Gilles Marchand réagit après la claque du Conseil national

SSRLe patron de la radio-TV publique explique pourquoi la réorganisation se fait dans l’intérêt du public.

«Dites-moi quel média suisse travaille avec 7 sièges principaux et 17 bureaux régionaux? La réalité objective est que nous sommes hyper décentralisés et contents de l’être.» Gilles Marchand, patron de la SSR.

«Dites-moi quel média suisse travaille avec 7 sièges principaux et 17 bureaux régionaux? La réalité objective est que nous sommes hyper décentralisés et contents de l’être.» Gilles Marchand, patron de la SSR.

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La réorganisation de la SSR, qui centralise l’actualité à Lausanne et à Zurich, a provoqué une grosse vague d'insatisfaction au Conseil national mardi. Par 120 voix contre 54, les élus ont donné suite à cinq initiatives parlementaires visant à ancrer la répartition des sites de production entre Genève, Lausanne, Berne et Zurich. Comment réagit Gilles Marchand, le directeur de la SSR, suite à ce mécontentement? Notre interview.

Deux tiers des élus du Conseil national vous demandent de revoir vos plans. C’est une sacrée claque, non?
Le parlement a dit très clairement son attachement total au fédéralisme, à la décentralisation. Je le comprends et le respecte bien sûr. La discussion politique va se poursuivre dans la commission du conseil des États. Mais je rappelle aussi que nous avons 7 studios principaux et 17 studios régionaux. On est sans doute l’entreprise média la plus décentralisée du monde.

Vous concentrez quand même les forces de la SSR sur Lausanne et Zurich pour tout ce qui touche à l’actualité, donc le cœur de la SSR.
Si on résume la SSR à la stricte actualité alors on peut voir les choses comme cela. Mais si on regarde l’ensemble de nos offres d’information, on n’est pas du tout dans un processus de centralisation.

Le président du PDC vous accuse de mettre à mal la cohésion nationale. Cela vous touche?
Bien sûr, d'autant plus que c’est faux. Notre raison d’être est de contribuer à la cohésion nationale. Les projets de réorganisation ont justement pour but d’éviter des coupes dans la production journalistique. Il vaut mieux faire des économies dans les infrastructures que dans le programme si on pense d’abord au public. Nous voulons aussi renforcer à Berne la rubrique Suisse et les correspondants dans les cantons. Il y a vraiment un grand malentendu! Nous sommes dans une situation où la publicité baisse massivement et où il faut faire des économies, comme le font la plupart des médias. Et d'ailleurs c’est aussi ce que l’on a demandé à la SSR durant la campagne «No Billag».

On vous reproche d’imiter la centralisation des médias privés…
Ce reproche est vraiment excessif. Dites-moi quel média suisse travaille avec 7 sièges principaux et 17 bureaux régionaux? La réalité objective est que nous sommes hyper décentralisés et contents de l’être. Face à la pression économique massive qui va s’abattre sur nous, j’aimerais libérer des marges de manœuvre pour développer le terrain cantonal avec plus de correspondants. Des correspondants qui soient capables de faire notamment de la production multimédia et être au plus proche de la population. C’est le but! Pour y arriver, il faut qu’on s’organise de la manière la plus efficiente possible. Avec les politiques, nous avons peut-être des divergences sur les modalités alors que nous poursuivons finalement le même but.

Ne faudrait-il pas un geste concret de votre part pour faire baisser la pression? Ou avez-vous peur de passer ensuite sous la coupe des politiques?
Cela ne se pose pas en ces termes. Ce n’est pas une question de pression. Nous menons une discussion professionnelle, journalistique avec les rédactions en chef alémanique et romande. Pour ce qui est de Genève et de Lausanne, il s’agit maintenant de déterminer les activités pour chaque lieu. Pourquoi? Parce que dans un monde numérique les contenus s’organisent par thèmes plutôt que par canal radio, TV ou digital. Notre rubrique Sports le fait déjà très bien. La consultation du programme à la carte croît à une vitesse époustouflante. En intégrant l’audio et la vidéo, nous devons aussi nous réorganiser pour proposer du journalisme d’expertise. Un spécialiste politique à Berne par exemple pourra ainsi intervenir aussi bien à la TV, à la radio ou pour le digital afin de commenter un sujet de politique fédérale. On veut mettre nos compétences au meilleur endroit possible.

Le gouvernement genevois s’est plaint de n’être pas entendu ni écouté.
Je comprends ce sentiment et nous avons immédiatement proposé une nouvelle rencontre au Conseil d’État genevois. On a documenté de façon très précise la situation et nos différentes options. Les décisions ne sont pas arrêtées en Suisse romande. Cela diffère de la Suisse alémanique. Là, notre conseil d’administration a pris une décision de principe sur les transferts et la nouvelle directrice de SRF regarde concrètement comment organiser cela. Il y a là aussi diverses options professionnelles possibles.

Est-ce que le déménagement à l’EPFL est reporté suite à toute cette polémique?
On a perdu deux ans avec l’initiative «No Billag». Le déménagement de la Sallaz au campus à l’EPFL reste prévu pour 2024.

Créé: 19.06.2019, 19h49

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