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Ignazio Cassis va-t-il se rendre en Erythrée?

En allant dans la Corne de l'Afrique, le nouveau patron du DFAE marquerait une rupture avec son prédécesseur Didier Burkhalter, plus réticent au nom des droits de l'homme.

Ignazio Cassis veut débloquer la situation avec l'Erythrée.
Ignazio Cassis veut débloquer la situation avec l'Erythrée.
Keystone

Certains à Berne l'affublent du sobriquet de «Mister Reset», celui qui remet les compteurs à zéro. Un surnom qu'Ignazio Cassis avait hérité avec sa volonté de donner un nouveau départ à la politique européenne du Conseil fédéral. Et le Tessinois compte faire de même dans la politique d'asile.

Comme l'explique l'Aargauer Zeitung, le nouveau patron du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) envisage d'aller en Érythrée, un pays dont est issue la majorité de migrants en Suisse. Aucune date n'a encore été fixée à Berne mais selon une source proche du dossier, la reprise des projets de développement pourrait représenter une opportunité.

Une visite qui divise

Ce faisant, Ignazio Cassis marquerait une rupture complète avec la politique menée par son prédécesseur Didier Burkhalter. Le Neuchâtelois a toujours mis en avant le bilan précaire du pays concernant les droits de l'homme, y voyant plus de risques que de chances. «Je peux me rendre en Érythrée demain. Mais nous ne voulons pas être instrumentalisés. Il y a des conditions à remplir avant qu'une telle visite puisse avoir lieu», déclarait-il en 2016.

Les partis bourgeois soutiennent le projet, espérant qu'il se traduise par un accord de récupération des migrants déboutés. Le dossier érythréen est un casse-tête pour l'administration suisse: la plupart de ces migrants ne peuvent pas obtenir l'asile et Asmara refuse de les reprendre. La solution doit donc passer par la diplomatie, selon le conseiller aux Etats Philipp Müller (PLR/AG).

Ignazio Cassis ne pourra en revanche pas compter sur l'appui de Simonetta Sommaruga. La ministre socialiste de la Justice partage les réticences de Didier Burkhalter sur une visite officielle en Érythrée en raison de la situation des droits de l'homme dans le pays. Comme l'explique un porte-parole du Département de la justice, «des visites de haut niveau sont possibles si des progrès dans la coopération sont visibles. Ils dépendent essentiellement de la volonté du côté érythréen.»

Peu d'intérêt pour l’Érythrée

Or, comme le rappelle un expert des migrations, Asmara n'a aucun intérêt à récupérer ses exilés qui envoient chaque année beaucoup d'argent à leurs proches restés dans le pays.

Le régime n'est pas non plus intéressé par les projets de développement suisse, leur préférant l'aide qu'il reçoit en provenance de l'Arabie Saoudite et de la Chine. Il est en revanche nettement plus intéressé par la fin des sanctions que l'ONU lui impose depuis 2009 pour le soutien qu'il est soupçonné d'apporter aux shebab somaliens.

La marge de manoeuvre d'Ignazio Cassis est donc des plus limitées. Et si «Mister Reset» parvient à remettre les compteurs à zéro dans le dossier érythréen, il marquera assurément des points dans le camp bourgeois.

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