La grève des femmes doit-elle être ouverte à tous?

Face-à-faceUne élue libérale-radicale et une syndicaliste confrontent leurs idées sur la place des hommes lors des manifestations du 14 juin.

Claudine Esseiva, ancienne secrétaire des femmes PLR (à g.) et Michela Bovolenta (à dr.)

Claudine Esseiva, ancienne secrétaire des femmes PLR (à g.) et Michela Bovolenta (à dr.) Image: Keystone / DR

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Les hommes? Ils sont priés de rester en retrait lors de la grève féministe du 14 juin. Les organisatrices de cette journée d’action souhaitent que ce soient les femmes, et elles seules, qui soient mises en avant. Cette position, défendue par la syndicaliste Michela Bovolenta, n’est pas du goût de Claudine Esseiva, ancienne secrétaire des femmes PLR. Débat.


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Claudine Esseiva

Faut-il que les hommes se joignent aux manifestations du 14 juin?
Oui, absolument. Si on veut une société dans laquelle les femmes et les hommes sont coresponsables tant dans la vie familiale que la vie professionnelle, alors il faut faire de ce débat sur l’égalité un débat de société. J’irais même plus loin. C’est quand on aura réussi à expliquer aux hommes la valeur ajoutée qu’offre une vraie société égalitaire que les femmes auront vraiment gagné.

Quelle est la place des hommes dans ce mouvement?
C’est de s’engager au jour le jour en faveur d’une société plus égalitaire. Les hommes doivent dire que les discriminations - par exemple salariale - ne sont pas acceptables. Osez dire: «Ce n’est pas correct». Si on exclut les hommes ce jour-là, alors nous reproduisons une des discriminations qui sont dénoncées. Ce n’est pas comme cela que les choses vont évoluer

Exclure les hommes n’est-ce pas une forme d’inégalité?
Oui, j’ai de la peine avec le fait de toujours vouloir tout opposer dans ce débat sur l’égalité, que ce soit les hommes et les femmes, la gauche et la droite. Ce sera bientôt les Vaudois contre les Genevois! Il faut vraiment qu’on puisse dépasser cela. Il ne faut pas faire de la question égalitaire une nouvelle lutte des classes. Nous ne sommes plus dans cette situation. Il y a aujourd’hui beaucoup de pères qui travaillent à temps partiel - comme leur partenaire - et qui partagent équitablement les tâches familiales


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Michela Bovolenta

Faut-il que les hommes se joignent aux manifestations du 14 juin?
Les hommes qui sont favorables à l’égalité peuvent se montrer solidaires, sans être en première ligne. Ce jour-là, ce seront les femmes qui doivent occuper l’espace public. Un espace qui a été fait par et pour les hommes. Pour éviter de reproduire le mécanisme de la domination masculine, les hommes qui veulent soutenir les revendications des femmes sont donc les bienvenus, mais pas sur le devant de la scène.

Quelle est la place des hommes dans ce mouvement?
Cette grève est une action féministe en premier lieu. Si les hommes veulent se montrer solidaires, ce qu’ils peuvent faire d’abord c’est de permettre aux femmes, que ce soit leur compagne, leur sœur, leur mère, leur collègue de travail ou leur voisine, de participer à cette journée de grève. Garder les enfants, ou assurer un service minimum ce jour-là, notamment dans les hôpitaux. Sur les lieux de travail, la manière de participer doit être discutée avec les collègues femmes.

Exclure les hommes n’est-ce pas une forme d’inégalité?
Cette grève sert à dénoncer les inégalités qui concernent les femmes. On parle de discrimination sur le lieu du travail, de différences salariales, de violences, que ce soit des violences physiques ou du harcèlement de rue. Ce sont des combats qui touchent les femmes et les minorités. C’est pourquoi nous parlons d’hommes solidaires. Des hommes qui ne sont pas directement concernés, qui veulent aussi se battre pour l’égalité.


Commentaire

Lise Bailat : Une place aux hommes dans la grève des femmes

Créé: 26.04.2019, 17h24

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