L’homme à la tronçonneuse fait face aux juges

ProcèsEn 2017, un marginal a agressé deux employés d’assurance et semé la panique à Schaffhouse.

Le 24 juillet 2017, la police boucle une partie de la vielle ville de Schaffhouse après l'agression de deux employés d'une filiale de la CSS.

Le 24 juillet 2017, la police boucle une partie de la vielle ville de Schaffhouse après l'agression de deux employés d'une filiale de la CSS. Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

L’agression avait choqué et la chasse à l’homme qui s’était ensuivie avait tenu en haleine le canton de Schaffhouse et les régions voisines. Ce mercredi, l’attaque à la tronçonneuse d’un bureau d’assurance occupera le Tribunal cantonal de Schaffhouse. F.W., un Suisse âgé de 50 ans au moment des faits, avait fait irruption un matin de juillet 2017 dans une filiale de la CSS. Il avait blessé deux collaborateurs, dont un grièvement, avant de s’enfuir. La police le retrouvait deux jours plus tard dans le canton de Zurich, en possession d’arbalètes chargées.

Prévenu de tentatives d’homicide, l’agresseur se trouve en ce moment dans une clinique psychiatrique. L’on sait déjà qu’il n’écopera pas d’une peine pénale: une expertise psychiatrique l’a reconnu irresponsable. Il souffre de schizophrénie paranoïde accompagnée d’hallucinations. Le Ministère public requiert une mesure thérapeutique institutionnelle. Les juges auront aussi à se prononcer sur les prétentions de dommages et intérêts ou de réparation morale des blessés, de l’assurance et de deux clients qui ont sans doute vécu la peur de leur vie.

L’acte d’accusation retrace les détails les plus glaçants de l’agression et ses prémisses. En 2017, F.W. mène une vie à la marge, logeant dans son véhicule. Début juillet, il se rend à deux reprises dans la petite filiale de la CSS, située au cœur de la vieille ville de Schaffhouse, pour déclarer le vol d’une valise et de son porte-monnaie. Il se voit refuser un remboursement car il n’a pas payé ses primes. Quand il quitte le bureau, il se sent poursuivi par des «forces spirituelles» commandées par les collaborateurs de l’assurance. Craignant pour sa vie, il décide de contre-attaquer.

Surpris en plein travail

Le 24 juillet, il se rend dans le bâtiment de l’assurance, sort d’un sac noir une tronçonneuse, démarre l’engin, pénètre dans le bureau, situé au deuxième étage. Il fonce sur le premier collaborateur, surpris en train de préparer un entretien. L’homme se protège avec son bras tandis que F.W. agite l’arme et le blesse à une main, derrière la tête et sur la tempe. Tandis que deux clients se barricadent dans une pièce, l’assaillant charge, tronçonneuse brandie, l’autre collaborateur. Il le blesse à la poitrine et à une cuisse. Les deux collègues parviennent à s’enfuir. Pendant toute l’attaque, F.W. ne prononce pas un mot.

Selon le Ministère public, ce n’est que par chance que ses deux cibles ont échappé à des blessures plus graves. Plus de 300 policiers avaient été mobilisés pour le retrouver. La police allemande avait participé aux recherches.

Mercredi, F.W. sera présent au procès. Selon son avocat, Thomas Fingerhuth, il n’a jamais voulu tuer personne et regrette ses actes.

Créé: 10.09.2019, 19h20

Articles en relation

L'homme à la tronçonneuse a été arrêté

Attaque à Schaffhouse L'agresseur a été interpellé. En fuite depuis qu'il a blessé deux personnes lundi à Schaffhouse, il a été arrêté mardi en début de soirée, à Thalwil (ZH). Plus...

La chasse au forcené à la tronçonneuse continue

Schaffhouse Un individu a blessé lundi cinq personnes personnes, dont deux grièvement. La police exclut un acte terroriste. Plus...

«Je n’ai pas peur, mais j’ai un sentiment désagréable»

Attaque à la tronçonneuse Un homme s’en est pris lundi à deux employés de l’assurance CSS, à Schaffhouse, faisant cinq blessés, dont un grave. Le suspect court toujours. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.