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Souveraineté alimentaire«Non» à plus de 68% à l'initiative d'Uniterre

Les Suisses ont balayé dimanche l'initiative populaire sur la souveraineté alimentaire lancée par le syndicat agricole Uniterre à 68,4%.

L'intervention de la Confédération dans la politique agricole de la Suisse ne sera pas renforcée. L'initiative populaire lancée par le syndicat agricole Uniterre a été balayée dimanche par 68,4% des Suisses. Le rejet massif en Suisse alémanique. Seuls 4 cantons romands ont dit «oui».

Genève accepte l'initiative populaire «Pour la souveraineté alimentaire. L'agriculture nous concerne toutes et tous» à 60% et le canton de Vaud à 57%. Neuchâtel et le Jura y sont favorables, à respectivement 53% et 54%. Le Valais et Fribourg ont en revanche pris le pli contraire: le texte a été balayé par 64% des Valaisans et 57% des Fribourgeois.

Dans presque tous les cantons alémaniques, le «non» à l'initiative dépasse les 70%. L'opposition la plus forte est venue d'Obwald (84%), Schwyz (82%), Nidwald (82%), Appenzell Rhodes-Intérieures (81%), Zoug (80%) et Uri (80%). Berne balaye le texte à 71% et Zurich à 74%. Plus modérés, Bâle-Ville s'y est opposé à 68% et le Tessin à 63%.

Le résultat était attendu pour un projet auquel ni le Conseil fédéral ni le Parlement n'adhéraient. Au final, plus de 1,35 million de votants ont glissé un «non» dans l'urne contre 628'463 «oui».

Si dans les premiers sondages, une majorité se disait favorable au texte, au fil des semaines, le «non» a gagné du terrain. La crainte d'un renchérissement des denrées alimentaires, brandie par les opposants, l'a finalement emporté sur le projet d'encouragement à une agriculture indigène et durable.

Soutien à la politique du Conseil fédéral, selon Schneider-Ammann

En rejetant l'initiative sur la souveraineté alimentaire, la population montre clairement son soutien à la politique agricole actuelle de la Confédération, a estimé le ministre de l'agriculture Johann Schneider-Ammann. Les consommateurs suisses n'ont pas voulu d'une hausse des prix des denrées alimentaires. Le résultat montre qu'ils sont satisfaits de la qualité des aliments en Suisse et de leur prix.

Le maintien de marchés ouverts offre de nouvelles opportunités aux agriculteurs suisses. Le vote ne va pas accélérer pour autant la conclusion de nouveaux accords de libre-échange, a ajouté le conseiller fédéral.

Un changement radical

L'initiative visait un changement radical de politique agricole. Des mesures devaient être prises pour préserver les surfaces cultivables, favoriser des prix équitables et renforcer les échanges commerciaux directs entre paysans et consommateurs. Les OGM auraient été définitivement interdits.

Les produits étrangers ne répondant pas aux normes sociales et environnementales suisses auraient été interdits. Les autres auraient été soumis à des taxes douanières. Pour les opposants, celles-ci sont contraires aux accords de libre-échange internationaux signés par la Suisse et l'initiative aurait posé de nouvelles entraves au commerce.

L'initiative faisait aussi craindre une intrusion grandissante de l'Etat dans l'agriculture et la relégation des agriculteurs au simple rang d'exécutants. Sans oublier qu'en acceptant en 2017 l'article constitutionnel sur la sécurité alimentaire, le peuple suisse a déjà donné à la Confédération les instruments pour encourager une politique agricole durable, selon les opposants.

Une «campagne mensongère»

«On a assisté à une campagne ahurissante où il est considéré comme normal d'avoir moins de paysans». Pour Pierre-André Tombez, président de l'Alliance pour la souveraineté alimentaire, les blocages entre agriculteurs et avec les consommateurs sont programmés.

Il est cocasse de voir que Genève où on ne trouve plus un seul producteur de lait vote à près de 60% en faveur d'une production dans le respect de l'environnement, remarque Pierre-André Tombez. «Nous avons eu affaire à une campagne mensongère orchestrée à coups de millions», dénonce-t-il.

Le monde paysan devra se positionner sur les prochaines initiatives agricoles qui seront soumises au peuple, notamment celle contre les pesticides dans l'agriculture. Il est d'ores et déjà prévu que cela créera des clivages. «On ne peut pas demander aux paysans de produire toujours plus en se passant des produits qui le permettent.»

Pour Pierre-André Tombez, l'initiative du syndicat agricole Uniterre a cinq ans d'avance. Quand on aura atteint un état de crise avancé, on reviendra aux idées du petit syndicat agricole. «Les politiques, et notamment le PLR, devront s'en souvenir».

ATS

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