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SuisseHomme tué «au hasard» à Zurich: perpétuité requise

Le Ministère public zurichois a demandé la prison à perpétuité et l'internement pour le Suisse et le Lituanien qui avaient assassiné un homme choisi «au hasard» à Zurich en 2016.

Une expulsion du territoire suisse du Lituanien pour une durée de 15 ans à sa sortie de prison a également été demandée par le Ministère public zurichois. (Photo d'illustration)
Une expulsion du territoire suisse du Lituanien pour une durée de 15 ans à sa sortie de prison a également été demandée par le Ministère public zurichois. (Photo d'illustration)
Keystone

La prison à perpétuité et l'internement: c'est la peine requise mercredi par le Ministère public contre un Suisse de 27 ans et un Lituanien de 40 ans pour l'assassinat d'un homme choisi au hasard en plein jour à Zurich en 2016. Evadé de prison, le jeune accusé avait mis ainsi à exécution ses menaces en cas de non-libération de son camarade balte.

Les deux hommes ont mis au point leur «plan diabolique» en prison, a souligné le procureur dans son réquisitoire devant le Tribunal de district de Zurich. Le Suisse purgeait une peine pour séquestration, tentatives de contrainte et de brigandage, notamment. Maître-chanteur, le Lituanien avait, lui, menacé une famille d'industriels et la ville de Zurich dans le but d'obtenir 150 millions de francs.

L'objectif du duo était de recouvrer la liberté au plus vite. Le jeune Suisse a profité de sa première permission pour disparaître et envoyer une lettre aux autorités: il y exigeait la libération de son camarade, sous peine de tuer des personnes choisies au hasard, au nom de prétendus commanditaires lituaniens. Sans surprise, son exigence ne sera pas satisfaite.

Un «massacre»

Après l'échéance de son ultimatum, il passe à l'acte. Le 30 juin 2016, il se jette sur un inconnu assis sur un muret dans une ruelle du quartier huppé de Seefeld. Il poignarde sa victime de 41 ans avec acharnement, avant de prendre la fuite. Un véritable «massacre», souligne le procureur, justifiant ainsi le chef d'accusation d'assassinat qu'il requiert.

Recherché activement par la police, il n'est repéré qu'en janvier 2017, alors qu'il tente d'acquérir des armes et des munitions en ligne sur le réseau «darknet». La police se fait passer pour un vendeur potentiel, permettant ainsi d'arrêter l'ennemi public numéro un de l'époque lors du rendez-vous fixé pour la transaction.

Le Lituanien en incitateur?

Face à la Cour, le jeune Suisse a avoué les faits sans montrer de véritables regrets. Son complice a, en revanche, refusé de répondre aux questions des juges.

Pour le procureur, le Lituanien est la tête pensante et l'incitateur de ce crime sanglant. Au fil des interrogatoires, son jeune camarade s'est rendu compte que le détenu balte lui avait menti sur les raisons prétendument injustifiées de son incarcération afin de l'amener à commettre son acte meurtrier. Le quadragénaire est un «menteur pathologique» à la «personnalité manipulatrice à un niveau psychopathologique», estime l'accusation sur la base d'une expertise.

Le Ministère public requiert donc une peine de réclusion à perpétuité et l'internement pour les deux accusés. Il demande aussi l'expulsion du territoire suisse du Lituanien pour une durée de 15 ans - le maximum prévu par la loi - à sa sortie de prison.

Accusations réciproques entre prévenus

Dans le camp de la défense, l'avocat du jeune Suisse demande que la peine privative de liberté de son client soit limitée à 12 ans pour meurtre, sans internement. Dans sa plaidoirie, il a souligné que ce dernier a été largement manipulé par son camarade de détention et qu'il a finalement commis son acte par peur de représailles s'il ne s'exécutait pas. Quant aux armes qu'il s'apprêtait à acheter, elles devaient servir à se protéger, pas à tuer d'autres innocents.

L'avocat du Lituanien rejette, lui, toute culpabilité dans cette affaire. Il qualifie de «fantaisiste» l'histoire racontée par l'auteur des coups de couteau et par le procureur. Et d'accuser le jeune Suisse d'être même à l'origine de la lettre de menaces envoyée aux autorités et d'avoir lui-même manipulé son aîné.

Face aux enquêteurs, le Balte a affirmé qu'il n'a jamais été question de plans de meurtre. Quant aux plans d'évasions, il se serait agi de simples bavardages peu sérieux entre prisonniers, selon le défenseur du quadragénaire qui réclame donc l'acquittement de son client sur toute la ligne. Le jugement est annoncé pour jeudi soir.

ats

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