Johann Schneider-Ammann fait marche arrière sur les ventes d'armes

EconomieLe ministre va proposer ce mercredi au Conseil fédéral de suspendre l’assouplissement prévu. Ce dernier permettrait d'exporter des armes suisses dans des pays en guerre civile.

Image: Patrick Martin

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Quelle surprise! Johann Schneider-Ammann nous annonce qu’il proposera ce mercredi au Conseil fédéral de suspendre l’assouplissement de l’ordonnance sur le matériel de guerre. La polémique est vive depuis des mois: un tel assouplissement permettrait l’exportation d’armes suisses dans des pays en guerre interne, à condition que celles-ci ne soient pas utilisées dans un conflit.

«Si nous avions le projet de libéraliser un tout petit peu l’ordonnance sur le matériel de guerre, sous l’impulsion du Conseil des États, je demanderais au Conseil fédéral de suspendre cet assouplissement, nous indique le ministre. Je vais proposer à mes collègues d’attendre avant d’agir. Il faut en effet étudier les conditions actuelles sur les marchés et analyser les avantages et les conséquences d’un tel assouplissement.» Ce dernier devait notamment répondre à une demande de l’industrie d’armement suisse qui s’estimait péjorée par rapport à ses concurrents internationaux. Mais la situation internationale a évolué. Et la pression du Conseil national et de la société civile, qui a rédigé une initiative populaire pour contrecarrer ces plans, a aussi eu un effet. «La pression de l’extérieur a joué un rôle. Mais nous ne sommes pas des robots, vous savez. Nous avons beaucoup discuté et pesé les pour et les contre et nous sommes parvenus nous-mêmes à la conclusion qu’il n’était ni très réaliste ni très intelligent de continuer le processus de libéralisation dans un tel moment», explique Johann Schneider-Ammann.

La mort brutale du journaliste Jamal Khashoggi a elle aussi pesé sur le contexte. Le PLR rappelle que depuis 2009, la Suisse n’autorise plus de livraison d’armes vers l’Arabie saoudite, impliquée dans le conflit au Yémen. Mais il souligne aussi l’importance d’honorer les accords: «L’Arabie saoudite recevra au maximum ce qui a été négocié et signé en matière de pièces de rechange et de munitions.»

Créé: 31.10.2018, 06h47

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