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TraficLe tunnel routier sous la rade boit la tasse dans les urnes

Les Genevois ont nettement refusé l'initiative de l'UDC qui demandait la construction d'une petite traversée afin de désengorger le trafic au centre-ville. Les regards se portent désormais sur une grande traversée plus au large.

Excédés par les problèmes récurrents de circulation, les initiants auraient voulu commencer par la construction de la petite traversée et poursuivre avec la grande. Les Genevois leur ont dit «non».
Excédés par les problèmes récurrents de circulation, les initiants auraient voulu commencer par la construction de la petite traversée et poursuivre avec la grande. Les Genevois leur ont dit «non».
, Keystone

L'initiative de l'UDC soutenue uniquement par le MCG a été refusée dimanche 27 septembre par 63,64%, avec un taux de participation de 57%. Ce texte visait à inscrire dans la Constitution la construction d'ici six ans d'un tunnel à quatre voies entre l'avenue de France et le Port-Noir ainsi que d'un tunnel de liaison à deux voies sur la rive gauche.

Le projet destiné à libérer du trafic le Pont du Mont-Blanc et les quais était estimé à 1,2 milliard de francs. Confronté à une situation budgétaire difficile, le Conseil d'Etat, fermement opposé à cette petite traversée, avait annoncé que ce tunnel n'était réalisable qu'au prix de sacrifices douloureux.

Campagne très émotionnelle

Au-delà de l'aspect financier, les nombreux opposants au tunnel sous la rade estiment que ce projet qui date d'une dizaine d'années est complètement dépassé en termes de mobilité. Loin de désengorger le centre-ville, ce tunnel créerait au contraire davantage de bouchons, en particulier sur les axes d'accès. Les études contradictoires à ce sujet ont d'ailleurs animé la campagne très émotionnelle.

Les autorités ainsi que l'ensemble de la classe politique soutiennent l'autre option de traversée du lac, plus au large et plus ambitieuse. Cette variante devisée à 3 milliards de francs permet de boucler le contournement autoroutier de Genève et éventuellement de décrocher un financement fédéral.

Incertitudes fédérales

Mais cette hypothèse a perdu du crédit deux semaines avant la votation. En effet, la conseillère fédérale Doris Leuthard a indiqué devant les parlementaires que le Conseil fédéral ne pouvait pas s'engager actuellement sur le financement de la traversée autoroutière du lac.

Ce tronçon ne fait pas partie des mesures prioritaires pour résorber les goulets d'étranglement sur les routes nationales, a-t-elle rappelé. La décision d'intégrer la traversée du lac au programme des routes nationales à charge de Berne ne sera prise qu'ultérieurement, après la réalisation d'analyses complémentaires sur le développement territorial.

Encore une initiative

Cette grande traversée ne se profile donc qu'à l'horizon 2030, ce qui semble beaucoup trop lointain pour l'UDC, le MCG ainsi que le TCS qui a apporté son soutien aux initiants. Excédés par les problèmes récurrents de circulation, ils auraient voulu commencer par la construction de la petite traversée et poursuivre avec la grande.

Ce sujet devrait rapidement revenir dans l'agenda politique. L'Entente (droite) a lancé fin août une initiative pour tenter de donner une légitimité démocratique à cette grande traversée qui fait partie du plan de mobilité du canton.

Les Genevois avaient accepté une première fois en 1988 une initiative du TCS pour une traversée de la rade. Mais elle ne s'est jamais concrétisée étant donné qu'en 1996 le peuple qui était appelé à se prononcer sur la variante «tunnel» ou «pont» a finalement refusé l'une et l'autre.

ats

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