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Interdire la télé en différé: la fronde s'organise

Une commission du Conseil national se penche sur l'interdiction de la télévision en différé. Levée de boucliers.

Une majorité des téléspectateurs regarde aujourd'hui la TV en différé.
Une majorité des téléspectateurs regarde aujourd'hui la TV en différé.
Keystone

La récente proposition de la commission des affaires juridiques du Conseil national de réglementer davantage la télévision en différé («replay») a suscité des indignations. Plusieurs acteurs du marché craignent une augmentation des coûts pour les téléspectateurs.

Pour la Fondation alémanique des consommateurs (SKS), ce sont les téléspectateurs qui seront les premiers lésés. La télévision en différé sera à terme interdite, prévient Cécile Thomi, juriste à la SKS. Les politiciens ont été assez naïfs pour se laisser emporter par une réglementation très éloignée des besoins de la population. Cécile Thomi prévoit une levée de boucliers dans tout le pays, lorsque le projet de loi sera discuté au Parlement.

Coûts supplémentaires

L'insatisfaction est également grande chez les diffuseurs. Suissedigital, l'association économique des réseaux suisses de communication, s'attend à des coûts supplémentaires pour les utilisateurs finaux. Le droit avéré à la copie privée des chaînes de télévision librement réceptionnées en Suisse est également remis en cause, poursuit Suissedigital.

Le patron de Swisscom Urs Schaeppi a également critiqué la récente proposition de la commission. «L'idée n'est pas dans l'intérêt des consommateurs», a-t-il estimé en marge de la publication des résultats du groupe sur neuf mois.

«A l'encontre du marché»

Urs Schaeppi, faisant suite à l'avis déjà exprimé par d'autres opérateurs comme UPC, a relevé qu'une majorité des téléspectateurs regardait aujourd'hui la TV en différé. La commission ad hoc du Conseil national s'est prononcée en faveur d'une modification de la loi qui interdirait le service de TV en différé tel qu'il existe aujourd'hui.

Elle propose que les chaînes de télévision doivent négocier avec les opérateurs comme Swisscom ou UPC la possibilité de «sauter» la publicité, lorsqu'une émission peut être regardée en différé. Une disposition dans ce sens devrait être inscrite dans la révision de la loi sur le droit d'auteur.

«Cela irait à l'encontre du marché», a estimé Urs Schaeppi. Le CEO a dit ne pas comprendre que les diffuseurs s'attendent à une baisse de leurs recettes publicitaires en raison des émissions regardées en différé. «Les chiffres sont stables», a-t-il estimé. Et d'ajouter qu'il ne fallait pas oublier que Swisscom, UPC et Sunrise versaient déjà aujourd'hui plus de 120 millions de francs aux sociétés de gestion.

(ats)

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