Moins d'impôts pour ceux qui restent au pays
VacancesDans le concert des propositions de relance du tourisme suisse, la dernière motion d'Oscar Freysinger fait réagir. L'UDC valaisan propose d'accorder un cadeau fiscal aux Suisses qui passent leurs vacances au pays.
Oskar Freysinger veut aider les hôteliers suisses qui souffrent du recul de leur clientèle étrangère. Ainsi propose-t-il dans une récente motion d'inciter au moins les Suisses à passer ses vacances au pays, en leur permettant de déduire de leurs impôts leurs séjours dans les hôtels en Suisse.
Dans sa motion, le conseiller national et candidat UDC au Conseil d'Etat valaisan propose d'introduire ce «rabais-vacances» dans l’impôt fédéral direct, ainsi qu'au niveau cantonal via la loi fédérale sur l'harmonisation des impôts directs. Il serait «judicieux» de créer une telle« incitation», note Oskar Freysinger dans son intervention cosignée par quatorze de ses camarades de parti, rapportent lundi le Bund et le Tages-Anzeiger.
Réactions mitigées
Cette proposition est saluée avec une certaine retenue dans la branche touristique. «L'idée en soi n'est pas mauvaise: elle donnerait un signal favorable», note le président de l'Association romande des hôteliers (ARH), à Lausanne. «Mais sa mise en oeuvre paraît problématique», ajoute Philippe Thuner, interrogé par
Il ne serait pas simple de distinguer entre les séjours de vacances et ceux d'affaires, qui en soi sont déjà déductibles par les entreprises concernées, explique le Romand. Même son de cloche auprès de l'association faîtière, à Berne: cette proposition «aux accents interventionnistes et protectionnistes» n'est pas sans poser problème, explique Alexander Rechsteiner, porte-parole d'hôtelleriesuisse.
A un jour du lancement de la saison d'hiver 2012/13, le directeur de Suisse Tourisme Mario Lütolf juge même la proposition déshonorante pour la profession. Il ne voit pas une branche à forte valeur ajoutée comme le tourisme accepter un tel traitement de faveur. Il ne lui plairait guère en outre de privilégier les clients suisses par rapport aux hôtes étrangers.
Recul de 15 à 25%
Les clients suisses ne sont du reste pas à l'origine de la faiblesse actuelle du tourisme helvétique. En août, il sont même été plus nombreux qu'une année auparavant. Le problème vient surtout d'une désaffection de la clientèle de loisirs européenne «en recul de 15% à 25%» selon le pays de provenance, indique Philippe Thuner.
En Suisse romande, le recul le plus prononcé vient de la clientèle française, qui est aussi la plus nombreuse. Mais en valeur relative, les baisses les plus marquées viennent des clients britanniques et allemands.
«Nous affrontons beaucoup de vent contraire», explique Philippe Thuner. Le franc fort est un facteur mais pas le seul: la crise en Europe pousse les gens vers les destinations plus avantageuses, au moment justement où les pays du Maghreb relancent leur offre.
D'une manière générale, chacun décide aujourd'hui de ses vacances et de sa destination au dernier moment. «C'est phénomène de société que l'on voit partout et qui diminue nettement la visibilité des affaires», observe Philippe Thuner.
Créé: 29.10.2012, 12h39
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