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«Genève sera en semi-confinement»

Le canton de Genève proclame à son tour lundi l'état de nécessité pour lutter contre l'épidémie de coronavirus.

Les nouvelles mesures annoncées par le Conseil fédéral sont entrées en vigueur lundi à minuit. Désormais, toutes les manifestations publiques ou privées sont interdites et seuls les commerces de première nécessité sont ouverts.
Les nouvelles mesures annoncées par le Conseil fédéral sont entrées en vigueur lundi à minuit. Désormais, toutes les manifestations publiques ou privées sont interdites et seuls les commerces de première nécessité sont ouverts.
Keystone
Trois cas de contamination au Covid-19 sont déclarés en Europe le 25 janvier. C'est la France qui «ouvre le bal». Le lendemain, la Suisse durcit les mesures de déclaration pour le coronavirus.
Trois cas de contamination au Covid-19 sont déclarés en Europe le 25 janvier. C'est la France qui «ouvre le bal». Le lendemain, la Suisse durcit les mesures de déclaration pour le coronavirus.
Keystone
Le 16 mars, le Conseil fédéral déclare reprendre la main sur les cantons pour homogénéiser les pratiques de protection de la population. Il déclare l'état d'urgence.
Le 16 mars, le Conseil fédéral déclare reprendre la main sur les cantons pour homogénéiser les pratiques de protection de la population. Il déclare l'état d'urgence.
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«Restez chez vous!» a insisté devant les médias le président du gouvernement Antonio Hodgers, appelant au civisme. «Le Conseil d'Etat a pris ce matin des mesures fortes de restriction pour gagner en vitesse. Genève sera en semi-confinement», a-t-il précisé.

Concrètement, les commerces fermeront dès 18 heures. Resteront ouverts les commerces alimentaires, les pharmacies, les drogueries, les stations-service et les kiosques. Les marchés de nourriture seront autorisés. Les coiffeurs et les barbiers ne peuvent plus exercer, que ce soit en salon ou à domicile. Idem pour les prostituées.

Les restaurants et bars seront aussi fermés dès 18 heures. Ils pourront offrir un service à l'emporter ou à domicile, dans le respect des distances sociales. Les hôtels resteront ouverts en maintenant uniquement le service en chambre. En revanche, les cinémas, théâtres, centres sportifs et autres lieux de loisirs seront fermés. Ces mesures s'appliquent jusqu'au 29 mars et pourront être prolongées.

Plan d'urgence

Le Conseil d'Etat a formellement appelé tous les employeurs à réduire leurs activités au strict minimum. Lui-même demande à 80% du personnel du petit Etat de rester à la maison pour pratiquer, dans la mesure du possible, du télétravail. Seuls les fonctionnaires fournissant des prestations prioritaires restent sur leur lieu de travail. Les rémunérations sont inchangées, a assuré la cheffe du Département des finances Nathalie Fontanet.

«La situation économique est compliquée et elle va s'aggraver», a relevé Pierre Maudet, chef du Département du développement économique. Le conseiller d'Etat a annoncé un plan d'urgence économique pour compléter les 10 milliards de francs d'aide promis aux entreprises par le Confédération. Il est aussi en contact avec les régies pour solliciter des reports des échéances de loyers.

Auto-contrôle

Premier canton à le faire, Genève restreint par ailleurs la liberté de réunion. Les manifestations et rassemblements publics ou privés, à l'intérieur ou en extérieur de plus de cinq personnes sont interdits. Les réunions professionnelles sont admises. «Il n'est pas question de mettre un policier derrière chaque citoyen», a précisé le conseiller d'Etat Mauro Poggia, en charge du Département de la sécurité, de l'emploi et de la santé, qui compte sur l'auto-contrôle. En revanche, des sanctions pénales et administratives sont prévues pour les bars ou restaurants ne respectant pas les nouvelles mesures.

La justice tournera aussi au ralenti en laissant le personnel non indispensable à domicile, en télétravail. Mais certaines prestations ne peuvent pas être supprimées, comme les activités liées à la détention ou aux mesures de protection de l'adulte et de l'enfant, a fait savoir le procureur général Olivier Jornot.

A quel prix?

Comme annoncé vendredi, les écoles sont restées fermées lundi. Un accueil minimum a été mis en place pour les enfants dont les parents travaillent dans des professions prioritaires. Selon les écoles, le nombre de demandes d'accueil varient entre aucune et 20 élèves.

Mauro Poggia a directement interpellé les adolescents et les jeunes adultes qui seront tentés de sortir en pensant qu'ils sont préservés du coronavirus. «Ils peuvent être vecteurs comme victimes de ce virus», a-t-il insisté. Et le président du Conseil d'Etat Antonio Hodgers de conclure: «Certains pensent encore que ce virus est comme un autre et que l'humanité subsistera. Mais à quel prix?»

(ats)

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