorie de «la nouvelle autorité», une méthode pédagogique directement inspirée du principe de «résistance non violente» du Mahatma Gandhi, a actuellement le vent en poupe dans les écoles alémaniques. A Zurich, l’Ecole du district du Glattal l’a inscrite dans son programme pédagogique 2014-2018. Selon la Zentralschweiz am Sonntag, quelque 200 professeurs ont participé la semaine passée à un séminaire sur la question. Depuis l’an dernier, le Bureau lucernois de l’éducation publique organise des formations dans le canton.

Une méthode qui porte ses fruits

Développée par le pédagogue israélien Haim Omer, la méthode se base sur cinq piliers: la résistance par la présence (ou sit-in), la réaction, la désescalade, la réparation et l’interconnexion. Appliqué dans une classe, le concept se traduit ainsi: lorsque l’enfant enfreint une règle, l’enseignant marque sa présence et lui signifie qu’il a remarqué la faute commise. La réaction doit avoir lieu plus tard, à froid, afin d’éviter une escalade du conflit. L’enfant n’est pas puni mais invité à faire lui-même amende honorable en proposant une manière de se racheter. Enfin, enseignants, camarades et parents sont intégrés au processus. Les parents sont invités à venir dans la classe: par leur présence, ils montrent leur détermination à ne pas accepter ce comportement. La directrice de l’Ecole du district du Glattal, Vera Lang, assure que la méthode a déjà porté ses fruits dans son établissement. Selon une étude menée en 2002 dans une école israélienne, la méthode de Haim Moser aurait entraîné une baisse de 22% des cas de violence. L’épuisement des professeurs aurait diminué de 34%.

Président du Syndicat des enseignants romands, Georges Pasquier plaide pour l’usage d’une «autorité intelligente, destinée à faire grandir». «Un enfant a besoin de limites. Il doit apprendre à se heurter à des obstacles, comme ceux que l’on rencontre dans la vie.» De manière générale, Georges Pasquier se méfie des théories sur l’éducation. «La pédagogie est un long processus, un ensemble d’une multitude de facteurs, une alchimie extrêmement complexe. Les pédagogues sont chargés de créer des êtres humains capables de se débrouiller demain dans une société complexe, imprévisible, inanalysable dans le cadre d’une seule et même théorie.»

Créé: 10.05.2016, 08h04

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