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Accords internationaux«L'image d'une Suisse ouverte»

En dehors de l’Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) et de l'UDC, le Conseil fédéral et l'ensemble des partis se sont réjouis du rejet de l'initiative sur les traités internationaux. Réactions.

Les affiches lancées par economiesuisse.
Les affiches lancées par economiesuisse.
Keystone

Le rejet de l’initiative sur les accords internationaux a été accueilli dimanche par une satisfaction presque unanime. Le peuple n’est pas tombé dans le panneau, estiment plusieurs opposants. Seules l’ASIN, à l’origine du texte, et l’UDC sont déçues du verdict.

La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga s’est montrée soulagée du refus sans appel de l’initiative de l’ASIN «Accords internationaux: la parole au peuple!».

«Nous constatons que le peuple a une grande confiance dans la démocratie directe actuelle», a dit la ministre de la justice. «Tout semble indiquer que les citoyens ne veulent pas pouvoir voter sur le plus grand nombre possible d’accords, mais sur les textes cruciaux», selon elle.

Bâle-Campagne va devoir adapter son système fiscal et rétablir sa conformité au droit fédéral qu’il enfreint depuis 20 ans, a annoncé la présidente de la Confédération.

Déception de l'ASIN

«Nous n’avons pas réussi à convaincre nos propres membres de soutenir notre texte», se désole le conseiller national Pirmin Schwander (UDC/SZ), président de l’Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN). Cette initiative n’a pas réussi à susciter des émotions, analyse-t-il.

Le conseiller national Oskar Freysinger (UDC/VS), membre de l’ASIN, s’attendait à ce résultat. «Pour les gens, c’était relativement abstrait. Expliquer un objet unique est plus facile. Là, il s’agissait d’un principe constitutionnel, c’est plus difficile à vendre». Et le Valaisan d’avertir que «si le peuple ne veut pas jouer le rôle du souverain, il ne faudra pas pleurer ensuite».

Le conseiller national critique aussi vertement le rôle d’economiesuisse, qui a investi «5 à 10 millions de francs dans la campagne». «S’ils en avaient dépensé ne serait-ce que le tiers ou le quart contre l’initiative Weber, elle n’aurait pas passé». Pour M. Freysinger, economiesuisse ne s’engage pas pour le bien du pays, mais pour ses propres intérêts.

Tentative d’entraver la Suisse

Les autres partis et organisations exprimaient au contraire leur satisfaction, à l’image du PS. Le conseiller aux Etats bernois Hans Stöckli se réjouit particulièrement que les initiants aient «échoué dans leur tentative d’entraver la Suisse dans le développement de ses relations avec l’Europe et le reste du monde».

Pour la conseillère nationale Adèle Thorens, co-présidente des Verts, «c’est l’image d’une Suisse ouverte qui sort gagnante» et les Suisses ont compris que l’initiative n’apportait rien de plus, a-t- elle dit à l’ats. Selon la Vaudoise, les premiers sondages pouvaient faire craindre que le «oui» pourrait l’emporter. Un gros travail d’explication a donc dû être effectué sur le terrain.

«L’ordre suisse est en ordre», commente le conseiller national Pirmin Bischof (PDC/SO), qui relève que la Suisse est déjà le pays en Europe dans lequel le peuple a le plus son mot à dire. Une généralisation des votations sur les accords internationaux aurait menacé l’économie et créé une incertitude juridique, selon le démocrate-chrétien.

Même son de cloche au PLR, pour qui cette proposition aurait fragilisé notre démocratie directe: le Parlement aurait dû à chaque fois prendre un temps considérable pour décider quels sont les accords «importants» qui auraient nécessité un référendum obligatoire.

Pour la conseillère nationale Ursula Haller (PBD/BE), le net rejet prouve que le peuple a compris que l’intention du Parlement n’était justement pas de le museler. «Le peuple ne veut pas se mêler des affaires qui relèvent du Conseil fédéral et du Parlement, car les accords importants passent de toute façon en votation».

«Autogoal» et «illusion démocratique»

Economiesuisse, qui s’est fortement engagée dans la campagne, a salué le net rejet de ce texte. Le peuple a déjà la possibilité de se prononcer sur les traités importants, a rappelé son directeur Pascal Gentinetta. «Les gens se sont rendu compte qu’il n’y avait pas besoin d’instaurer une automaticité en la matière». Une acceptation aurait constitué un «autogoal pour l’économie».

L’Union suisse des arts et métiers (USAM) salue une «décision de la raison», alors que Commerce Suisse se réjouit que «les exigences destructrices de désavouer des piliers de notre pays aient été clairement torpillées».

Pour François Cherix, vice-président du Nouveau mouvement européen de Suisse (Nomes), «le peuple a fait preuve de bon sens en refusant une proposition de la droite nationaliste». «Elle visait moins à étendre la démocratie qu’à paralyser l’action de la Suisse au plan international. Il s’agissait d’une illusion démocratique complète», a critiqué M. Cherix.

ats

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