La hausse des coûts de l’asile inquiète les cantons

FinancesLe National accorde une rallonge de 354 millions au budget 2016, mais Genève et Vaud s’attendent aussi à des surcoûts.

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La rallonge demandée par le Conseil fédéral pour financer l’asile a passé sans trop de problèmes la rampe du Conseil national, mardi. Il s’agissait d’allouer 354 millions de francs supplémentaires au budget 2016 pour faire face à une hausse des coûts due pour l’essentiel à des arrivées de requérants plus importantes que prévu. On a pris pour base, au moment d’établir le budget l’an dernier, l’hypothèse de 26 000 nouvelles demandes attendues pour 2015. Or il y en a eu près de 40 000.

Seuls les représentants du groupe UDC se sont opposés à ce complément. Le sujet inquiète le ministre des Finances, l’UDC Ueli Maurer, qui a répété le chiffre lâché publiquement il y a quelques jours par le directeur de l’Administration fédérale des finances: 2,4 milliards de francs, soit ce que l’accueil des requérants et des réfugiés pourrait coûter à la Suisse en 2018 – presque deux fois plus qu’en 2015.

Forte hausse à Genève

Mais la thématique fait aussi frémir certains cantons. A Genève, Mauro Poggia (MCG), ministre en charge de l’Aide sociale et de la Santé, s’attend lui aussi à des dépenses en forte hausse: «Le chiffre pour 2015 se monte à environ 42 millions rien que pour ce qui est de l’Hospice général, explique-t-il. Si l’on y ajoute les autres dépenses dans le domaine de la santé et de l’instruction publique, on dépasse les 70 millions. Cela devrait augmenter cette année, même si le nombre de requérants qu’on nous attribue est inchangé.»

Les coûts dépendent en effet non seulement du nombre de demandes d’asile, mais aussi de leur taux d’acceptation. Or ce dernier a été nettement plus élevé l’an passé que les années précédentes. En cause, les pays de provenance de la majorité des demandeurs, qui sont ces derniers temps des contrées en guerre où l’on ne peut que difficilement les renvoyer – Syrie, Afghanistan, Erythrée, etc. Pour le canton de Vaud, le quotidien Le Temps a articulé récemment le chiffre de 45 millions de surcoûts, que le ministre des Finances Pascal Broulis ne confirme pas. Il évoque par contre une dépense «bon an, mal an de 40 millions» en précisant qu’il faut compter aussi les prestations aux niveaux scolaires et des soins.

Etude lancée

«Le problème auquel sont confrontés plusieurs cantons, c’est que les forfaits alloués par la Confédération par requérant ne sont pas suffisants pour couvrir les coûts, déclare le Jurassien Charles Julliard (PDC), président de la Conférence des directeurs cantonaux des finances. Je peux donner l’exemple de l’organisme qui s’occupe chez nous de l’accueil des requérants. Il a fallu récemment le recapitaliser parce que les contributions fédérales n’étaient plus suffisantes. Ce sont surtout les cantons latins qui ont exprimé leur inquiétude. Et comme la Confédération fait jusqu’ici la sourde oreille, nous, les Latins, avons lancé une étude afin de savoir plus précisément ce que coûte l’asile pour les cantons. Il faut savoir que, selon les endroits, les communes sont aussi mises à forte contribution.» (24 heures)

Créé: 31.05.2016, 19h55

Les réfugiés continueront d’être accueillis en Suisse

Les requérants d’asile et les réfugiés continueront d’être accueillis en Suisse. Le National n’a pas donné suite, mardi, à une initiative parlementaire de l’UDC qui demandait que la Confédération gère à distance des camps de réfugiés dans les régions de crise.

Il est grand temps de fermer les portes de la Suisse, qui fait face à des coûts qui n’ont jamais été aussi élevés dans ce domaine, a argumenté Céline Amaudruz (UDC/GE). La Suisse devrait ainsi pouvoir contraindre les requérants d’asile, les personnes admises à titre provisoire et les réfugiés reconnus à séjourner dans un centre situé dans un Etat tiers, près des zones de crise. A condition toutefois que leur sécurité y soit garantie.

Le PS, le PLR et le PDC se sont unis pour rejeter la proposition (127 voix contre 63 au final). La Convention de Genève reconnaît le parcours migratoire de la personne qui est en fuite, a rappelé Cesla Amarelle (PS/VD). Elle ne permettrait en aucun cas d’externaliser l’asile, comme le voudrait le texte de l’UDC. La Suisse ne peut pas modifier unilatéralement le statut de réfugié et remettre en question un principe fondamental du droit international. En outre, il est illusoire qu’un Etat cède une partie de son territoire pour l’accueil extraterritorial de réfugiés. ATS

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