Jean-René Fournier présidera les Etats

SuisseLe PDC valaisan a été élu à la tête de la Chambre des cantons quasiment à l'unanimité. Il succède à la radicale saint-galloise Karin Keller-Sutter.

Avec son veston à col droit façon Bavière, Jean-René Fournier, élu lundi à la présidence du Conseil des Etats, est reconnaissable entre mille.
Vidéo: Keystone

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Jean-René Fournier présidera les séances du Conseil des Etats ces douze prochains mois. Le démocrate-chrétien valaisan a été élu lundi à la tête de la Chambre des cantons par 44 voix sur 45. Il succède à la radicale saint-galloise Karin Keller-Sutter.

Le Valaisan qui fêtera ses 61 ans le 18 décembre est au Conseil des Etats depuis 2007. Il est le quatrième représentant du Valais à accéder à cette fonction, 22 ans après Edouard Delalay (PDC). Avant eux, deux autres démocrates-chrétiens ont présidé aux destinées de la Chambre des cantons: Marius Lampert (1972/1973) et Henri de Torrenté (1894/1895).

Six enfants

Père de six enfants, homme politique depuis plus de 30 ans, Jean-René Fournier a aussi présidé le Grand Conseil valaisan et le Conseil d'Etat valaisan. Vice-président de l'usam, il siège dans les comités ou conseils d'administration d'une dizaine d'associations ou sociétés, notamment actives dans les assurances ou l'énergie, et préside le conseil d'administration de la Loterie romande.

Dans son discours, le Sédunois a fait l'éloge du temps, seule denrée non renouvelable de l'existence. «Nous pouvons trouver des solutions équilibrées, pragmatiques et consensuelles aux problèmes à résoudre sans délai, justement en prenant le temps de la réflexion», a-t-il estimé. La Chambre des cantons doit demeurer une Chambre de réflexion, selon lui.

Elle peut trouver des solutions équilibrées, pragmatiques et consensuelles aux problèmes, a-t-il remarqué en prenant pour exemple le compromis du Conseil des Etats sur la réforme fiscale des entreprises et du financement de l?AVS. Mais de grands défis s'annoncent dans des domaines comme la sécurité aérienne, les relations avec l'Union européenne ou la nouvelle péréquation financière. Le consensus sera mis à rude épreuve, selon lui.

Valais en exemple

Jean-René Fournier a également cité le Valais en exemple pour sa révision de la Constitution décidée à la suite d'une initiative populaire cantonale non partisane. Cette initiative restera dans l?histoire comme une démarche citoyenne et une véritable démonstration de démocratie directe, a-t-il noté.

Jean-René Fournier aura présidé toutes les autorités dans lesquelles il a siégé. Sa carrière politique débute en 1985 avec une élection au Grand Conseil valaisan, dont il devient député-suppléant, puis député quatre ans plus tard. Il est élu à la présidence du parlement cantonal en 1995.

L'accession à ce perchoir marque le véritable début de sa carrière politique. «Sans cela, elle n'aurait jamais été ce qu'elle fut», estime-t-il. Mais le Valaisan admet avoir bénéficié de «circonstances favorables». Lors des élections de 1993, il sort premier de sa liste et, en 1995, c'est le tour de son groupe politique, le PDC, d'accéder à la présidence.

Au gouvernement

Deux ans plus tard, il a alors 36 ans, le démocrate-chrétien est candidat au Conseil d'Etat valaisan. A Sion, deux autres personnalités, alors bien plus connues, sont sur les rangs lors de la primaire du parti. Alors que les observateurs ne lui donnent guère de chance, il tient devant les 1200 personnes présentes un discours dont il bannit toute langue de bois.

La sincérité et la transparence des propos font mouche. Contre toute attente, il est désigné dès le premier tour, loin devant ses concurrents pourtant plus capés. «Quelle émotion à l'annonce des résultats, c'est un sentiment inoubliable», dit-il.

Douze ans durant au Conseil d'Etat, qu'il présidera à deux reprises, l'homme tentera de maintenir cette ligne de vérité. Ce qui lui vaudra des critiques, notamment sur sa position vis-à-vis du loup. Mais lui permettra aussi de défendre des positions claires comme dans le dossier de Loèche-les-Bains qui comportait un gros risque financier pour le canton.

Moins visible

Elu au Conseil des Etats en 2007, son action politique se dilue un peu dans la masse. Il n'est plus l'homme en vue d'un gouvernement cantonal, mais un parlementaire fédéral parmi d'autres. Il admet volontiers que l'activité de sénateur est peu spectaculaire. «C'est du travail d'équipe».

Le Valaisan obtient pourtant quelques succès qui lui tiennent à coeur, comme la possibilité pour les cantons d'exiger des garanties financières pour la dépollution des sols. La défense de la péréquation financière et des forces hydrauliques l'ont aussi occupé durant ses trois mandats à Berne.

Une carrière politique ne se construit pas sans déceptions. Jean-René Fournier ne cache pas que les ouis populaires à la Lex Weber et à la loi sur l'aménagement du territoire (LAT) figurent en tête de ses grandes déconvenues politiques.

L'acceptation de la Lex Weber, «personne ne l'a vue venir», dit-il non sans regrets. «On aurait pu gagner cette votation en mettant mieux en avant le principe du fédéralisme». Quant à la LAT, «la défaite est cuisante», admet-il.

Proche des PME

Si l'activité parlementaire est peu spectaculaire, c'est parce qu'elle se construit avant tout en commission, ou en assurant le lien avec la société civile. Sous la Coupole, M. Fournier préside l'importante Délégation des finances de sa Chambre, et siège dans les commissions des finances, de politique extérieure et de la sécurité notamment.

Ex-président de l'Union valaisanne des arts et métiers et vice-président de l'usam, Jean-René Fournier se distingue dans le dernier classement des parlementaires les plus favorables aux PME. Outre l'usam, il siège dans les comités ou conseils d'administration d'une dizaine d'associations ou sociétés, notamment actives dans les assurances ou l'énergie, et préside le conseil d'administration de la Loterie romande.

Sans regrets

A quelques encablures de sa retraite politique, au terme de son année de présidence du Conseil des Etats, Jean-René Fournier ne nourrit pas de regrets sur sa carrière. Pas plus qu'il n'appréhende de quitter une activité qui l'aura occupé 34 ans durant.

L'homme est serein. «La plus grande réussite de ma vie, c'est ma famille. Nous avons six enfants bien dans leur peau et nous sommes quatre fois grands-parents».

La famille, c'est aussi ce que le démocrate-chrétien qualifie de succès le plus important de sa carrière politique. Car il est à l'origine de l'inscription dans la constitution cantonale de l'article pour la promotion et la protection de la famille qui a servi de base légale au développement de la politique familiale valaisanne. (ats/nxp)

Créé: 26.11.2018, 16h46

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