«La justice doit agir face à des photos d'enfants nus»

PédophilieLe PBD demande de punir tous ceux qui possèdent ou réalisent des images d'enfants dénudés, même si ce n'est pas de la pornographie. Son président, Martin Landolt, s'explique.

Martin Landolt, président du Parti bourgeois-démocratique.

Martin Landolt, président du Parti bourgeois-démocratique. Image: Keystone

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Il faut interdire la réalisation, l'achat, la distribution et l'échange d'images d'enfants nus. La justice doit ouvrir des enquêtes systématiques face à des photos ou des films de ce genre, même si le matériel n'est pas pornographique. C'est ce que demande le Parti bourgeois-démocratique (PBD), dans une initiative parlementaire déposée aujourd'hui.

Le petit parti d'Eveline Widmer-Schlumpf avait déjà fait une interpellation à ce propos en 2014. La police canadienne avait saisi des milliers de films en ligne mettant en scène des jeunes garçons (lire ci-contre). Dans certains cantons, la justice avait ouvert des enquêtes, mais pas dans d'autres.

Les explication du président du PBD, le Glaronnais Martin Landolt.

Pourquoi revenez-vous à la charge avec une initiative parlementaire? Est-ce un coup électoraliste?

Non, nous avons interpellé le Conseil fédéral il y a quelques mois sur des films qui mettaient en scène des garçons nus. Nous avions constaté que les cantons avaient traité ce problème avec des attitudes très diverses: certains avaient ouvert des enquêtes, d'autres pas. Ce n'est pas normal. La réponse du Conseil fédéral ne nous satisfait pas du tout: il n'a pas l'intention de lever le petit doigt. Il y a déjà une motion de Natalie Rickli (UDC/ZH) qui veut punir l'achat de tels films. Notre initiative parlementaire va plus loin: nous voulons aussi punir la réalisation et la possession de telles images.

N'est-ce pas aller trop loin? Comment faire par exemple le tri entre des images pédopornographiques et des images prises dans un cadre familial?

C'est vrai que si l'aspect commercial disparaît la question se pose. Mais nous précisons dans notre texte qu'il ne s'agit en aucun cas de punir des images familiales, par exemple des photos ou des films réalisés avec ses propres enfants sur une plage. Mais si quelqu'un possède des dizaines d'images de ce genre avec des enfants qui ne lui sont pas proches, il faut investiguer.

N'est-ce pas faire peser un soupçon exagéré sur beaucoup de personnes?

Non, mais si on trouve de telles images, même si elles ne sont pas répréhensibles, il faut ouvrir des enquêtes systématiques contre leurs propriétaires. Ne rien faire est inacceptable. Dans le cas de l'enquête canadienne, plusieurs justices cantonales se sont privées de la possibilité de découvrir, peut-être, de vrais pédocriminels parmi les propriétaires de ces films. La justice ne doit pas se priver de découvrir éventuellement du matériel illicite.

- Christine Bussat, la fondatrice de Marche Blanche, a rejoint votre parti l'année passée. Vous avez repris son combat?

- Non, notre parti était déjà actif sur ce problème avant que Christine Bussat rejoigne nos rangs. Notre conseiller national Bernhard Guhl avait déjà fait des interventions sur ce thème. C'est plutôt Christine Bussat qui a constaté que nous partagions ses convictions.

Créé: 20.03.2015, 14h59

Chaque canton décide

Des films de l'entreprise Azov sur internet, avec des acteurs nus de 10 à 16 ans, ont conduit à l'arrestation de quelque 350 personnes dans le monde l'an dernier, après une enquête de la police canadienne. 150 de leurs acquéreurs seraient suisses.

Douze cantons ont ouvert des procédures, mais d'autres non, jugeant qu'une procédure pénale n'était pas indiquée puisque le contenu des films n'est pas répréhensible. le PBD s'en est ému et a interpellé le Conseil fédéral en décembre dernier.

«Les photos d'enfants nus prises spontanément, sans que ceux-ci aient été influencés ne sont pas pornographiques. De telles photos ne constituent pas une infraction selon le droit suisse», rappelle le Conseil fédéral, dans sa réponse du 18 février dernier.

Et de signaler que les enquêtes pour pornographie sont du ressort des cantons. «C'est aux autorités cantonales de poursuite pénale qu'ils revient de démasquer les activités illicites et de les poursuivre pénalement», précise le Conseil fédéral, précisant que« cette compétence est réglée en Suisse de manière fédéraliste».

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