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Karin Keller-Sutter et Viola Amherd sont jugées les plus compétentes du collège

Malgré leur style opposé, les deux nouvelles ministres caracolent en tête de l’enquête de satisfaction réalisée par Tamedia.

Karin Keller-Sutter et Viola Amherd sont en fonction depuis le 1er janvier.
Karin Keller-Sutter et Viola Amherd sont en fonction depuis le 1er janvier.
Keystone

On se souvient de leur éclat de rire au moment de leur double élection en décembre dernier; six mois plus tard, Karin Keller-Sutter et Viola Amherd peuvent garder le sourire. Selon le sondage Tamedia (éditeur de ce journal), elles sont les deux ministres jugées les plus compétentes du Conseil fédéral par la population. Elles reçoivent respectivement les notes de 4,56 et 4,53 sur 6. «Leur score s’est même amélioré depuis la dernière enquête», précisent Lucas Leemann et Fabio Wasserfallen, les politologues qui ont analysé les résultats. Les indécis se sont en effet rangés du côté des satisfaits.

Sans surprise, la PLR Karin Keller-Sutter réalise ses meilleurs scores au sein de l’électorat de son parti, mais aussi au PDC. L’UDC qui la note bien également, ne semble pas trop lui tenir rigueur de son engagement en faveur de la loi sur les armes. Enfin, les gages donnés à la gauche – elle a récemment pris des mesures en faveur des travailleurs âgés et se trouve du côté des syndicats dans l’épineux dossier de l’accord-cadre – permettent sans doute d’expliquer les bons résultats engrangés au sein de la base socialiste. Les Verts, eux, sont les plus critiques.

Attention aux amalgames

Alors que la Saint-Galloise est très présente médiatiquement et qu’elle a déjà imposé sa patte au sein du gouvernement, elle est talonnée par la plus discrète Viola Amherd. La PDC valaisanne qui a repris les rênes de la Défense – devenant la première femme à occuper cette fonction – fait un carton dans son parti et au sein de l’électorat PLR. Elle enregistre de bons scores à l’UDC, mais aussi au PS et chez Les Verts, pourtant plus hermétique au dossier militaire, et notamment au renouvellement de la défense aérienne que défend désormais la ministre.

Comment expliquer que Karin Keller-Sutter et Viola Amherd soient jugées les plus performantes? «Dans ce genre d’enquête, on ne sait jamais vraiment ce qu’on mesure, commence par expliquer Pascal Sciarini, politologue à l’Université de Genève. Les gens interrogés se prononcent souvent sur l’image, car ils font un amalgame entre popularité et performance. Comme on a beaucoup parlé de Viola Amherd et de Karin Keller-Sutter, elles ont eu une visibilité importante. Cela a pu jouer en leur faveur.»

Il ajoute toutefois qu’elles ont toutes deux bien réussi leurs débuts. «On s’y attendait pour Karin Keller-Sutter, qu’on connaissait déjà comme conseillère d’État et sénatrice; peut-être moins pour Viola Amherd. Le fait de bien s’en sortir dans un bastion masculin comme l’armée lui a sans doute donné un plus.»

«Le fait que Viola Amherd s’en sorte bien dans un bastion masculin comme l’armée lui a sans doute donné un plus»

Leurs engagements respectifs dans les dossiers peuvent-ils aussi expliquer ce bon score? «Il faut être prudent, répond Georg Lutz, politologue à l’Université de Lausanne. Les personnes interrogées n’ont pas vraiment la connaissance fine des dossiers défendus par les conseillers fédéraux.»

Pour lui, cet a priori positif des Suisses est surtout lié au fait qu’en tant que nouvelles, elles n’ont pas encore eu l’occasion de faire des erreurs, ou de se trouver dans des polémiques. «Le fait que ce soit des élus centristes explique aussi ces bons résultats. Quand vous êtes au PDC, mais aussi au PLR, vous êtes une personnalité acceptable par tout le monde.»

Les deux politologues se rejoignent sur un autre point. Au-delà de l’attrait de la nouveauté, Karin Keller-Sutter et Viola Amherd ont pu compter sur l’effet femme. «Après des mois où cette question a occupé le devant de la scène médiatique et à quelques jours de la grève des femmes, ce facteur a sans doute joué un rôle, détaille Pascal Sciarini. Il y a enfin une bienveillance à cet égard, alors qu’être une femme a souvent été considéré comme un handicap en politique.»

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Guy Parmelin en queue de peloton

Guy Parmelin est le cancre du collège. Avec une note de 3,5 sur 6, il termine dernier de ce classement sur les compétences des conseillers fédéraux, plombé par les très mauvais scores qu’il obtient parmi les électeurs de gauche et par les résultats mitigés de ceux du centre droit. Le jugement est plus positif au sein de la base UDC, mais même auprès de son propre parti, il ne rivalise pas avec Ueli Maurer, bien mieux noté.

À peine mieux loti que le Vaudois, le PLR Ignazio Cassis obtient une note de 3,64. Le Tessinois est précédé par la socialiste Simonetta Sommaruga (3,82). «Il est plus difficile pour les représentants des partis des pôles – UDC et PS – d’obtenir de bons résultats, analyse Georg Lutz, politologue à l’Université de Lausanne. C’est presque dans leur ADN d’avoir des positions plus marquées à gauche ou à droite, et donc qui séduisent moins largement. En ce sens, la place de Guy Parmelin, mais aussi celle de Simonetta Sommaruga, en queue de peloton ne me surprennent pas.»

Le Vaudois paie aussi son arrivée très controversée au sein du Département de l’économie, et les critiques qui en ont suivi notamment sur ses compétences linguistiques. Et pour Ignazio Cassis? «Bien qu’il soit issu du PLR, il reste perçu comme une personnalité clivante, répond Georg Lutz. Il n’arrive pas à se défaire des polémiques qui ont entaché sa course au Conseil fédéral et son entrée en fonction.»

Successivement épinglé dans les médias pour être l'ami des caisses maladie, avoir adhéré à Pro Tell et l’affaire de son passeport italien, Ignazio Cassis doit désormais faire face à l’inextricable dossier européen avec l’accord-cadre. «Ce qui me surprend davantage, c’est la bonne place d’Ueli Maurer (ndlr: 4e avec une note de 3,9), conclut le politologue. Il maîtrise ses dossiers et a pris ses distances avec son parti, mais il semble surtout doté d’un grand capital sympathie.» D’autant plus que le sondage a été fait après la prestation ratée du ministre des Finances sur CNN, qui a suivi sa rencontre avec Donald Trump.

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