Genève joue la carte des concierges en matière de sécurité

Cohésion socialeLes concierges ont un rôle important à jouer dans la lutte contre le sentiment d'insécurité et les incivilités, estime Thierry Apothéloz, le maire socialiste de Vernier (GE), ville d'un canton pionnier en la matière.

Thierry Apothéloz, le maire socialiste de Vernier.

Thierry Apothéloz, le maire socialiste de Vernier. Image: LAURENT GUIRAUD-A

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Le maire socialiste de Vernier (GE), Thierry Apothéloz, entend convaincre gérances et propriétaires de réinstaller des gardiens dans les immeubles. Une idée accueillie plutôt favorablement.

A Vernier, comme dans le canton, 50% des sondés disent ressentir un sentiment d'insécurité en fin de soirée, selon le Diagnostic local de sécurité. Les effectifs de la police de proximité ont été doublés à Vernier depuis 2007. Mais la police elle-même dit qu'elle ne peut pas tout faire, qu'elle a besoin des acteurs sociaux, relève le maire.

Selon lui, un maillon manque dans ce partenariat: le concierge. Son cahier des charges est indispensable pour renforcer la sécurité. Il nettoie les immeubles, signale les tags, connaît les habitants, a un regard sur l'immeuble, soutient les personnes isolées ou encore garde un œil sur les jeunes prêts à en découdre ou à faire des bêtises. Il peut appeler les forces de police si besoin.

Or toutes ces fonctions importantes disparaissent au profit des entreprises de nettoyage. Elles travaillent bien, mais ne sont là qu'une fois par semaine, relève le socialiste.

La police genevoise souligne aussi que les concierges sont un élément-clé dans la cohésion sociale. Le concierge fait partie intégrante de la sécurité de proximité et apporte un meilleur sentiment de sécurité aux locataires, ajoute un porte-parole.

Deux axes

Thierry Apothéloz envisage d'agir sur deux axes. D'abord se mettre autour d'une table avec les régies et les propriétaires et discuter. «On va probablement me rétorquer que cela a un coût qui sera répercuté sur les locataires. Mais quand les concierges ont été éliminés des immeubles, l'économie n'est pas allée dans la poche des locataires», note le magistrat.

D'autre part, le maire a lancé une recherche juridique pour savoir comment contraindre au maximum les gérances à doter les immeubles de concierges. «L'autonomie des communes est très faible en la matière», analyse-t-il.

La question se pose pour les immeubles actuels mais aussi futurs. Lors de constructions de nouveaux logements à Vernier, Thierrry Apothéloz proposera à l'exécutif de prévoir des services de conciergerie. «On exige bien des promoteurs qu«ils mettent des bennes pour les gravats. Des efforts pourraient aussi être faits dans ce sens», relève-t-il.

Régies favorables

«Vouloir remettre des concierges dans les immeubles est une très bonne idée», réagit Philippe Angelozzi, secrétaire général de l'Union suisse des professionnels de l'immobilier (USPI) à Genève, représentant les régies. «Cela donne une sécurité et améliore les rapports de voisinage. Ils donnent en quelque sorte une âme à l'immeuble.»

Les régies encouragent l'engagement de concierges, mais elles ne peuvent obliger les propriétaires à le faire. Or les entreprises de nettoyage coûtent moins cher.

«Mais les propriétaires ne se séparent pas des concierges pour faire un maximum de profit. Ils sont tenus de cadrer leurs coûts», explique-t-il. Et d'imaginer la piste d'une incitation fiscale pour qu'ils privilégient un système de conciergerie in situ.

Olivier Français estime, lui aussi, que l'idée est intéressante. Pour le municipal lausannois des travaux et conseiller national PLR, pas sûr que cela coûte plus cher d'avoir quelqu'un qui entretient le patrimoine et surveille les lieux plutôt que de réparer sans fin des déprédations.

L'élu souligne aussi l'importance de la profession pour le lien social. «C'est le principe de l'îlotier, note-t-il. Pour le reste, c'est le choix du propriétaire.» Comment l'inciter? «Par le dialogue, comme veut le faire M. Apothéloz», pense-t-il.

Etat exemplaire

L'ASLOCA se montre dubitative. «Si le concierge peut avoir un effet bénéfique, il peut aussi être une source de conflits», note Anne Baehler Bech, qui recueille régulièrement des plaintes de locataires à ce sujet.

La secrétaire générale de la section vaudoise et députée verte doute que l'Etat puisse s'immiscer dans l'économie privée. Il peut en revanche se montrer exemplaire s'il possède un parc locatif.

Cette option a notamment été suivie à Genève, où la Ville possède 5% du parc immobilier. Les concierges ont été rétablis dans ses immeubles grâce à la conseillère administrative Sandrine Salerno, rappelle sa porte-parole Valentina Wenger. (ats/nxp)

Créé: 22.07.2014, 10h57

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