L’infirmière était «adorée et respectée de tous»

Drame de CarougeLe premier procureur Stéphane Grodecki confirme qu’il s’agit d’un drame conjugal.

Des fleurs ont été déposées sur les lieux du drame, à Carouge.

Des fleurs ont été déposées sur les lieux du drame, à Carouge. Image: Pierre Albouy

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Quelques fleurs blanches et des bougies déposées sur le trottoir. Ce sont les seules traces qui restent du drame survenu vendredi après-midi en pleine rue à Carouge. Une femme a été abattue par son mari, armé d’un pistolet, qui s’est ensuite donné la mort. Il l’attendait à la sortie de son travail, devant l’EMS Résidence des Pervenches, selon Le Matin Dimanche. L’infirmière y travaillait depuis treize ans. Effondrés, ses collègues témoignent dans nos colonnes.

«Pascale venait tous les matins avec le même sourire, le même entrain. C’était un moteur de joie. Elle faisait preuve de beaucoup d’empathie auprès des résidents comme de ses collègues. Vendredi matin, elle est arrivée comme à son habitude…» glisse par à-coups une aide-soignante, le visage fermé, assise sur un banc à l’entrée de l’EMS. A ses côtés, le chef de cuisine et la directrice échangent à voix basse. «Elle était dévouée. Elle ne parlait jamais de sa vie privée. On ne sait pas ce qui a pu se passer», livrent-ils.

Pour répondre aux questions des visiteurs et des résidents, un petit message a été posé à l’entrée de l’EMS, évoquant une «infirmière adorée et respectée de tous». L’équipe de 85 employés a perdu plus qu’une collègue, un membre d’une famille. «Cela fait deux nuits que je ne dors plus», confie le chef cuisinier. «Nous allons mettre en place une cellule psychologique. Le personnel pourra être suivi par des professionnels», explique la directrice. Les regards se perdent au loin. Les mots peinent à sortir. Leurs pensées vont aux deux filles de Pascale.

L’enquête se poursuit sous la direction du premier procureur Stéphane Grodecki. «C’est un drame conjugal», confirme-t-il à la Tribune de Genève, sans en dire davantage. Le couple suisse résidait en Haute-Savoie. Tous deux âgés de 55 ans, ils étaient infirmiers. L’époux travaillait à l’hôpital psychiatrique de Belle-Idée. Comment expliquer son geste? Le couple traversait un passage difficile, mais aucune trace de menaces ne laissait présager cette fin tragique. Le quinquagénaire a utilisé un pistolet, sans que l’on sache à ce stade comment il a pu se le procurer.

Il a choisi d’agir vendredi, attendant sa femme dans un premier temps dans le parking souterrain de l’EMS, avant de ressortir, ne la voyant pas venir. A son arrivée, aucune dispute n’aurait éclaté. L’homme a tiré à bout portant sur son épouse, à deux reprises, ne lui laissant aucune chance. Il a ensuite retourné l’arme contre lui. Le drame s’est joué entre l’EMS et l’école primaire des Pervenches, quelques minutes avant la sortie des classes.

Créé: 16.05.2016, 18h56

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Coups de feu à Carouge

Coups de feu à Carouge Un homme a tiré sur une femme avant de retourner l'arme contre lui. Les deux personnes sont mortes.

Troisième meurtre en un mois

Le drame de Carouge porte à trois le nombre de meurtres en un mois à Genève. Le 9 mai en début de soirée, aux Libellules, un homme, né en 1981, a été abattu de plusieurs coups de feu par un autre individu habitant le quartier. L'agresseur a été arrêté. Il s'agit d'un ressortissant italien qui avait déjà été condamné par ordonnance pénale le 21 avril dernier pour injures et menaces.

Le 12 avril dans le quartier de la rue de l'Aubépine, une étudiante italienne de 29?ans succombait à ses blessures après avoir été victime d'une agression commise par un homme muni d'une barre de fer. Un mois plus tard, l’auteur court toujours. Il s’agirait d’une connaissance de la victime . La police genevoise est en tout cas sur les traces d’un homme connu de ses services, un binational sénégalais et italien, selon nos sources.

Un meurtre en janvier

A ces trois crimes des dernières semaines, il faut ajouter un meurtre survenu tout début janvier. Le 5 janvier, à Chancy, les secours étaient intervenus vers 13 heures pour prendre en charge une femme retrouvée chez elle inanimée. La femme était en fait morte des suites d'une agression à l’arme blanche dans la nuit. La porte de son logement n’avait pas de trace visible d’effraction. Le meurtrier a été arrêté quelques jours plus tard dans le canton de Vaud et est passé aux aveux. (JFM)

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