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Jean-Luc Addor comparaît pour ses tweets anti-islam

Le conseiller national UDC valaisan, habitué des polémiques sur les réseaux sociaux, sera jugé mardi prochain à Sion.

Jean-Luc Addor, 53 ans, se retrouve dans le viseur de la justice pour des propos tenus en 2014.
Jean-Luc Addor, 53 ans, se retrouve dans le viseur de la justice pour des propos tenus en 2014.
Keystone

«On en redemande!» Trois ans après sa diffusion, ce commentaire de Jean-Luc Addor amène le conseiller national sur le banc des accusés. Poursuivi pour discrimination raciale, le ténor de l'UDC valaisanne sera jugé mardi 23 mai au Tribunal du district de Sion. Lui-même avocat de profession, il s'est assuré la défense d'une star du barreau, le Genevois Marc Bonnant. Lequel nous disait l'an dernier se réjouir de plaider en Valais, «ce canton viril où le peuple dit encore ce qu'il pense».

Le tweet incriminé:

La petite phrase incriminée faisait suite à une information de 20minutes.ch, relatant une fusillade mortelle survenue dans une mosquée de Saint-Gall le 22 août 2014. Très réactif sur les réseaux sociaux, Jean-Luc Addor partage l'article en question sur Twitter et Facebook, en y ajoutant son point de vue lapidaire. Cette publication déclenche immédiatement un flot de commentaires injurieux - aussi bien à l'égard de la communauté musulmane que du politicien. Quelques minutes plus tard, ce dernier ajoute le message suivant: «Mon ironie a-t-elle été bien comprise?».

«La thèse de l'ironie»

Telle sera probablement la ligne de défense choisie par le conseiller national. Il affirme s'être exprimé au second degré. En écrivant «On en redemande!», il aurait ainsi voulu signifier: «Ça suffit!». Citant Platon dans nos colonnes, l'été dernier , Me Bonnant considérait l'ironie de son client comme une interrogation. «Par ses mots, il demandait: que faut-il encore qu'il advienne pour que nos politiques mettent un terme à cette violence, à cette subversion?» Contacté ce mardi, Jean-Luc Addor n'a pas souhaité s'étendre sur la procédure, réservant ses propos pour l'audience à venir.

Les dénonciateurs, en tout cas, n'ont pas perçu la moindre ironie dans le commentaire initial du parlementaire UDC. Il s'agit du Conseil central islamique de Suisse - soit l'organisation du très controversé Nicolas Blancho - et de l'association De la lumière à l'excellence, qui gère un lieu de culte musulman à Martigny.

Nombreuses piques contre l'islam

C'est le procureur général adjoint du Canton du Valais, Jean-Pierre Greter, qui a mené l'instruction. L'acte d'accusation, dont nous avons obtenu copie, démontre qu'il a épluché les comptes Facebook et Twitter de Jean-Luc Addor. L'intéressé y était suivi, respectivement, par 2560 amis et 451 abonnés en septembre 2014. De nombreux messages du conseiller national ont retenu l'attention du magistrat. Morceaux choisis: «Pour combattre l'islam, une seule ligne de défense: pas la laïcité, l'affirmation de nos convictions chrétiennes »(17 juin 2014). «L'islam est une saloperie soutenue par des salauds traîtres et collabos» (13 août 2014). Et quand il ne rédige pas lui-même ses diatribes, Me Addor partage des liens: «Haïr l'islam est un acte de salubrité mentale» (9 août 2014).

Pour le procureur Greter, pas de doute possible: les actes reprochés au prévenu sont constitutifs de discrimination raciale, infraction passible d'une peine maximale de trois ans de prison. Son réquisitoire, tout comme la plaidoirie de Marc Bonnant, attireront sans doute tous les regards dans une semaine.

Les réponses au tweet de Jean-Luc Addor:

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