Ignazio Cassis, un candidat qui séduit

Succession BurkhalterLe chef du groupe parlementaire PLR fait figure de favori à la succession de Didier Burkhalter. Seul le PS grince pour l'instant des dents.

Le conseiller national Ignazio Cassis sera-t-il le futur conseiller fédéral? La campagne commence.

Le conseiller national Ignazio Cassis sera-t-il le futur conseiller fédéral? La campagne commence. Image: Keystone

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Depuis l'annonce de la démission surprise de Didier Burkhalter mercredi, le Parlement réfléchit déjà à sa succession. Et l'un des noms qui circulent le plus dans les travées bernoises, c'est celui du conseiller national Ignazio Cassis, chef du groupe parlementaire PLR, médecin et membre de la commission de la sécurité sociale et de la santé. Même si le Tessinois, âgé de 56 ans, a déjà indiqué qu'il était trop tôt pour se prononcer sur sa candidature, il fait figure pour l'instant de favori.

«C’est un excellent parlementaire, très loyal, fidèle au groupe, très convaincant sur les sujets qui relèvent de ses spécialités», relève son collègue Christian Lüscher, vice-président du PLR. «Il s'est révélé comme chef de groupe. Certains avaient des interrogations sur ses capacités à être un leader. Il a montré qu’il en était un», souligne-t-il. «Il a toujours son groupe derrière lui et il arrive à fédérer Romands et Suisses allemands, ce qui n'est pas toujours évident. Ce serait un excellent conseiller fédéral», reconnaît le Genevois qui pourrait lui-même être candidat. Mais il élude la question: «chacun doit se laisser le temps de réfléchir et fera ce qu’il estime juste au bon moment.»

«Il veut convaincre plutôt qu'imposer»

Un autre PLR romand le connaît bien. Il s'agit du conseiller national vaudois Olivier Feller qui a travaillé avec lui sur plusieurs dossiers. «Ignazio Cassis a des compétences pointues dans le domaine de la santé et des assurances sociales. Mais c'est aussi un généraliste, ce que j'apprécie beaucoup», explique le président du groupe latin PLR. «Il a cette rondeur, cette qualité relationnelle latine, il va toujours essayer de convaincre plutôt que d'essayer d'imposer sa vision», continue le Vaudois qui loue son intelligence émotionnelle. «C'est quelqu'un qui va chercher à nous réunir, ce n'est pas un chef qui se considère comme un supérieur hiérarchique. »

«L'avantage avec Cassis, c'est qu'il passe partout», renchérit le conseiller national Yannick Buttet (PDC/VS). «Il est ouvert, capable d'entendre des avis différents, et n'est pas trop profilé - mis à part dans le domaine des assurances - et c'est rare qu'on le voit très offensif à la tribune. Ce qui le met en bonne place pour le poste.» Le Tessinois a d'autant plus ses chances qu'outre-Sarine, on aimerait bien voir un représentant italophone au Conseil fédéral. «On a compris avec nos collègues alémaniques, qu'un Romand n'entrait pas vraiment en ligne de compte», souligne-t-il. «Quand on a élu Guy Parmelin, on nous a bien fait comprendre qu'il y avait trois francophones et qu'il faudrait rééquilibrer tout ça. Et là, la pression est très forte. »

La gauche mitigée

Par contre, à gauche, en particulier au PS, on grince un peu des dents. «Ignazio Cassis a laissé un goût amer aux socialistes sur la question des caisses maladies et sur la prévoyance 2020», rappelle ainsi le Genevois Carlo Sommaruga. Son collègue et chef du groupe parlementaire socialiste, le Vaudois Roger Nordmann abonde dans son sens: c’est difficilement imaginable d’élire quelqu'un qui passe son été à détruire un compromis savamment élaboré et soutenu par des modérés des deux camps mais qui est combattu par l’extrême gauche et par les durs du PLR et de l’UDC, critique-il.

Les deux socialistes le soulignent: ils veulent un candidat capable de nouer des compromis et de porter des projets de réforme modérés. «Quelle que soit la personne, il faudra que contrairement à Didier Burkhalter, elle soit prête à aller au front, à se confronter aux citoyens, à la société civile, économique, politique et culturelle pour convaincre et tirer», estime Carlo Sommaruga.

Sa position sur l'UE fondamentale pour l'UDC

Quant à l'UDC, elle connaît finalement assez peu le Tessinois sur les dossiers qui lui sont chers, à savoir les relations avec l'UE et l'immigration. «Je ne sais pas comment il se comporterait s'il reprenait le DFAE», estime le conseiller national Luzi Stamm. «Nous n'avons jamais parlé de politique européenne avec lui. Et j'aimerais connaître sa position de Tessinois sur la question des frontaliers», demande-t-il. Point positif selon lui: Ignazio Cassis est un parlementaire. «Au moins nous savons qui il est. C'est plus difficile avec des représentants cantonaux que l'on ne connaît pas.»

«Je ne vais pas porter de jugement sur Ignazio Cassis», annonce de son côté son collègue fribourgeois Jean-François Rime. «Pour le moment, ce n’est pas un candidat à rejeter d’emblée. On va lui poser des questions, on va l’écouter et on va dire quels sont nos souhaits. »

Ouverture au monde pour les Verts

Du côté des Verts, on se refuse aussi à commenter trop la personnalité du Tessinois. Tout au plus, il s'agit de quelqu'un d'agréable sur le plan relationnel, note la conseillère national vaudoise Adèle Thorens Goumaz. Ce qui compte surtout pour le parti, outre son genre et son origine linguistique, c'est la sensibilité politique du futur candidat sur la question de l'Europe et son ouverture sur le monde. Nous voulons aussi qu'il ait la capacité de dialoguer et qu'il respecte la collégialité et les institutions.

Le mot de la fin revient aux conseillers nationaux PLR genevois et fribourgeois Hugues Hiltpold et Jacques Bourgeois. «Il faut quelqu'un qui soit collégial, qui ait de l'entregent, qui ait une vision, un projet de société, et qui sache porter la Suisse ces prochaines années», disent-ils en chœur. Et eux-mêmes? Seront-ils candidats? Jacques Bourgeois répond: «Je laisse la porte ouverte pour l'instant!» Quant à Hugues Hiltpold, il relève que« tous les parlementaires élus à Berne rêvent un jour de devenir conseiller fédéral. »

Créé: 15.06.2017, 12h22

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