Huit jeunes sur dix sont trop passifs

SantéSelon une étude de l'OMS, les jeunes du monde entier ne font pas assez d'activité physique. Et les Suisses sont moins bons que la moyenne.

En Suisse, garçons et filles ont réduit leur activité entre 2001 et 2016.

En Suisse, garçons et filles ont réduit leur activité entre 2001 et 2016. Image: CHRISTOF SCHUERPF/Keystone

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Les adolescents doivent bouger davantage! Dans une étude publiée ce vendredi dans la revue «The Lancet Child & Adolescent Health», l’Organisation mondiale de la santé (OMS) tire la sonnette d’alarme. Selon les recommandations internationales, les jeunes devraient faire une heure d’activité physique modérée à intense par jour. Or, dans le monde, plus de quatre enfants sur cinq âgés de 11 à 17 ans (81%) n’atteignent pas cet objectif en 2016.

Certes, l’activité a très légèrement gagné du terrain depuis 2001 (1,5 point de pourcentage), grâce aux garçons qui se montrent un peu plus actifs alors que les chiffres stagnent chez les filles. Mais au niveau mondial, l’objectif est de réduire de 15% l’inactivité physique d’ici à 2030. «Nous sommes en dehors de la cible», avertit Regina Guthold, l’auteure principale de cette étude. La Suisse ne fait pas exception. Elle s’en sort même moins bien que la moyenne internationale, avec 85,7% d’adolescents trop passifs. Dans notre pays, garçons et filles ont réduit leur activité entre 2001 et 2016 (taux d’inactivité passant de 88,5% à 89,1% chez les filles, et de 80,9% à 82,5% chez les garçons).

Chiffres moins alarmants

Les évolutions générales décrites par l’OMS ne surprennent pas Chiara Testera, responsable des programmes d’action à Promotion Santé suisse. «Nous avons remarqué dans d’autres études qu’en comparaison internationale, notre pays est mal placé. La différence entre garçons et filles est elle aussi connue, sans que l'on puisse clairement l’expliquer.»

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Les chiffres de l’OMS, en revanche, ne correspondent pas à ceux d’autres études menées en Suisse. Chiara Testera estime que la situation est «sérieuse, mais pas catastrophique». Elle cite deux enquêtes réalisées dans notre pays. La première, nommée SOPHYA et effectuée entre 2013 et 2016, conclut que les enfants de 6 à 16 ans passent 90% de leur temps assis, couchés ou en pratiquant une activité de faible intensité. «Elle montre aussi que 64% d’entre eux atteignent les recommandations internationales en ce qui concerne le mouvement. Toutefois, ce pourcentage baisse avec l’âge et chez les 14-16 ans, seuls 21,5% bougent suffisamment.»

Selon la deuxième enquête - Sport Suisse 2014 -, les 10-14 ans consacrent environ 6,6 heures par semaine au sport, contre 5,6 heures pour les 15-19 ans. On y découvre aussi que, depuis 2008, l’inactivité a augmenté de 2%. Sur ce dernier point, les conclusions diffèrent d’une étude à l’autre. Des investigations supplémentaires, et dans le temps, sont donc nécessaires pour savoir si l’activité physique est réellement en baisse.

Révolution technologique

Comment expliquer les différences entre les conclusions suisses et internationales? Selon Nathalie Farpour-Lambert, pédiatre aux HUG et présidente du conseil consultatif du sport genevois, une piste pourrait être que les résultats de l’OMS sont basés sur les propos des enfants, alors qu’un capteur de mouvements a été utilisé dans l’étude SOPHYA.

Quoi qu’il en soit, il est un point sur lequel tout le monde s’accorde: les jeunes devraient bouger davantage. Comment expliquer leur manque d’activité? Nathalie Farpour-Lambert pointe du doigt le temps passé devant les écrans. Elle insiste aussi sur l’exemple fourni par les parents, sachant que les enfants prennent des habitudes dès le plus jeune âge. «En Suisse, nous avons passablement d’infrastructures et d’offres de cours qui peuvent être utilisées», ajoute-t-elle.

Face à ces résultats, l’OMS appelle à mettre en place de façon urgente des politiques pour augmenter l’activité physique, en particulier chez les filles. «En Suisse, il faut veiller à ce que le nombre d’heures de sport à l’école ne diminuent pas, commente Chiara Testera. Et on peut intégrer le mouvement dans l’enseignement d’autres matières.» Elle souligne l’importance de l’engagement des communes, en ouvrant par exemple les salles de sport le soir ou les week-ends. Nathalie Farpour-Lambert insiste encore sur le fait qu’il faut valoriser le plaisir dans le sport plutôt que le résultat et la compétition.

Pistes cyclables

Selon les experts, il faut également offrir aux jeunes la possibilité d’être actifs, avec des mesures en matière d’urbanisme et de sécurité routière, par exemple. La création de pistes cyclables et de chemins piétonniers permet notamment d’aller à l’école sans utiliser les transports motorisés. Finalement, les ados ne devraient pas passer plus de deux heures par jour devant les écrans. «Et il ne faut pas les laisser dans la chambre des enfants le soir», glisse Nathalie Farpour-Lambert.

Pratiqué en suffisance, l’exercice a des effets bénéfiques sur la santé (endurance, métabolisme, poids, os, développement). «On sait aussi qu’un jeune actif a de meilleurs résultats scolaires. Et puis il y a un lien entre le niveau d’activité durant l’enfance, l’adolescence puis à l’âge adulte», conclut Nathalie Farpour-Lambert.

Créé: 22.11.2019, 07h19

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