La gauche et la droite à fleurets mouchetés sur le roaming

Téléphonie mobileLes prix pour les tarifs d’itinérance dans la téléphonie mobile («roaming») ne seront pas près d’être plafonnés. Le Conseil des Etats veut attendre. Colère à gauche. Explications à droite.

Géraldine Savary: «les sénateurs bourgeois n’ont pas eu le courage de montrer qu’ils sont opposés à une réglementation et font tout pour gagner du temps.»

Géraldine Savary: «les sénateurs bourgeois n’ont pas eu le courage de montrer qu’ils sont opposés à une réglementation et font tout pour gagner du temps.» Image: Jean-Bernard Sieber

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Le roaming? La gauche et la droite s’écharpent sur la question tout en partageant, selon leurs dires, le même objectif: faire baisser la facture du consommateur. Illustration ce matin au Conseil des Etats les sénateurs ont décidé de temporiser et de suspendre la motion proposant de fixer un plafonnement tarifaire, sur le modèle européen.

Attendons pour voir! C’est la réponse de la majorité qui a tout de même gardé le texte sous le coude pour faire pression en attendant que les opérateurs proposent des solutions techniques. Le Conseil des Etats demande également par voie de postulat un nouveau rapport au Conseil fédéral sur les frais d’itinérance (romaning!).

A gauche, c’est la colère. «Si la droite est d’accord sur la nécessité d’agir qu’elle manifeste sa volonté par l’action. En fait, les sénateurs bourgeois n’ont pas eu le courage de montrer qu’ils sont opposés à une réglementation et font tout pour gagner du temps», tempête la sénatrice vaudoise Géraldine Savary.

Attendre les solutions techniques

Le ton est plus apaisé à droite. Urs Schwaller, conseiller aux Etats fribourgeois PDC: «Je me suis laissé convaincre. J’étais prêt à soutenir la motion, mais on nous dit que cela ira plus vite sans elle. Car elle nécessiterait l’élaboration d’une loi et devrait donc passer à nouveau devant les Chambres fédérales. On nous assure que les solutions techniques existent et seront rapidement mises en service.»

Une promesse qui ne convainc pas Géraldine Savary. «Il paraît que les opérateurs pourraient activer une technologie qui permet de se connecter aux opérateurs locaux quand nous sommes à l’étranger. Mais cela ne concernera que le transfert des données, la téléphonie mobile restera encore trois à quatre fois plus chère.»

Les Suisses payent trop!

«Encore une fois, nous avons le même objectif. Moi aussi je m’énerve chaque fois que je dois payer des sommes colossales quand je vais à l’étranger. Si les opérateurs n’agissent pas rapidement, d’ici là fin de l’année, nous pourrons toujours ressortir la motion», plaide Urs Schwaller.

D’ailleurs une deuxième motion, qui demande également un plafonnement tarifaire pour le bien du porte-monnaie des consommateurs, vient d’être largement acceptée par le Conseil national. Affaire à suivre…

«Il faudra bien trouver une solution pour que cela cesse. Nous avons deux rapports du Conseil fédéral sur la table – l’un de 2009 et un complément en 2012 – qui disent noir sur blanc qu’il y a un problème et que les consommateurs suisses payent trop. Alors pourquoi tergiverser?», conclut Géraldine Savary.

Créé: 19.03.2013, 14h23

«Si les opérateurs n’agissent pas rapidement, d’ici là fin de l’année, nous pourrons toujours ressortir la motion», plaide Urs Schwaller. (Image: Keystone )

«Une gifle aux consommateurs»

Voici la réaction de Bon à Savoir, livrée dans un communiqué.

Les lobbyistes. Calquée sur la pétition déposée par Bon à Savoir en juin 2011, la motion d’Ursula Wyss vise au plafonnement des tarifs d’itinérance (roaming). Le renvoi à la commission du National confirme le poids démesuré des lobbyistes à Berne et permet ainsi aux opérateurs de continuer à pratiquer des tarifs exorbitants.

4 fois plus cher. Aucun des arguments évoqués en session ce matin ne permet de justifier qu’un Suisse en séjour dans un pays de l’Union européenne paie ses communications téléphoniques 4 fois plus cher qu’un européen, ni qu’il lui en coûte 3 fois plus pour l’envoi d’un SMS.

Facture salée pour un émail. Pire encore, que le simple envoi d’un courriel de 1Mb lui soit facturé jusqu’à 16 fois (!) plus qu’à son voisin français. De fait, les Helvètes versent chaque année 400 millions de francs en trop à leurs opérateurs, soit plus de 1,7 milliard depuis 2009.

Voici le tableau des écarts tarifaires entre la Suisse et l’UE et le compteur en ligne de Bon à Savoir

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