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ONGLa Genève internationale plombée par le coronavirus

L'écosystème des décisions et des contre-pouvoirs internationaux en place dans la cité de Calvin a été freiné par la pandémie.

Des centaines d'ONG gravitent autour de la place des Nations à Genève.
Des centaines d'ONG gravitent autour de la place des Nations à Genève.
Keystone

La pandémie rend vulnérables certaines ONG et d'autres acteurs de la Genève internationale, dont la pérennité est menacée. A plus long terme, le recours aux téléconférences pourrait en revanche constituer une opportunité pour cet écosystème, estime le Canton.

«Nous savons qu'un certain nombre d'ONG ont des inquiétudes pour les semaines ou les mois à venir, parfois sérieuses», a expliqué à Keystone-ATS son unité en charge de la Genève internationale. Première victime, la Plateforme de Genève sur le désarmement avait annoncé il y a deux semaines la fin de ses activités après un peu plus de trois ans.

Son directeur avait admis une situation financière «déjà difficile», rendue encore plus impossible par la crise. Selon des sources convergentes, ce dispositif n'était pas suffisamment actif. Mais la question sur laquelle il portait, qui avance peu à Genève avec les divisions à la Conférence du désarmement (CD) depuis des décennies, n'a pas aidé.

Peu d'ONG ont pour le moment dévoilé publiquement les défis auxquels elles vont être confrontées. Parmi elles, TRIAL international a lancé ces dernières semaines plusieurs appels.

«Les prochains mois s'annoncent extrêmement difficiles», faisait remarquer récemment son directeur. En raison des confinements et des restrictions, les activités ont dû être adaptées ou reportées. Côté finances, l'un des principaux bailleurs publics a décidé de retarder le renouvellement de certains contrats, précise aussi le directeur.

Investigations attendues

Pour autant, TRIAL International devrait pouvoir faire face à la crise cette année. Mais «il est très difficile d'évaluer les conséquences à plus long terme pour des ONG comme la nôtre», encore selon le directeur. «Des coupes importantes et des changements de priorité sont en effet déjà visibles et vont certainement s'intensifier au cours des prochains mois».

Plus largement, le Canton explique qu'il est «trop tôt» pour évaluer l'étendue des difficultés. Tout dépendra notamment «de la réponse des donateurs».

Un sondage a été lancé auprès des ONG mais les résultats ne sont pas encore connus. Des investigations similaires menées en Grande-Bretagne montrent que près de la moitié des 116 institutions interrogées pourraient devoir arrêter leurs activités dans les six mois.

Côté organisations internationales et missions d'Etats membres de l'ONU, les autorités genevoises n'ont reçu aucune indication de réductions de personnel. Cette branche du secteur public international pèse environ 31'000 collaborateurs.

Un ralentissement est toutefois observé dans les activités d'accueil des nouveaux employés et de soutien aux délégués présents sur de courtes périodes, dit le responsable cantonal de la liaison avec les ONG. Mais d'autres assistances comme le soutien aux ONG ou sur la question du logement «continuent d'être nombreuses».

Effet difficile à évaluer

La Genève internationale est l'un des centres de réunions les plus importants. Depuis le début de la pandémie, toutes les principales rencontres, une soixantaine, ont été annulées ou reportées en dehors de quelques-unes d'entre elles organisées à distance. L'Assemblée mondiale de la santé aura lieu sur deux jours seulement et en ligne dans une dizaine de jours.

Difficile pour le moment d'évaluer l'impact financier de ces réaménagements. Selon des estimations récentes, les délégués externes contribuent à des retombées de plusieurs dizaines de millions de francs par an.

Pour autant, cet écosystème «s'est rapidement adapté au télétravail et, pour beaucoup de ses acteurs, s'est concentré sur la réponse à la pandémie», fait remarquer le Canton. A plus long terme, «le développement des téléconférences peut être une chance pour la Genève internationale si cela lui permet d'être plus inclusive».

Et les restrictions pourraient aussi contribuer à étendre «le rôle des représentations diplomatiques et des bureaux de représentations d'ONG établies à Genève» selon le responsable des liens avec les ONG. «On pourrait assister à une augmentation des conférences avec participation mixte», physique et en ligne, selon le Canton.

(ats)

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