Une héritière pincée pour contrebande de châles

GrisonsUne riche Allemande a vendu illégalement à St-Moritz des dizaines de pièces en laine shahtoosh, une laine obtenue à partir de poils d'antilope du Tibet, une espèce menacée d'extinction.

Un châle en shatoosh vaut quelque 4000 francs la pièce.

Un châle en shatoosh vaut quelque 4000 francs la pièce. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Les Grisons sont devenus en 2015 la plaque tournante d'un trafic de châles fabriqués en laine shahtoosh, une laine obtenue à partir de peau d'antilope du Tibet, un animal menacé d'extinction. Derrière ce trafic, une riche héritière allemande, explique lundi le Blick sur son site internet.

Une histoire que les avocats de la jeune femme auraient voulu taire, au point que le Blick aurait fait l'objet d'une injonction temporaire en mars dernier de ne pas révéler l'affaire. Mais le quotidien a obtenu gain de cause et raconte ce qu'il s'est passé.

Saisie aux douanes grisonnes

Le journal explique ainsi qu'en mars 2015, un fourgon immatriculé à Munich a été pincé à la frontière à Martina (GR) avec 15 foulards rares à bord, des étoffes à 4000 francs pièce sur le marché noir en Suisse. Le chauffeur du van avait alors expliqué aux douaniers qu'il avait pour mandat de livrer les bagages de sa patronne bavaroise dans un hôtel de luxe de St-Moritz. Hic: il n'avait pas les autorisations pour importer les châles.

Et il ne savait pas non plus, explique le Blick, que sa cheffe était dans le viseur des douaniers allemands et suisses qui savaient, eux, que la riche héritière passait ses vacances dans les montagnes helvétiques et possédait une demeure dans la banlieue munichoise.

Des douaniers qui lancent alors discrètement le lendemain une razzia sur le coup de 7h le matin dans un célèbre hôtel de luxe dans la suite occupée par la millionnaire. Neuf autres châles sont confisqués. Parallèlement, la villa munichoise de la riche héritière est elle aussi perquisitionnée, raconte le Blick. De nouveaux châles y sont saisis, de même que l'ordinateur d'un employé.

100 à 125 châles

Le journal raconte que la jeune femme a été en possession de quelque 100 à 125 châles en 2015. Après la razzia à St-Moritz, elle aurait demandé à son personnel de transférer immédiatement les étoffes depuis sa villa allemande. Les foulards auraient alors passé par l'appartement de l'ancien compagnon de l'héritière. Avant d'être stockés dans le logement de son concierge.

La riche Allemande a dû payer une amende de 8900 francs auprès de la justice suisse, explique le journal qui s'est procuré un document de l'administration des douanes datant de juillet 2016.

Un commerce qui continue de fleurir

Selon les dernières statistiques de la Confédération qui a publié en juillet 2016 des chiffres à ce sujet, 70 châles en laine d'antilope ont été saisis en 2016. La Suisse et INTERPOL ont créé l'été dernier à Lyon un réseau qui a pour objectif d’intensifier la lutte contre le braconnage, la contrebande et le commerce de ces étoffes de luxe.

Un commerce qui est interdit depuis 1979. L'antilope du Tibet est en effet inscrite à l’annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Or, pour produire un châle, il faut abattre de deux à cinq animaux. Ces abattages ont entraîné la disparition de plus de 90% de l'espèce depuis la fin du siècle dernier.

Mais le commerce continue de fleurir. Car la laine shahtoosh est souvent désignée comme la reine des laines et est très prisée de la jet-set. Particulièrement chaude, elle est aussi fine que la peau d'un bébé, au point qu'un foulard peut être passé à travers une bague.

(nxp)

Créé: 29.05.2017, 10h26

Articles en relation

La Suisse veut enrayer le trafic illégal de châles en laine shahtoosh

Combat Menaçant d'éteindre l'espèce des antilopes tibétaines, la production de laine shahtoosh est combattue par les autorités suisses. Plus...

Publicité

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 4

«Christian Constantin dérape une fois de trop», paru le 23 septembre 2017.
(Image: Valott) Plus...