Impliquer le patient pour des soins de qualité

SantéUn rapport recommande le renforcement de la formation du personnel de santé et plus d'implication des patients.

Environ 10% des patients subissent un dommage au cours d'un traitement médical.

Environ 10% des patients subissent un dommage au cours d'un traitement médical. Image: Keystone

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En matière de qualité des soins, la Suisse peut mieux faire. Sur environ 10% de patients qui subissent un dommage au cours d'un traitement médical, la moitié des cas sont évitables, selon l'OFSP. Le personnel de santé doit être mieux formé et les patients impliqués.

«Nous avons en Suisse une formule à mi-chemin entre l'engagement de moyens et la qualité, qui doit être améliorée», a affirmé Pascal Strupler, directeur de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), vendredi devant les médias à Berne. «Il y a encore fort à faire», a-t-il noté, alors que l'office publiait un rapport présentant un état des lieux détaillé de la qualité des soins en Suisse.

Le document a été écrit sous la houlette du professeur Charles Vincent, de l'Université d'Oxford, et d'Anthony Staines, chargé de la qualité des soins pour la Fédération des hôpitaux vaudois. Il constate un manque cruel d'informations fiables sur la sécurité des patients. «On a voulu faire croire que les patients subissent moins de dommages en Suisse qu'ailleurs», a déploré M. Staines.

Ce n'est pas le cas. Selon une étude menée dans un hôpital suisse, 12,3% des patients subissent un préjudice lors de leur séjour, et la moitié des dommages sont évitables, ont relevé les auteurs du rapport. Pas de quoi fanfaronner, même si les données ne sont pas généralisables partout. Reste que le manque d'informations accessibles freine les progrès dans la qualité des traitements.

Exigences de base

Le rapport comporte aussi des recommandations en vue d'améliorer la qualité des soins à court et moyen termes. Le personnel de santé doit notamment être mieux formé. Les connaissances et compétences à ce niveau devraient être considérées comme des exigences de base. Ces questions devraient faire partie des examens d'obtention du droit à pratiquer les professions médicales et paramédicales.

Les acteurs de la santé devraient aussi aspirer à créer une culture juste et équitable au sein de laquelle on encourage les personnes à tirer des leçons des erreurs commises et des événements indésirables, poursuit le rapport. Pour les établissements de soins, il s'agit d'instaurer un climat permettant de communiquer librement, par exemple pour signaler des erreurs et comportements à risque.

Impliquer les patients

Entendre la voix des patients et de leurs proches constitue un fondement essentiel pour des soins sûrs et de qualité. Leurs expériences et avis sont peu utilisés en Suisse, selon les experts. Un suivi des expériences des patients, une analyse de leur ressenti après des dommages, et leur implication dans les initiatives visant à améliorer des questions de santé pourraient changer la donne.

Les dommages subis par les patients comportent notamment la prise de médications inappropriées, les escarres, chutes et infections. Selon les auteurs du rapport, les initiatives en Suisse pour améliorer la qualité des soins demeurent de faible envergure et les programmes nationaux très modestes. Les organisations suisses de patients ne semblent avoir que peu de poids dans la stratégie nationale.

Meilleure politique

De plus, les conseils d'administration des établissements de santé apportent à la qualité et à la sécurité un suivi beaucoup plus modeste qu'aux aspects financiers ou aux projets de construction, note le rapport. «Cela doit absolument changer», a martelé M. Staines. La qualité doit devenir une priorité à tous les niveaux.

Le directeur de l'OFSP a pointé la révision de la LAMal adoptée par le parlement en juin dernier. Berne aura les moyens de renforcer la qualité et la sécurité des patients, a-t-il assuré. La Confédération pourra débourser jusqu'à 45,2 millions de francs de 2021 à 2024 dont cinq millions iraient aux indicateurs de qualité, 27,7 aux programmes nationaux, 7,5 à des études et encore cinq à des projets nationaux ou régionaux.

Par ailleurs, dès 2021, les fédérations de fournisseurs de prestations et d'assureurs maladie seront aussi obligées de conclure des conventions nationales de qualité contraignantes et qui prévoient des sanctions. Les ressources financières provenant des amendes et des sanctions seront utilisées par le Conseil fédéral pour financer des mesures destinées à garantir la qualité. (ats/nxp)

Créé: 08.11.2019, 12h29

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