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«Exclure» les hommes le 14 juin? Les avis divergent

Les femmes veulent être au centre de l’attention lors de la grève féministe. Elles invitent les hommes à rester en retrait, à la maison ou au travail.

C’est comme dans les contrats, il faut toujours se méfier du petit astérisque qui renvoie à une note en bas de page. Sur tout le matériel de communication en vue de la grève féministe, le mot femmes est systématiquement accompagné d’une étoile qui renvoie à une précision importante: «La grève s’adresse à toute personne qui n’est pas un homme cisgenre.» En clair, les hommes qui se reconnaissent dans le genre qui leur a été attribué à la naissance ne sont pas les bienvenus.

L’homme qui se sent féministe sera-t-il persona non grata le 14 juin? «S’il y a des hommes qui veulent descendre dans la rue, ils doivent rester derrière et ne pas se mettre au centre de l’attention, a confirmé ce matin Tamara Funicello, présidente démissionnaire de la Jeunesse socialiste suisse, sur les ondes de la SSR. Car le problème aujourd’hui, c’est justement que les hommes sont toujours au centre de l’attention. Regardez dans les médias! Or cette action est organisée par et pour les femmes. Ce sont elles et elles seules qui doivent être au centre de cette journée.»

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Pour les hommes qui aimeraient se montrer solidaires, la Bernoise propose deux options. «Les hommes qui se battent pour l’égalité peuvent organiser une autre grève à un autre moment. On les invite chaleureusement à s’engager en ce sens. Mais pas le 14 juin.» L’option la plus simple pour montrer son soutien est toutefois que les hommes délestent les femmes de leurs charges quotidiennes ce jour-là. «Il faudra bien quelqu’un qui s’occupe du ménage et des enfants. Car malgré tout ce qu’on dit, cela reste des tâches majoritairement réalisées par les femmes», lâche Tamara Funicello. Il faudra aussi des hommes qui restent travailler. Car si les femmes sont dans la rue, il faudra tout de même que les entreprises et autres administrations offrent un service minimum.

Si les mots de Tamara Funicello ont une telle importance, c’est qu’elle est, avec Géraldine Savary, l’instigatrice de la grève des femmes. «Dès le départ, on a résisté à l’idée d’intégrer les hommes dans cette action, explique la sénatrice vaudoise. Il a fallu se battre contre les partis, les syndicats, mais cela a permis de dégager de nouvelles revendications comme les risques encourus dans l’espace public ou le respect du corps lors des interventions médicales. Les femmes ont voulu être les actrices de leur propre destin, et c’est normal qu’elles récoltent les fruits de ce travail lors de cette journée de mobilisation. Il ne faut pas voir cette «exclusion» des hommes comme quelque chose d’hostile, car eux aussi sont impactés par l’inégalité, mais c’est vrai que le meilleur service qu’ils peuvent nous rendre ce jour-là, c’est de gérer les affaires courantes à la maison.»

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Cette vision, Christa Markwalder (PLR/BE) ne la comprend pas. «Si vous voulez l’égalité entre les sexes, il faut avoir les hommes avec vous. Ne pas les impliquer est une erreur.» Pire, selon la conseillère nationale, cette stratégie serait contre-productive, car elle renverrait chaque genre dans son stéréotype. «Ce n’est pas faire preuve de beaucoup d’estime envers tous ces hommes qui partagent les tâches ménagères ou l’éducation des enfants. Or, de plus en plus de jeunes pères concilient déjà avec leur partenaire, vie familiale et vie professionnelle.»

Et les hommes, eux, qu’en pensent-ils? Fabian Molina (PS/ZH) n’est pas du tout surpris par la position des organisatrices de la grève des femmes. «Ce sont leurs revendications, c’est donc à elles de décider comment elles veulent gérer cette lutte. Les hommes ne peuvent avoir qu’un rôle de soutien. Et d’ailleurs, ce n’est pas la première fois que nous ne sommes pas les bienvenus. Je me souviens de recommandations similaires lors de manifestations pour la Journée de la femme.» Ira-t-il quand même manifester le 14 juin? «Je ne le sais pas encore.» Se sent-il exclu? «Les femmes ont souvent été exclues, si les hommes ressentent à leur tour ce sentiment, c’est un juste retour des choses.»

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