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Une initiative menace le français à l'école primaire

Des Zurichois veulent alléger le programme des langues à l'école primaire. Le français pourrait passer à la trappe.

Actuellement, l'anglais est enseigné dès la 2e année primaire dans le canton de Zurich, le français dès la 5e année.
Actuellement, l'anglais est enseigné dès la 2e année primaire dans le canton de Zurich, le français dès la 5e année.
Archives/photo d'illustration, Keystone

Les citoyens zurichois se prononcent, le 21 mai, sur l'avenir de l'enseignement des langues étrangères à l'école primaire. Une initiative lancée par la principale association d'enseignants demande que leur nombre passe de deux à une seule, sans préciser laquelle. Mais certains initiants ne cachent pas leur préférence pour un renvoi du français au secondaire.

«Il faut prendre en compte le désir de l'enfant», estime Werner Wunderli, président de l'association «Ecole d'avenir» qui soutient le texte. Ce membre du comité d'initiative observe que les élèves zurichois à l'école primaire préfèrent l'anglais au français. Le niveau de qualification des enseignants d'écoles primaires est en outre meilleur en anglais qu'en français.

«Lorsque deux tiers des élèves de sixième année n'atteignent pas les objectifs fixés par l'enseignement précoce du français, on ne peut pas parler d'une minorité de cas», renchérit Harry Huwiler, président de l'association des enseignants de 4e, 5e et 6e années primaires (ZKM). Les initiants se basent en cela sur une étude de l'Université de Fribourg menée en Suisse centrale en 2014/2015.

Apprendre mieux plus tard

Selon les initiants, l'enseignement de deux langues étrangères dès l'école primaire surcharge les élèves et les enseignants. Il vaut mieux en renvoyer une à l'école secondaire. Objectif: renforcer les connaissances de base en allemand, dans une langue étrangère et dans d'autres branches. De cette manière, les élèves maîtriseront mieux l'anglais et le français à la fin de l'école obligatoire, estime Lilo Lätzsch, présidente de l'association zurichoise des enseignants (ZLV).

L'initiative «sur les langues étrangères», lancée par la ZLV, est soutenue par l'UDC et l'UDF. Tous les autres partis la rejettent.

«Nivellement par le bas»

Actuellement, l'anglais est enseigné dès la 2e année primaire dans le canton de Zurich, le français dès la 5e année. Les opposants accusent les initiants de vouloir niveler l'école zurichoise par le bas.

Pire, l'initiative soumise au vote ne respecte ni la volonté populaire ni l'entente confédérale, selon les opposants. Les Zurichois ont rejeté une initiative identique en 2006 et approuvé en 2008 le concordat HarmoS, qui prévoit l'enseignement de deux langues étrangères à l'école primaire.

Exemple thurgovien

Un comité d'opposants interpartis craint l'abandon de l'anglais à l'école primaire. Les réactions du chef du Département fédéral de l'intérieur Alain Berset face aux velléités thurgoviennes de supprimer le français du programme de l'école primaire augureraient plutôt d'un maintien de la langue de Molière, si l'initiative zurichoise était approuvée.

Le ministre de l'éducation avait proposé l'an dernier un projet de loi sur les langues garantissant l'enseignement d'une seconde langue nationale à l'école primaire. Le Conseil fédéral y avait finalement renoncé tout en se réservant le droit de revenir à la charge si cet enseignement devait être remis en cause.

En Thurgovie, le parlement cantonal doit se prononcer le 5 mai sur une modification de loi renvoyant l'enseignement du français à l'école secondaire. Ce projet soumis par le gouvernement thurgovien fait suite à l'adoption d'une motion en ce sens par le Grand Conseil en 2014.

Tentatives avortées jusqu'à présent

Jusqu'à présent, seuls les Nidwaldiens se sont exprimés sur une initiative réclamant la suppression explicite du français à l'école primaire. En 2015, ils ont rejeté un texte de l'UDC en ce sens à une majorité claire de 61,7%. Il y a un an, une initiative réclamant la suppression de l'anglais du programme de l'école primaire a été déposée dans le canton de Bâle-Campagne.

Les Lucernois auront eux à se prononcer sur une initiative populaire identique au texte zurichois, probablement en septembre. Leur parlement l'a rejeté en janvier. Dans les Grisons, le Grand Conseil a invalidé en 2015 l'initiative populaire «Une seule langue étrangère à l'école primaire». En mars 2016, le Tribunal administratif fédéral a conclu que l'initiative était valide. Un recours a été interjeté auprès du Tribunal fédéral.

Des initiatives ont en outre été lancées ces dernières années contre le plan d'étude scolaire alémanique dans plusieurs cantons. Aucune d'entre elles n'a pour l'instant été approuvée en votation. Le «Lehrplan 21» prévoit l'enseignement de deux langues étrangères à l'école primaire, conformément au concordat HarmoS.

L'enseignement de deux langues à l'école primaire avait déjà fait débat il y a treize ans. En 2004, les cantons s'accordaient pour enseigner la première langue étrangère dès la 5e année au plus tard et la seconde avant la 8e année. Des initiatives lancées dans cinq cantons alémaniques avaient ensuite été rejetées ou retirées.

(ats)

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