La Suisse va verser 1,3 milliard à l'UE

SuisseLe Conseil fédéral l'a annoncé à l'occasion de la visite du président de la commission européenne Jean-Claude Juncker. Mais les discussions sur l'accord cadre ne sont pas terminées.

L'arrivée de Jean-Claude Juncker à Berne
Vidéo: SSR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La Suisse veut verser 1,3 milliard de francs à l'UE afin d'y réduire les inégalités. Le Conseil fédéral l'a annoncé jeudi à l'occasion de la visite à Berne du président de la commission européenne Jean-Claude Juncker.

L'annonce était très attendue. Le Conseil fédéral l'avait décidé la semaine dernière, mais a fait durer le suspense. Il ne voulait pas dévoiler cet atout suisse avant les discussions avec le magistrat européen. La Berne officielle a toujours insisté sur le fait qu'il s'agit d'une décision autonome de la Suisse. Mais cela est surtout perçu comme un geste de bonne volonté envers Bruxelles à l'heure où il s'agit de débloquer plusieurs dossiers.

Pas un cadeau

Jean-Claude Juncker a précisé qu'il n'avait pas attendu de contrepartie de ce type pour se déplacer en Suisse. «Je ne suis pas venu à Berne pour un recevoir un cadeau». Le Luxembourgeois s'est dit satisfait de la décision du Conseil fédéral. Il a souligné qu'il s'agissait d'une décision souveraine.

Le Conseil fédéral a informé M.Juncker de sa volonté de fixer les jalons d'une nouvelle contribution. L'enveloppe de 1,302 milliard sur dix ans ciblera la formation professionnelle et la migration. Elle sera proposée au Parlement sous forme de deux crédits. L'un, de 200 millions, sera consacré à la migration, a précisé la présidente de la Confédération Doris Leuthard.

Des entretiens ont été menés avec les pays qui seront aidés afin de cerner leurs besoins. Le soutien accru à la formation professionnelle permettra de mettre à profit l'expérience suisse dans ce domaine en vue de stimuler la croissance économique et de lutter contre le chômage des jeunes dans les pays concernés.

Les projets dans le domaine de la migration auront quant à eux pour objectif de contribuer à une meilleure gestion des flux migratoires. Un projet de mise en oeuvre de la contribution suisse va être préparé d'ici mars en vue d'être mis en consultation.

Pas de progrès sur l'accord-cadre

Les discussions entre le Conseil fédéral et Jean-Claude Juncker ont été par ailleurs constructives. Une série de progrès ont pu être faits. Mais les discussions sur l'accord cadre n'aboutiront pas cette année. Les deux parties ont fait le point sur la question.

Bruxelles y tient pour garantir l'accès au marché européen via une reprise plus systématique par la Suisse du droit de l'UE. Mais «deux ou trois divergences subsistent» et l'idée d'un accord pour la fin de l'année est abandonnée, a annoncé Doris Leuthard.

Des progrès ont pu être faits, a-t-elle ajouté, en évoquant davantage de flexibilité dans le règlement des différends. Le mécanisme qui confierait à la Cour européenne de justice de trancher les désaccords sur la reprise suisse du droit européen suscite une grogne croissante des partis politiques de droite.

Traité d'amitié

Le but est désormais de trouver une solution d'ici au printemps prochain, «nous sommes tous les deux confiants», a confirmé Jean-Claude Juncker. Il en a profité pour critiquer au passage le vocabulaire. Le terme d'accord cadre est horrible, il s'agit en fait «d'une sorte d'un traité d'amitié entre la Suisse et l'UE».

Après des années difficiles, la visite arrive dans une dynamique positive qui s'est instaurée depuis avril, s'est réjouie la présidente de la Confédération Doris Leuthard. La relation bilatérale avec l'UE est très intense, plus de 120 accords lient les deux parties. Depuis avril, de nombreux projets ont connu des avancées.

Vote au Parlement sur le milliard de cohésion

Le Parlement a déjà donné l'an dernier son aval à la base légale permettant de verser une aide aux nouveaux membres de l'UE. Les Chambres fédérales devront encore se prononcer sur l'argent à débloquer.

La Suisse avait déjà libéré un milliard de francs pour les dix Etats qui ont rejoint l'Union européenne en 2004. Se sont ensuite ajoutés 257 millions pour la Bulgarie et de la Roumanie, puis 45 millions pour la Croatie. La fin de la mise en oeuvre est respectivement agendée à juin 2017, décembre 2019 et décembre 2024.

Seule l'UDC ne veut rien savoir d'une nouvelle contribution. Les autres partis attendaient de voir ce que l'Union européenne est prête à offrir en contrepartie. (ats/nxp)

Créé: 23.11.2017, 10h18

Articles en relation

Retrouvez le point presse Juncker-Leuthard

Berne Le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker est en visite officielle à Berne. Il tenait une conférence de presse avec Doris Leuthard. Plus...

Grandes attentes pour la venue de Juncker à Berne

Suisse Le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker est en visite ce jeudi en Suisse. Il sera question du milliard de cohésion. Plus...

Doris Leuthard et le jeu du milliard de cohésion

Relations Suisse-UE Rencontre au sommet ce jeudi à Berne entre la présidente de la Confédération et Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. Plus...

Berne aurait approuvé le milliard de cohésion

Suisse-UE Selon la presse dominicale, le Conseil fédéral aurait accepté de verser cette somme à l'UE. Il annoncera sa décision jeudi lors de la visite de Jean-Claude Juncker. Plus...

Nouveau milliard à l'UE: le Conseil fédéral muet

Suisse Le gouvernement veut attendre la visite de Jean-Claude Juncker pour évoquer un éventuel versement d'un milliard de cohésion à l'Union européenne. Plus...

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.