Johann Schneider-Ammann quitte le Conseil fédéral

SuisseLe ministre de l'économie a annoncé sa démission ce mardi à Berne. Johann Schneider-Ammann quittera le gouvernement à la fin de l'année.

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Johann Schneider-Ammann quittera le Conseil fédéral à la fin de l'année. L'annonce a été faite mardi par le président du Conseil national Dominique de Buman. Le ministre de l'économie avait annoncé ce printemps que cette législature serait la dernière pour lui.

«Je vais bien. Je suis éveillé.» C'est avec une pointe d'humour que Johann Schneider-Amman a débuté sa conférence de presse. S'il a reconnu être parfois fatigué, le conseiller fédéral a tenu à souligner que les journalistes l'accompagnant se sont souvent endormis alors qu'il travaillait encore lors des voyages au Mercosur. «Il faut surtout se demander d'où vient la fatigue.» Fatigue intempestive ou santé sur le déclin ne sont donc pas les raisons de son départ.

«Aujourd'hui, presque tout le monde a un travail»

La dégradation des relations avec les paysans et les syndicats, ou encore les critiques contre l'assouplissement des exportations d'armes n'ont rien non plus à voir avec son retraît, assure-t-il. C'est tout simplement le bon moment, affirme le ministre démissionnaire.

«Notre pays est un petit paradis», a écrit le ministre de l'économie dans sa lettre de démission. De l'étranger on n'entend que de la reconnaissance. «Il nous faut être courageux et chercher le renouveau.»

Aujourd'hui, presque tout le monde a un travail. Pour que cela reste comme cela, «je souhaite un maximum d'investissement dans la société». Dans sa lettre, il a également remercié ses collègues du Conseil fédéral pour leur «union dans la différence», ses collaborateurs pour leur loyauté et les Chambres fédérales. Et Johann Schneider-Ammann de conclure sa lettre de démission ainsi: «Servir notre pays a été un honneur extraordinaire.»

Engagement pour le pays

Les deux présidents des Chambres fédérales, Dominique de Buman et Karin Keller-Sutter, ont remercié M. Schneider-Ammann pour son engagement «infatigable» au service du pays.

«Nous avons connu un homme de conviction», a souligné Mme Keller-Sutter. Le chef du Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche (DEFR) souhaite passer plus de temps en famille et «être grand-père».

Plus proche de ses petits-enfants

A l'heure du bilan, le ministre démissionnaire en a profité pour revenir sur ses débuts au gouvernement. Accepter la candidature comme conseiller fédéral n'a pas été simple, a-t-il expliqué. «J'aimais mon activité dans mon entreprise et il a été difficile de la quitter.» Ses enfants lui ont alors dit: «Père, si tu veux te lancer dans la politique, nous pouvons reprendre l'entreprise.»

Johann Schneider-Ammann avait dit à sa famille qu'il ne resterait certainement pas longtemps à ce poste. Après le premier mandat, il n'a cependant pas pu s'empêcher de rempiler. «J'avais tellement de plaisir que je n'ai pas pu refuser un deuxième mandat.» Mais maintenant «je souhaite être un grand-père plus actif».

Sur le plan personnel, Johann Schneider-Ammann a reconnu que son passage au gouvernement l'a changé. «En politique, on devient suspicieux.» La confiance entre les parties peut faire défaut et il faut toujours la réitérer.

Muet sur un potentiel successeur

Interrogé sur son potentiel successeur, Johann-Schneider-Ammann n'a pas voulu donner de nom. «Je ne m'immisce pas dans les candidatures.» Il a toutefois précisé qu'il souhaitait laisser sa place à un esprit libéral et entrepreneurial qui portera les valeurs du PLR.

Son départ survient dans la confusion. Johann Schneider-Ammann voulait l'annoncer vendredi. Mais des rumeurs se sont propagées dès lundi dans la presse. Pour y couper court et éviter à son entourage de mentir pendant une semaine, il a donc décidé de précipiter les choses.

Son parti aurait quant à lui aimé qu'il reste encore quelques mois en fonction. Une élection fédérale en pleine campagne aurait garanti une forte visibilité au PLR. (ats/nxp)

Créé: 25.09.2018, 09h58

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La carrière de Schneider-Ammann en images

La carrière de Schneider-Ammann en images Johann Schneider-Ammann, 66 ans, quittera le Conseil fédéral après un peu plus de huit ans d'exercice. Retour en images sur son parcours.

Une rente d'un peu plus de 200'000 francs

La moitié de son salaire - Dès qu'il aura quitté le Conseil fédéral, Johann Schneider-Ammann aura droit à une rente annuelle d'un peu plus de 200'000 francs, ce qui correspond à la moitié de son salaire actuel.

Réduit - Si l'industriel reprend une activité lucrative, cette somme sera réduite.Les pensions des ex-conseillers fédéraux correspondent à la moitié du salaire brut des magistrats en exercice. Seuls les ministres qui se retirent après au moins quatre ans ou pour des raisons de santé ont droit à la rente complète.

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Une longévité dans la moyenne

8 ans - Johann Schneider-Ammann, 66 ans, quittera le Conseil fédéral après un peu plus de huit ans d'exercice.

Eux aussi - Derniers à partir avant le Bernois, Didier Burkhalter et Eveline Widmer-Schlumpf sont aussi restés ministre durant huit ans. Micheline Calmy-Rey avait siégé un an de plus. Les deux conseillers fédéraux démissionnaires précédents s'étaient distingués. Moritz Leuenberger a siégé quinze ans et Hans-Rudolf Merz uniquement six ans et dix mois.

Le record - Adolf Deucher est mort en fonction en 1912 à l'âge de 81 ans. Quant à Ruth Metzler, elle a été évincée en 2003 quelque mois avant qu'elle ne célèbre ses 40 ans.

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