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L’initiative contre la pub sur le tabac veut contourner le «laxisme» des élus

Des organisations de la santé veulent interdire réclames et promotions ciblant les jeunes.

L’interdiction permettrait d’économiser près de 1 milliard de francs en coûts de la santé, selon les initiants.
L’interdiction permettrait d’économiser près de 1 milliard de francs en coûts de la santé, selon les initiants.
Keystone

Le Conseil fédéral et le parlement n’en font pas assez en matière de prévention du tabagisme. C’est la conviction d’une vingtaine d’organisations de santé et de prévention qui ont décidé de faire appel au peuple pour durcir la loi suisse. Mardi, elles ont donné le coup d’envoi d’une initiative fédérale visant à interdire «toute forme de publicité qui atteint les enfants et les jeunes».

Les initiants visent les réclames dans les médias, sur Internet et les réseaux sociaux, par voie d’affichage, au cinéma et dans les points de vente. Les actions de promotion telle que la distribution gratuite de paquets de cigarettes en boîte de nuit, les concours, les rabais ou le sponsoring par des cigarettiers d’événements publics ou privés, comme les festivals, seraient aussi frappés par une interdiction. Par contre, des projections de films ou publications réservées aux adultes ne seraient pas concernées.

Aux yeux des initiants, il est urgent d’intervenir alors qu’une grande majorité de personnes commence à fumer à l’adolescence et que la publicité pour les produits du tabac cible particulièrement les jeunes. L’interdiction préconisée permettrait d’économiser près de 1 milliard de francs en coûts de la santé.

La récolte des signatures se fera chez les médecins et pharmaciens. Les initiants n’ont pas prévu pour l’heure de battre le pavé pour obtenir les 100'000 paraphes nécessaires avant le 20 septembre 2019. Ils se montrent très confiants, brandissant une étude d’Addiction Suisse réalisée entre 2015 et 2016 auprès de 5000 personnes: 58% des sondés soutiennent une interdiction généralisée de la publicité pour les produits du tabac. «Le parlement n’est pas à l’écoute de la population sur ce thème», en conclut Corine Kibora, porte-parole de l’organisme de prévention.

Cette initiative est une réaction directe à une décision des Chambres fédérales. En 2016, le Conseil des États et le National renvoyaient un projet de loi sur le tabac, invoquant notamment une atteinte à la liberté économique. Le principal point de mécontentement concernait les restrictions en matière de publicité. Après cet échec, le ministre de la Santé, Alain Berset, a revu sa copie et mis en consultation un nouvel avant-projet, fin 2017. Celui-ci prévoit d’interdire la publicité touchant explicitement les jeunes, soit celle figurant sur Internet, dans les journaux gratuits, ou dans des kiosques, à proximité des sucreries.

«Ces restrictions partielles ne sont pas efficaces. Soit on s’engage en faveur d’une protection des jeunes qui tient la route, soit on prend le risque de les exposer aux techniques de marketing agressives des cigarettiers», affirme le conseiller aux États Hans Stöckli (PS/BE), qui préside le comité d’initiative. L’élu fustige le «laxisme de la politique» et la très forte influence de l’industrie du tabac qui a permis d’enterrer le premier projet de loi. «Notre initiative rétablit dans les grandes lignes ce qui était prévu à l’origine par le Conseil fédéral. Si elle était acceptée, la loi suisse resterait une des plus libérales du monde. Nous ne visons que les jeunes alors que dans d’autres pays, toute publicité est interdite.»

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