«J’ai unifié les Romands pour avoir plus de poids»

PLRIsabelle Moret quitte la vice-présidence du PLR. Pour elle, en 8 ans les Romands ont gagné en influence au sein du parti.

La conseillère nationale vaudoise Isabelle Moret.

La conseillère nationale vaudoise Isabelle Moret. Image: PHILIPPE MAEDER

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C’est fini. Ce samedi, la Vaudoise Isabelle Moret rendra son tablier de vice-présidente du PLR. Après huit ans à ce poste, les statuts du parti exigent un changement. Ce sera le conseiller national valaisan Philippe Nantermod qui sera désormais la voix du parti en Suisse romande, aux côtés du Genevois Christian Lüscher. Pour la Vaudoise, l’heure est au bilan.

Qu’est-ce qui a changé au PLR en huit ans de vice-présidence?

Lorsque j’ai accédé à ce poste, j’étais la première vice-présidente de moins de 40 ans. Mon investissement a poussé le parti vers une certaine modernité qui perdure aujourd’hui avec la nouvelle équipe. On a davantage investi des jeunes à des postes-clés, ce qui a permis d’apporter un nouveau souffle et de rendre le PLR plus attrayant auprès des jeunes. On le voit avec le succès de nos sections Jeunes PLR et, plus largement, nos succès électoraux en Suisse romande l’automne passé.

Vous avez incarné une aile humaniste, alors que Christian Lüscher est plus libéral. Cette sensibilité disparaît avec vous.

Non, on ne peut pas diviser les Romands en deux ailes, je sens très peu de différence entre nous. J’ai participé, comme vice-présidente, au processus de fusion des libéraux et des radicaux. Et un de mes grands défis a été d’unifier les Romands. On l’a fait, et on a maintenant une force de frappe plus importante au sein du groupe, de manière à pouvoir imposer notre point de vue aux Alémaniques. Prenons la loi sur la surveillance de l’assurance-maladie. Les Romands, nous étions beaucoup plus sensibles à ces questions de transparence et de surveillance, notamment parce que nous avions payé des primes en trop. Les Alémaniques n’y étaient pas du tout favorables. Ça a été une grosse bataille pour nous, mais nous avons finalement obtenu le soutien de tout le PLR à cette loi.

Il n’empêche, votre remplaçant, Philippe Nantermod, est sur une ligne beaucoup plus libérale.

Philippe Nantermod a été mon assistant parlementaire et il a travaillé avec moi sur les déductions pour frais de garde. Aujourd’hui, il s’investit pour les familles recomposées, afin de moderniser le Code civil sur cette question. D’ailleurs, il est le premier adhérant masculin des Femmes libérales-radicales suisses.

Parlons de la promotion des femmes au sein du PLR. Là, vous n’avez pas réussi à faire bouger les lignes, notamment pour le Conseil fédéral.

Le fait d’être une femme à la vice-présidence m’a permis de placer les thèmes familiaux au centre de notre politique de l’emploi, avec notamment la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale. Même chose avec la déduction des frais de garde ou, plus récemment, l’imposition individuelle des époux. Toutes ces questions n’auraient pas pris une pareille importance dans notre programme sans mon engagement!

S’il n’y avait pas eu les statuts, vous seriez bien restée à la vice-présidence. Est-ce un déchirement de quitter ce poste?

J’aurais effectivement poursuivi encore deux ans si les statuts l’avaient permis. Néanmoins, je pense que c’est important d’avoir un tournus. Et ça me permet de reprendre une certaine liberté de parole pour m’exprimer sur mes thèmes de prédilection. Je pense à la loi sur l’égalité. J’ai réussi à convaincre les Femmes PLR de me suivre. Mais ce n’est pas encore un acquis auprès des Alémaniques. C’est un combat que je veux mener. Je veux aussi avoir davantage de temps pour travailler sur mes dossiers de commissions, notamment sur les retraites et les coûts de la santé, ainsi que sur la mise en œuvre de l’initiative sur l’immigration de masse et l’intégration des migrants.

Vous étiez muselée, à la vice-présidence?

Non, l’avantage de ce poste, c’est qu’on peut mettre en avant les thèmes pour en faire des thèmes forts du parti. Si j’ai souvent gagné au comité directeur, j’ai aussi été minorisée. Et là, il faut accepter de se taire et laisser la majorité s’exprimer au nom du parti. C’est le jeu!

Créé: 16.04.2016, 11h03

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