Haute voltige au Lauberhorn avec les Tiger de l’armée

Evénement24 heures s’est immiscé au cœur de la Patrouille suisse, dans un avion de ligne très particulier. Une opération délicate au-dessus des manches de ski du Lauberhorn.

L’avion de Swiss, entouré des Tiger (ici à 10 m), a réussi à s’approcher à 300 m de la fameuse Tête de Chien (le Hundschopf) du Lauberhorn, là où les descendeurs à skis font un saut d’une quarantaine de mètres entre deux rochers.
Vidéo: Jean-Paul Guinnard

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À dix petits mètres de notre avion, les six pilotes des Tiger nous saluent. Mais les sourires laissent vite place à une concentration extrême. L’exercice de ce vendredi est délicat et la météo fantasque. L’opération vise à orchestrer des voltiges à quelques centaines de mètres au-dessus des manches de ski en cours au Lauberhorn (BE). Les chasseurs de l’armée y parviennent sans trop de mal. Mais l’opération est bien plus ardue pour les pilotes du Bombardier CS300 de la compagnie Swiss, un avion de ligne qui est censé planer dans des cieux moins hostiles.

Là, aux côtés du Mönch, de l’Eiger, de la Jungfrau et du bien nommé Schreckhorn (Schreck signifie la peur en allemand), impressionnants massifs montagneux de 4000 m d’altitude, les deux commandants de bord, dont le Vaudois Robert Emeri (Villars-sur-Ollon) réussissent néanmoins à s’approcher à 300 m de la fameuse Tête de Chien (le Hundschopf), où les descendeurs à ski font un saut de 40 mètres entre deux rochers. D’ailleurs, pour réaliser ce petit exploit, les pilotes de Swiss ont dû, tout comme les skieurs, se préparer longuement.

Et bien visualiser préalablement leur périple: «Nous avons d’abord élaboré une configuration de vol tenant compte de la topographie montagneuse du site, en préparant des rayons de virages que l’enveloppe aérodynamique de notre avion pouvait assurer, explique Robert Emeri. Nous nous y sommes entraînés une vingtaine d’heures sur simulateur, puis en l’air, avec la Patrouille Suisse. Dans une opération de ce genre, il s’agit d’avoir réciproquement une confiance à 100%.»

Des virages très serrés

Les virages réalisés par le Bombardier CS300 vendredi ont ainsi atteint 60 degrés, contre 30 au maximum lors d’un vol de ligne. Car il ne s’agissait pas uniquement de tourner au-dessus de Wengen (BE), mais surtout de remonter la vallée de Lauterbrunnen, de se faufiler entre le Lauberhorn et la face nord de l’Eiger et de s’approcher de la Kleine Scheidegg (2060 m). Conséquence, l’accélération de l’avion a atteint régulièrement 1,6 g. Deux fois plus que lors d’un vol de ligne habituel. Les appareils photo et le stylo sont devenus plus lourds à porter. Parallèlement, il a aussi fallu trouver par moments la vitesse optimale entre les rapides chasseurs de l’armée et le plus lent CS300.

Autres difficultés: la coordination. Car la démonstration aérienne devait s’insérer durant les 25 minutes de battement entre les deux courses du combiné du Lauberhorn. Or la météo récalcitrante a réduit cette fenêtre temporelle. Et la Patrouille Suisse est arrivée avec un peu de retard. L’exercice sur simulateur n’est pas en mesure de régler les imprévus. Mais au final, les commandants de bord Andres Müller, Robert Emeri et le copilote Ivo Vogel, choisis pour leurs compétences de vol dans les Alpes, et également sur chasseur de l’armée, ont accompli leur mission en réussissant la plupart des voltiges prévues.

Avec, de surcroît, un avion qui constitue une véritable œuvre d’art. Son magnifique habillage, évoquant des thèmes et des lieux du Pays romand, a été réalisé par l’artiste veveysan Mathias Forbach alias Fichtre. La Compagnie Swiss a tenu par là à montrer son attachement à la «Romandie». En prenant des risques, de surcroît. (24 heures)

Créé: 13.01.2018, 13h26

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Haute voltige dans les airs avec les chasseurs de l'armée

Haute voltige dans les airs avec les chasseurs de l'armée 24 heures s'est immiscé au cœur de la Patrouille suisse, dans un avion de ligne très particulier. Une opération délicate au-dessus des manches de skis du Lauberhorn.

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