Genève s'écharpe sur la traversée de la rade

Votations cantonales Les citoyens genevois doivent se prononcer ce 28 septembre sur l'initiative populaire «Pour une traversée de la rade». Le texte de l'UDC prévoit un tunnel de 1,5 km sous l'eau pour désengorger la ville.

Le projet prévoit un tunnel entre l'Avenue de France et le Port Noir.

Le projet prévoit un tunnel entre l'Avenue de France et le Port Noir. Image: TCS Genève

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C'est sur un long serpent de mer que les citoyens genevois doivent se prononcer dimanche 28 septembre: la traversée de la rade. Faut-il construire un pont? Un tunnel? Rien du tout? La question agite la ville depuis des années. Cette fois, les citoyens diront dans les urnes ce qu'ils pensent de l'initiative populaire «Pour une traversée de la rade», qui propose de construire à l'horizon 2020, un tunnel sous l'eau de 1,5 km de long, à deux pas du jet d'eau.

Le texte émane de l'UDC. Il est soutenu par le Mouvement citoyen genevois (MCG) et le Touring Club Suisse (TCS). Le projet est devisé à près de 700 millions de francs selon le TCS, mais au moins 1,2 milliard selon les opposants, ceci à la charge du canton, voire via un partenariat public-privé. Selon un sondage auprès des lecteurs de la Tribune de Genève, le projet passerait avec 53% de pour et 34% de contre.

Désengorger le centre-ville

Argument principal des initiants: la ville a urgemment besoin de ce tunnel pour désengorger le trafic au centre-ville, régulièrement en proie aux bouchons, ce qui affecte l'économie locale et fait perdre quelque 25'000 heures de travail par jour, selon eux.

Selon le comité, le tunnel permettrait ainsi de faire baisser le trafic sur les quais et sur le pont du Mont-Blanc de 50%. Un point non négligeable quand on sait que la région devrait accueillir quelque 100'000 habitants ces 15 prochaines années.

Du côté des autorités, on ne conteste pas que le trafic pourrait baisser au centre-ville. Mais on rétorque qu'il pourrait augmenter jusqu'à 50% sur les routes qui permettent d'accéder au tunnel.

Trop cher et pas écolo

En outre, tous les opposants, soit les autres partis, ainsi que les organisations environnementales, rejettent le projet, qu'ils jugent trop cher, dépassé et pas du tout écologique. En effet, le tunnel, risque d'altérer les nappes phréatiques qui fournissent le 20% de l'eau potable de Genève. Il risquerait aussi d'endommager un parc situé non loin ainsi que les rives du lac, selon une étude que les opposants ont commandité de leur côté.

Du côté de la Confédération, la conseillère fédérale Doris Leuthard vient de rappeler durant la session d'automne que la traversée du lac n'était pas une priorité nationale et que les travaux ne devraient pas débuter avant 15 ans, voire 30 ans.

Nouvelle initiative

Enfin, du côté de la droite, le PLR et le PDC n'ont pas voulu attendre le verdict des urnes au sujet du tunnel pour lancer début septembre une nouvelle initiative sur la traversée du lac. Le texte, qui se veut une alternative au projet de l'UDC, prévoit d'inscrire dans la Constitution cantonale le projet d'un contournement autoroutier de Genève par le lac. Et laisse le choix d'un tunnel ou d'un pont.

Le serpent de mer n'a donc pas fini d'agiter les esprits dans la cité de Calvin...

Créé: 28.09.2014, 12h15

Plus d'un siècle de débat

1896 : 34 ans après la construction du pont du Mont-Blanc, Albert Trachsel en propose un autre, sans succès.

1985 : Les associations d’automobilistes, emmenés par le TCS, lancent une initiative pour une traversée de la rade entre le Pont du Mont-Blanc et l’axe Avenue de France-La Nautique.

1988 : le texte est approuvé à 68,5%.

1996 : partisans et opposants du projet se déchirent autour de deux projets, l’un prévoyant un pont, l’autre un tunnel. Les deux projets sont balayés par plus de 2/3 des voix.

2004 : un groupe de travail réunissant des associations économiques et environnementales proposent dans un rapport un tracé entre le Port-Noir et l'avenue de France.

2005 : une pétition, soutenue par la commission des transports du Grand Conseil demande de traiter la traversée de la rade en priorité.

2006 : des études fustigent le rapport de 2004, estimant que la circulation allait s’aggraver qu’il pourrait y avoir des dégâts à la nappe phréatique.

2007: le Conseil d'Etat opte pour une traversée autoroutière du lac.

2012: l'UDC lance son initiative en s'appuyant sur le rapport de 2004.

2014: Le PLR et le PDC lancent une nouvelle initiative pour une traversée du lac, sans préciser le choix entre un pont ou un tunnel.

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