Hooliganisme: Berne doit plancher sur une solution

SuisseLe Conseil des Etats demande que les cantons, associations et clubs sportifs luttent plus rigoureusement contre le hooliganisme.

La lutte contre le hooliganisme passera par les cantons, les associations et les clubs.

La lutte contre le hooliganisme passera par les cantons, les associations et les clubs. Image: Keystone

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La violence autour des manifestations sportives inquiète le Conseil des Etats. Selon lui, cantons, associations et clubs sportifs ne luttent pas assez rigoureusement contre le hooliganisme. Le Conseil fédéral devra plancher sur une solution.

Les sénateurs ont tacitement adopté un postulat. Le gouvernement devra analyser les possibilités d’obliger les cantons, les associations et les clubs à prendre leurs responsabilités en matière de lutte contre le hooliganisme, examiner le rôle de coordination et de soutien de la Confédération et présenter des pistes sur la manière de contrôler la mise en œuvre du concordat intercantonal ad hoc.

Il est intolérable que quelques fauteurs de troubles mettent à ce point en péril la sécurité des manifestations sportives et provoquent des frais de police aussi astronomiques, s'insurge la commission. En attendant le rapport du gouvernement, les sénateurs souhaitent que les cantons, les clubs et les associations traitent le problème avec la priorité qui convient et appliquent les mesures disponibles depuis plusieurs années.

Outils sur la table

Le Conseil fédéral s'y est opposé. La législation offre déjà de nombreux outils permettant de lutter contre le hooliganisme. Le concordat intercantonal de 2012 des directeurs de justice et police reprend en outre toutes les bonnes pratiques prises dans l’ensemble de l’Europe.

Il est ainsi possible d'obliger un hooligan de se présenter, de prononcer une interdiction de périmètre, une interdiction de stade, de faire un contrôle d’accès, du débit d’alcool, un appel à témoins, une garde à vue ou encore de reporter des frais de sécurité sur les clubs. Mais les mesures ne sont que partiellement appliquées, et pas avec la rigueur nécessaire.

Le gouvernement n'a pas de moyen pour agir, a justifié Karin Keller-Sutter. Il incombe aux cantons de sévir contre les violences lors de manifestations sportives. Fedpol soutient les cantons avec la base de données Hoogan, qui recense le nombre de vandales sportifs.

Par ailleurs, fedpol est responsable de l'échange international d'informations policières et participe à des groupes de travail internationaux. Il examine en permanence les bonnes pratiques provenant de l'étranger et les introduit en Suisse.

Le Conseil fédéral estime enfin que le concordat est un instrument suffisant pour lutter contre le hooliganisme, à condition qu'il soit appliqué systématiquement. Cet instrument fait actuellement l'objet d'une évaluation par l'Université de Berne. «Il vaut mieux attendre, je ne vois pas ce que le postulat va apporter», a conclu Mme Keller-Sutter. (ats/nxp)

Créé: 26.09.2019, 12h16

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