Genève au chevet de son système de psychiatrie pénitentiaire

DétentionPierre Maudet et Mauro Poggia souhaitent des compléments à un rapport sur les soins psychiatriques en détention.

Le Professeur Panteleimon Giannakopoulos, responsable de la gestion médicale de Curabilis.

Le Professeur Panteleimon Giannakopoulos, responsable de la gestion médicale de Curabilis. Image: Olivier Vogelsang

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La réforme du système genevois en matière de psychiatrie pénitentiaire proposée par le professeur Panteleimon Giannakopoulos mérite réflexion. Les magistrats chargés de la Santé et de la Sécurité, Mauro Poggia et Pierre Maudet, réunis hier, relèvent «la qualité d'un document fouillé», mais souhaitent que des compléments lui soient apportés.

«Les deux magistrats cantonaux vont maintenant procéder à une consultation ciblée des milieux concernés par les perspectives qu'ouvre le rapport, à commencer par le conseil d'administration des Hôpitaux universitaires de Genève», indiquent les deux départements dans un communiqué. Une détermination formelle du Conseil d'Etat est annoncée pour le mois de septembre. Il s'agit de répondre aux «questions de fond qui restent en suspens dans le domaine délicat de la psychiatrie pénitentiaire en général, et de la chaîne des soins pour mesures institutionnelles et ambulatoires en particulier».

Les deux conseillers d'Etat avaient demandé en décembre au d'étudier le professeur Panteleimon Giannakopoulos fonctionnement de l'établissement de détention et de soins Curabilis, dont il a repris la gestion médicale. Son diagnostic va plus loin et va même à contre-courant.

A peine transmis ces derniers jours aux autorités, il suscite déjà la controverse. «Ce rapport souligne les incohérences de Curabilis depuis sa création, toujours empêtrée dans des problèmes de fonctionnement deux ans après son ouverture. Mais au lieu d’apporter des solutions, le professeur Giannakopoulos ne résout pas les problèmes. Il les accentue. Il faut plutôt fermer Curabilis!» s’est emporté hier, dans nos colonnes, Jean-Pierre Restellini, médecin-juriste, ex-président de la Commission nationale de prévention de la torture.

L’intégration totale des soins psychiatriques aux détenus au Département de la sécurité et de l’économie constitue un point de rupture majeur. Prédécesseur de Panteleimon Giannakopoulos à Curabilis, Hans Wolff se prononce en tant que membre du Comité européen pour la prévention de la torture: «L'étude comporte de graves erreurs et mène sur une fausse piste. Elle fait croire que la médecine pénitentiaire affiliée à la sécurité est une tendance dans les pays du nord de l’Europe. C’est l’inverse! (...)»

Et de souligner: «L’indépendance du médical est un atout en termes de formation continue, de surveillance des actions. Elle favorise l’engagement de professionnels de qualité et permet d’éviter les conflits d’intérêts. Tout cela a un impact positif sur la sécurité. C’est un grand principe de médecine défendu par l’ONU et le Comité central d’éthique de l’Académie suisse des sciences médicales.» Comité dont Hans Wolff est aussi membre.

Au sein du Grand Conseil, des voix s'élèvent aussi pour avoir un droit de regard sur ce projet.

Créé: 16.06.2016, 16h27

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