La gauche veut savoir qui paie les élus au parlement

BerneLe Parti socialiste lance une nouvelle offensive pour que les parlementaires soient forcés à dévoiler tous leurs revenus.

Image: Keystone

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Transparence! Un mot souvent évoqué à Berne ces temps-ci. Le poids du lobbyisme sous la Coupole, récemment mis en lumière par l’affaire du lobby kazakh de la Bernoise Christa Markwalder (PLR), inspire le Parti socialiste. «Les citoyens ont le droit de savoir quels sont les liens d’intérêts des politiciens qui les représentent et par qui ils sont payés!» juge le parti, qui lance une initiative parlementaire pour forcer les élus à déclarer tous leurs revenus. Un texte copié-collé d’une précédente initiative, refusée en 2012. Le PS assure vouloir donner «une nouvelle chance à la droite de corriger le tir». L’offre se justifie car «beaucoup d’élus bourgeois se sont dits scandalisés par l’affaire du Kazakhstan, à entendre Jean-François Steiert (PS/FR). Il ne s’agit en aucun cas de faire de la morale. Mais c’est un pas nécessaire vers la transparence car la Suisse a un énorme retard dans ce domaine.»

«Assez de leçons!»

La moutarde monte au nez de Christophe Darbellay: «Je commence à en avoir assez de ces leçons!» s’exclame le président du PDC suisse, précisément cité ce dimanche par la SonntagsZeitung pour ses nombreux liens d’intérêts. Le site du parlement en recense quinze, allant de la Fête fédérale de tir (bénévole) à la Fédération suisse des casinos (rémunérateur). «Je n’ai pas à détailler ce que rapportent ces mandats, rappelle le Valaisan, mais la moitié environ sont des activités bénévoles. Au total, je gagne environ 170'000 francs par année.» Mais «personne ne compte le temps que je consacre bénévolement à certaines causes ni les dons faits à de nombreuses associations, il y en a pour 30'000 francs par année».

Des gains élevés

Les liens d’intérêts auraient une forte influence sur certaines décisions politiques. Le cas des commissions de la santé (CSSS) du parlement est souvent évoqué. L’an dernier, en pleine campagne pour la votation sur la caisse unique, notre enquête avait montré que pas moins de sept parlementaires fédéraux étaient membres de conseils d’administration ou de direction de caisses maladie. Et cela sans compter les mandats divers et les liens des élus avec les autres lobbies de la santé. Le journal Schweiz am Sonntag a fourni ce dimanche une estimation des revenus «annexes» de certains élus de la CSSS des Etats. Les montants évoqués dépasseraient les 200'000 francs pour quatre sénateurs, dont le Fribourgeois Urs Schwaller (PDC).

«Le problème, ce n’est pas les liens d’intérêts en soi, c’est quand le salaire du parlementaire se réduit à des peanuts par rapport à ce qu’il touche à côté», considère le conseiller national Roger Nordmann (PS/VD). Lui-même préside Swissolar… «Oui, cela me rapporte 10'000 francs par année, dit-il, mais c’est avouable et je pourrais le faire gratuitement.» Guy Parmelin (UDC/VD) relativisait, l’an dernier, l’influence des lobbies: «C’est une chose de vouloir faire passer l’idée d’un lobby en commission, encore faut-il la confronter avec celle du représentant d’un lobby adverse.»

Un autre élu UDC, le Saint-Gallois Lukas Reimann, n’est pas de cet avis, lui qui soutenait en 2011 une initiative fédérale pour la transparence des élus. Un texte avorté, faute de signatures. Mais la messe n’est pas dite. Les jeunes socialistes fribourgeois ont lancé une initiative cantonale il y a quelques jours, intitulée «Transparence du financement de la politique». Son destin sera suivi avec attention, comme laboratoire d’essai pour une offensive fédérale, selon plusieurs élus PS. (24 heures)

Créé: 25.05.2015, 22h40

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